- La luminothérapie fait partie des traitements de première intention de la dépression saisonnière hivernale. Les études montrent un bénéfice, mais la réponse varie selon les personnes.
- La lumière agit notamment sur l’horloge biologique et la mélatonine. Les mécanismes reliant lumière, sommeil et humeur ne sont toutefois pas entièrement élucidés.
- Protocole courant avec une lampe : 10 000 lux pendant environ 30 minutes chaque matin, à la distance indiquée par le fabricant.
- Une amélioration peut apparaître en quelques jours, mais plusieurs semaines sont parfois nécessaires. Le traitement se poursuit généralement pendant la saison concernée.
- Un démarrage anticipé peut se discuter en cas d’antécédents, mais son efficacité préventive reste moins solidement établie que son effet sur un épisode installé.
- Je me suis traité deux hivers de suite avec la Luminette 3. Voici ce que j’ai vraiment observé sur mon énergie et mes entraînements trail/running.
- Contre-indications à connaître : trouble bipolaire, pathologies oculaires, médicaments photosensibilisants.
Novembre, 6h40. Je suis dans le couloir, sac de trail sur le dos, frontale sur le front. Il fait nuit noire. Encore. Ça fait trois semaines que je m’entraîne dans le noir avant le boulot et que je rentre dans le noir après.
Mes séances au seuil, celles que j’adore en été, devenaient des séances de survie : la fréquence cardiaque qui s'emballe pour la même allure, les jambes qui ne récupèrent plus, et surtout cette petite voix qui me soufflait « tu peux sauter celle-là, ça ne change rien ».
Je ne me sentais pas dépressif. Juste éteint. Et c’est exactement le piège de la dépression saisonnière : elle s’installe lentement, elle ressemble à de la fatigue, et on la confond avec la fin de saison.
Cet article, c’est ce que j’ai fini par comprendre en lisant les méta-analyses sur la luminothérapie dépression saisonnière, en croisant les recommandations françaises, et en testant la Luminette 3 pendant deux hivers complets. Objectif : que tu puisses trancher toi-même entre traitement réel et gadget de bien-être.
- Dépression saisonnière : définition et symptômes
- Luminothérapie et dépression saisonnière : mécanismes et efficacité
- Comment utiliser la luminothérapie contre la dépression saisonnière ?
- Lampe ou lunettes de luminothérapie pour traiter la dépression saisonnière ?
- Luminothérapie : contre-indications, effets secondaires et avis médical
- Questions fréquentes sur la luminothérapie et la dépression saisonnière
- Sources scientifiques et références médicales
Dépression saisonnière : définition et symptômes
La dépression saisonnière, ou trouble affectif saisonnier (TAS), est une forme de dépression qui revient chaque année à la même période, le plus souvent à l’automne, et qui se dissipe au printemps.
La diminution de la lumière naturelle peut contribuer à dérégler les rythmes biologiques chez certaines personnes sensibles.
Mais la dépression saisonnière ne se résume pas à un manque d’UV ou de vitamine D : plusieurs mécanismes sont impliqués, et la luminothérapie utilise une lumière visible filtrant les UV.
Les chiffres donnent le cadre :
- 1 à 3 % de la population générale est concernée selon les études, avec des variations importantes selon le pays.
- Environ 75 % des personnes touchées sont des femmes, même si les raisons de cet écart ne sont pas totalement élucidées.
- La prévalence augmente avec la latitude : plus tu vis au nord, plus ton hiver est sombre, plus le risque grimpe. C’est pour ça que les pays scandinaves ont été les pionniers de la recherche sur la luminothérapie.
Les symptômes ne ressemblent pas tout à fait à ceux d’une dépression classique. Ici, on ne parle pas d’insomnie mais plutôt d’hypersomnie : tu dors beaucoup, tu as du mal à émerger, et une sieste de 20 minutes devient vitale.
Tu ajoutes à ça une envie de glucides marquée (le fameux pic de sucre en fin d’après-midi), une baisse de motivation globale, une difficulté à te concentrer, et une tendance au repli social : tu annules les sorties, tu déclines les invitations, tu t’isoles sans vraiment le décider.

Fatigue hivernale : les changements que j’ai observés à l’entraînement
En tant que sportif, je me suis aperçu que mes entraînements étaient le meilleur indicateur, bien avant l’humeur. Concrètement, ce que je regarde :
- Les séances au seuil qui explosent : même allure, même terrain, mais 8 à 10 pulsations de plus qu’à l’automne. Ce n’est pas toujours la fatigue accumulée, parfois c’est l’horloge qui décroche.
- La récupération qui s’allonge : deux jours pour digérer une sortie longue qui me coûtait 24 heures en été.
- L’envie de sortir qui disparaît : je me surprends à regarder la météo cinq fois en espérant une excuse.
- Le sommeil qui se décale : je m’endors à minuit alors que je me lève à 6h, et je me réveille encore fatigué.
- Le sucré du soir : c’est mon signal le plus fiable, et il tombe chaque année à la même période.
Si tu coches trois de ces cases entre novembre et janvier, ce n’est probablement pas un manque de mental. C’est de la lumière qui manque.
Si ton moral flanche quand les jours raccourcissent, ce n’est pas dans ta tête, c’est une simple question de chimie biologique.
Luminothérapie et dépression saisonnière : mécanismes et efficacité
Comment la lumière agit sur l’horloge biologique et l’humeur
La mélatonine participe à la régulation du sommeil : sa sécrétion augmente normalement le soir et diminue le matin. En hiver, la modification de l’exposition lumineuse peut perturber cette organisation chez certaines personnes.
Une des explications étudiées est un décalage entre l’horloge biologique et les horaires de sommeil. Beaucoup de patients présentent un retard de phase, mais ce profil n’est pas systématique. Les mécanismes impliquant la sérotonine et l’humeur restent également étudiés.
La lumière est captée par la rétine, notamment par des cellules contenant de la mélanopsine. Celles-ci transmettent un signal aux noyaux suprachiasmatiques, qui participent à la synchronisation de notre horloge centrale.
Une exposition bien placée peut modifier le rythme de la mélatonine et aider à réaligner les rythmes biologiques. Le matin est généralement privilégié dans la dépression saisonnière hivernale. L’effet dépend toutefois de l’horaire, de la lumière reçue et du profil de la personne : ce n’est pas un simple interrupteur identique pour tout le monde.
L’ensemble est très bien décrit par le CNRS dans son dossier sur la lumière et le sommeil.
L’écart de luminosité entre l’été et l’hiver explique l’ampleur du problème. En été, une journée ensoleillée délivre 50 000 à 100 000 lux. En hiver, dehors sous un ciel gris, tu tombes à 1 000-5 000 lux, et à l’intérieur d’un logement ou d’un bureau tu plafonnes fréquemment sous les 2 000 lux, souvent entre 300 et 500.
Autrement dit : passer ses journées dans un intérieur peu lumineux réduit fortement l’exposition à la lumière. Mais ces valeurs ne permettent pas de calculer précisément le signal reçu par ton cerveau : la durée, l’horaire et le spectre lumineux comptent aussi.
Une lumière d’ambiance ne remplace donc pas automatiquement un appareil destiné à la luminothérapie. Pour une lampe, 10 000 lux constitue un repère courant, associé à une durée et une distance précises.
Pour explorer les autres usages, tu peux aussi consulter notre article sur les bienfaits de la luminothérapie, en distinguant les effets étudiés des bénéfices simplement supposés.

Quelle efficacité de la luminothérapie selon les études ?
Bon, les témoignages, c’est bien. Les données, c’est mieux. Et sur ce terrain, la luminothérapie est beaucoup plus solide que ce que les articles grand public laissent entendre.
La méta-analyse de Pjrek et ses collègues, publiée en 2020 dans Psychotherapy and Psychosomatics, retrouve un bénéfice de la luminothérapie sur la dépression saisonnière.
Pour la réponse au traitement, elle rassemble 16 études et 559 patients : le risque relatif atteint 1,42 par rapport au placebo, avec un intervalle de confiance à 95 % de 1,08 à 1,85.
Sur les scores dépressifs, la différence moyenne standardisée est de −0,37, d’après 18 études et 610 patients.
Traduction concrète : la probabilité d’obtenir une réponse est supérieure sous luminothérapie. Cela ne signifie ni 42 points de pourcentage supplémentaires ni un taux de réussite universel.
Les auteurs signalent aussi des limites méthodologiques et des différences entre les études.
La méta-analyse de Menegaz de Almeida et ses collègues, publiée en ligne en 2024 puis dans JAMA Psychiatry en 2025, concerne les dépressions non saisonnières.
Elle rassemble 11 essais et 858 patients : les taux de rémission sont de 40,7 % avec luminothérapie contre 23,5 % dans les groupes témoins ; les taux de réponse, de 60,4 % contre 38,6 %.
Ces résultats soutiennent son intérêt comme traitement complémentaire et suggèrent une amélioration plus précoce dans certains cas. Ils ne permettent toutefois pas de transposer ces pourcentages à la dépression saisonnière, ni d’affirmer à eux seuls que les recommandations internationales ont changé.
C’est cette analyse qui a fait bouger les lignes dans les recommandations internationales, résumées notamment par l’American Academy of Family Physicians.
L’essai de Lam et ses collègues, publié en 2016 dans JAMA Psychiatry, porte sur 122 patients présentant une dépression majeure non saisonnière. Pendant huit semaines, quatre groupes ont reçu une luminothérapie, de la fluoxétine, leur association ou un placebo.
Les taux de réponse étaient de 50 % avec la lumière seule, 29 % avec la fluoxétine, 75,9 % avec l’association et 33,3 % avec le placebo. Les chiffres de 43,8 % et 58,6 % correspondent aux taux de rémission sous lumière seule et sous traitement combiné.
Attention à l’interprétation : cet essai ne démontre pas une équivalence entre luminothérapie et antidépresseur. Il concerne une dépression non saisonnière, et ses résultats ne doivent pas être présentés comme ceux d’un essai sur le blues hivernal.
Deux notions doivent rester distinctes : la réponse correspond à une diminution importante des symptômes ; la rémission désigne un niveau de symptômes devenu très faible selon un seuil défini.
Les pourcentages varient avec ces critères, les patients et les protocoles. On ne peut donc pas expliquer un taux élevé en additionnant arbitrairement plusieurs catégories.
Côté délai, certaines personnes ressentent une amélioration en quelques jours, d’autres après plusieurs semaines. Un effet complet en une à deux semaines n’est pas garanti.
L’évolution doit être évaluée dans la durée, sans conclure trop vite à un échec ou à une guérison.
Comment utiliser la luminothérapie contre la dépression saisonnière ?
Séance de luminothérapie : quelle intensité, quelle durée et à quelle heure ?
L’efficacité dépend aussi des conditions d’utilisation. Une lampe adaptée, placée trop loin ou utilisée irrégulièrement, ne reproduit pas le protocole prévu. Voici les repères courants pour une lampe à lumière blanche, à ajuster avec un professionnel selon ta situation.
| Paramètre | Repère courant | Point à retenir |
|---|---|---|
| Intensité | 10 000 lux à la distance indiquée | La lumière réellement reçue dépend du placement |
| Durée | Environ 30 minutes par séance | À adapter à l’appareil, à la tolérance et à la réponse |
| Horaire | Généralement le matin, après le réveil | L’horaire peut être individualisé |
| Fréquence | Utilisation quotidienne | C’est le rythme habituellement proposé |
| Exposition tardive | À discuter avant de déplacer la séance | Il n’existe pas de limite universelle fixée à 15 h |
| Distance | Celle précisée par le fabricant | Une distance unique ne convient pas à toutes les lampes |
| Position | Yeux ouverts, sans fixer la source | Respecte aussi l’angle d’exposition recommandé |
Première erreur : ignorer les signes d’inconfort. Si des maux de tête, une gêne oculaire ou une agitation apparaissent, demande conseil pour adapter l’exposition. Une augmentation progressive peut être utile, mais commencer systématiquement par une semaine à 15 minutes n’est pas une règle universelle.
Deuxième erreur : déplacer seul la séance en soirée pour gagner du temps. La lumière tardive peut décaler l’horloge et gêner l’endormissement. Un autre horaire peut parfois être pertinent, mais il doit correspondre à ton profil.
Pour approfondir ce point, consulte notre article sur la luminothérapie et le sommeil : l’horaire compte, tout comme l’appareil, la durée et la régularité.

Luminothérapie : au bout de combien de temps peut-on ressentir les effets ?
| Délai | Ce que tu peux raisonnablement attendre |
|---|---|
| Premiers jours | Une amélioration est possible, mais son absence ne signifie pas que le traitement échoue |
| Une à deux semaines | Une évolution de l’humeur ou de l’énergie peut devenir perceptible, sans rémission garantie |
| Trois à quatre semaines | Un repère pour faire le point sur le bénéfice et les ajustements nécessaires |
| Pendant la saison concernée | Le traitement est généralement poursuivi pour maintenir l’amélioration |
Le mot important, c’est régularité. L’utilisation quotidienne constitue le repère habituel.
En revanche, aucun calendrier ne permet de te promettre une baisse des envies de sucre ou une meilleure tolérance à l’effort à un jour précis. Si ton état se dégrade, consulte sans attendre ce bilan.
Et si tu veux les détails du protocole d’entretien selon ton profil et ta saison, j’ai détaillé quand utiliser la Luminette en tant que sportif, notamment pour les jours de double séance.
Quand commencer la luminothérapie et jusqu’à quand la poursuivre ?
Si tes difficultés reviennent chaque hiver, mieux vaut préparer la saison avec ton médecin plutôt qu’attendre qu’elles deviennent envahissantes.
Un démarrage avant la période habituelle des symptômes peut se discuter. Mais il faut distinguer cette stratégie de l’efficacité démontrée pour traiter un épisode déjà présent.
La revue Cochrane de 2019 sur la prévention ne retrouvait qu’un petit essai, avec des données trop incertaines pour conclure.
Il serait donc excessif d’affirmer que commencer en octobre évite la dépression saisonnière. Le choix dépend notamment de tes antécédents et des bénéfices observés lors des saisons précédentes.
Lorsque le traitement fonctionne, il est généralement poursuivi pendant la période à risque. Passer automatiquement à deux ou trois séances par semaine n’est pas un protocole d’entretien valable pour tous.
La réduction ou l’arrêt se discutent selon l’évolution des symptômes et la saison. Une amélioration ne signifie pas forcément que tu peux arrêter immédiatement ; inversement, une date fixe ne convient pas à tout le monde.
Mon expérience avec la Luminette 3 : deux hivers de pratique sportive
Je vais te raconter ça sans filtre, parce que c’est exactement ce qui manque dans les articles médicaux.
Novembre, année 1. Je suis en pleine préparation hivernale, 8 à 10 heures d’entraînement par semaine entre trail et running. Je note dans mon carnet une chose bizarre : mes séances de côtes, que je boucle d’habitude à 165 de moyenne, montent à 174 pour la même allure.
Ma sortie longue du dimanche me laisse deux jours de jambes lourdes au lieu d’un. Et le mercredi soir, j’annule systématiquement la séance de groupe. Je me dis que je suis juste fatigué par le boulot.
Décembre. Le signal qui me met la puce à l’oreille : je m’endors à minuit et je me réveille à 6h sans jamais avoir l’impression d’avoir dormi.
Et je mange du sucré après le dîner, ce que je ne fais jamais le reste de l’année. Là, je fais le lien avec la saison. Je ne consulte pas parce que je ne me sens pas en dépression, mais je décide de tester quelque chose de structuré.
Le choix de la Luminette 3. J’avais besoin d’un format compatible avec des matins serrés : départ à 6h45 pour la sortie, boulot à 8h30. Une lampe fixe qui m’oblige à rester assis 30 minutes face à elle, c’était la garantie de sauter une séance sur deux.
Les lunettes se portent pendant que je prépare mon petit-déjeuner, que je remplis ma gourde et que je prépare le sac. J’ai écrit mon test complet de la Luminette 3 pour les détails matériels, et j’ai adapté le timing avec le protocole d’utilisation complet.
La Luminette 3 est la version la plus avancée de la gamme. Plus légère, plus ergonomique et plus performante, elle t’accompagne dans ta lutte contre le blues hivernal, les troubles du sommeil ou le manque d’énergie. Grâce à sa lumière enrichie en bleu et à ses réglages d’intensité, tu profites d’une luminothérapie personnalisée et efficace.
Pensée pour s’intégrer dans ton quotidien, elle se porte facilement pendant ton petit-déjeuner, devant ton ordi ou même en marchant. Son autonomie renforcée et son confort supérieur en font le modèle idéal si tu cherches un appareil fiable et agréable pour une utilisation régulière.
💡 Astuce bonus : commence toujours avec l’intensité moyenne (1000 lux) pendant tes premières séances, puis ajuste selon ton ressenti. C’est la meilleure façon de t’habituer sans inconfort visuel.
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Mon protocole réel : 25 minutes chaque matin, entre 6h45 et 7h30, à intensité maximale, en déplaçant la séance à 6h30 les jours de sortie longue à départ très matinal. Jamais après 15h, jamais l’après-midi.
La timeline de ce que j’ai observé :
- Jours 1 à 3 : rien de spectaculaire. Une sensation d’être un peu plus « allumé » le matin, difficile à distinguer du placebo. J’ai failli arrêter, honnêtement.
- Jour 4 : premier vrai signal. Je me réveille à 6h avant le réveil, sans cette sensation de plomb dans les jambes.
- Jours 5 à 10 : l’endormissement passe de 45 minutes à 15-20 minutes. Je m’endors vers 22h30 au lieu de minuit. C’est le changement le plus net des deux hivers.
- Semaines 2 à 3 : l’envie de sucre du soir disparaît presque complètement. Et surtout, mes séances au seuil cessent d’être des punitions : retour à mes allures de référence, fréquence cardiaque cohérente.
- Semaines 3 à 4 : ce que j’appelle l’effet le plus important pour un sportif – la régularité. Même heure de coucher, même heure de lever, récupération plus courte entre les séances. Mes jambes sont moins lourdes le lundi après la sortie longue du dimanche.
Ce que je n’ai pas observé : aucun effet direct sur la performance pure. Pas de gain de VO2max, pas d’allure magique. La luminothérapie ne te fait pas courir plus vite : elle crée les conditions (sommeil, humeur, énergie) qui te permettent de t’entraîner et de récupérer correctement.
C’est un outil de régulation, pas un booster. Le lien avec le sommeil et la récupération est d’ailleurs la clé pour comprendre l’effet sportif : ce n’est pas la lumière qui répare tes fibres musculaires, c’est le sommeil profond qu’elle te permet de retrouver.
Année 2 : j’ai démarré le 5 octobre, sans attendre le premier signe. Résultat : je n’ai pas eu d’épisode marqué.
C’est une observation personnelle encourageante, mais elle ne prouve pas que ce démarrage anticipé a empêché un épisode : d’autres différences entre les deux hivers ont pu intervenir.

Lampe ou lunettes de luminothérapie pour traiter la dépression saisonnière ?
Question pratique, et la réponse dépend surtout de ton mode de vie. Sur l’efficacité, les deux formats fonctionnent : c’est la régularité qui fait la différence.
|
Critère |
Lampe fixe (Philips, Beurer…) |
Lunettes (Luminette 3) |
|---|---|---|
|
Intensité |
10 000 lux à 30-50 cm |
~1 500 lux en incidence sur la rétine |
|
Mobilité |
Nulle : tu restes assis face à la lampe |
Totale : tu te déplaces, tu prépares ton petit-déj |
|
Distance imposée |
Oui, et elle doit être respectée |
Non, portées sur le nez |
|
Compatible matin sportif |
Difficile |
Idéale |
|
Prix d’entrée |
50 à 150 € |
180 à 250 € |
|
Base clinique |
Très large (quasi tous les essais) |
Plus récente, mais études disponibles |
La lampe fixe a un avantage : c’est le format utilisé dans la quasi-totalité des essais cliniques, donc le mieux documenté.
Sa limite, c’est la contrainte : 30 minutes immobile, à la bonne distance, dans le bon angle. En pratique, sur un mois d’hiver, cette contrainte se transforme souvent en séances sautées.
Les lunettes ont l’avantage inverse : elles s’insèrent dans ta routine au lieu de te demander de la modifier. C’est décisif pour un sportif dont les matins sont déjà chargés – la meilleure séance de luminothérapie, c’est celle que tu fais vraiment.
Si tu pars sur ce format, prends le temps de vérifier les critères pour bien choisir : certification, longueur d’onde, protection UV, autonomie. Un appareil non certifié à 40 € sur une marketplace n’a rien à voir avec un dispositif testé.

Luminothérapie : contre-indications, effets secondaires et avis médical
La luminothérapie est généralement bien tolérée, mais elle peut provoquer des maux de tête, une gêne oculaire ou une agitation. Ces effets peuvent nécessiter un ajustement : leur disparition en trois à cinq jours n’est pas garantie.
Les risques et contre-indications sont documentés et méritent d’être connus avant d’acheter :
- Trouble bipolaire : c’est la contre-indication la plus sérieuse. La luminothérapie peut déclencher un virage hypomaniaque ou maniaque, surtout en l’absence de thymorégulateur. À utiliser uniquement sous suivi psychiatrique, jamais en phase maniaque.
- Pathologies oculaires : DMLA, glaucome, rétinopathie, cataracte. Un avis ophtalmologique est indispensable avant de commencer.
- Médicaments photosensibilisants : tétracyclines (dont la doxycycline), lithium, certains antipsychotiques, quinolones, AINS type kétoprofène. Demande à ton médecin ou pharmacien.
- Épilepsie photosensible : la lumière utilisée est continue et non stroboscopique, mais l’avis neurologique est recommandé.
Et surtout : consulte si les symptômes sont sévères ou persistent. La luminothérapie est un traitement de première intention pour la forme légère à modérée, mais elle ne remplace pas une prise en charge médicale quand la dépression devient invalidante.
Si tu as des idées noires ou suicidaires, appelle le 3114 (numéro national français, gratuit, 24h/24) ou va voir un médecin sans attendre. Aucune lampe ne remplace ça.

Questions fréquentes sur la luminothérapie et la dépression saisonnière
La luminothérapie remplace-t-elle les antidépresseurs ?
Pas automatiquement. La luminothérapie fait partie des options de première intention de la dépression saisonnière hivernale. Selon ta situation, elle peut être proposée seule ou intégrée à une prise en charge comprenant une psychothérapie ou un médicament.
Attention : les chiffres de l’essai de Lam de 2016 concernent une dépression non saisonnière et ne prouvent pas que ces traitements sont interchangeables.
Le choix dépend notamment de la sévérité, de tes antécédents et de la réponse obtenue. Ne modifie jamais un traitement prescrit sans en parler à ton médecin.
Peut-on faire de la luminothérapie en prévention avant l’hiver ?
Un démarrage anticipé peut se discuter avec ton médecin si tu as déjà connu des épisodes saisonniers. Mais il ne faut pas le présenter comme une protection garantie.
La revue Cochrane de 2019 concluait que les données disponibles étaient insuffisantes pour établir l’efficacité préventive de la luminothérapie.
Cela ne démontre pas qu’elle est inutile en prévention : cela signifie que le bénéfice reste incertain. Le calendrier doit donc tenir compte de ton histoire et des résultats des années précédentes.
La dépression saisonnière touche-t-elle aussi les sportifs ?
Oui. Faire du sport protège partiellement (l’activité physique a un effet antidépresseur documenté, et l’entraînement en extérieur t’expose à la lumière naturelle), mais ça ne t’immunise pas. Les sportifs cumulent même un facteur de risque : en hiver, leurs entraînements se font souvent avant le lever ou après le coucher du soleil, ce qui réduit leur exposition lumineuse totale.
Le meilleur indicateur reste la performance : des allures qui se dégradent sur des séances habituellement maîtrisées, une récupération qui s’allonge et une motivation en chute.
Combien de séances de luminothérapie par semaine contre la dépression saisonnière ?
Le repère habituel est une séance quotidienne, généralement le matin, selon le protocole retenu. Il n’existe pas de seuil universel démontrant que cinq séances fonctionnent alors que trois ou quatre deviennent inefficaces.
Après amélioration, ne passe pas automatiquement à deux ou trois séances hebdomadaires : la poursuite et les ajustements se décident selon ta réponse. L’objectif est de maintenir le bénéfice avec un protocole adapté et bien toléré.
La luminothérapie fonctionne-t-elle aussi sur la dépression non saisonnière ?
Oui, et c’est une évolution récente des recommandations. La méta-analyse publiée en 2025 dans JAMA Psychiatry rapporte un taux de réponse de 60,4 % avec luminothérapie contre 38,6 % sans, et un taux de rémission de 40,7 % contre 23,5 %, sur des dépressions non saisonnières.
Ces résultats soutiennent surtout son intérêt comme traitement complémentaire. Une présentation de ces recherches par une association professionnelle ne constitue pas, à elle seule, une recommandation officielle.
Pour une dépression non saisonnière, son utilisation doit être discutée dans le cadre d’une prise en charge médicale.
Sources scientifiques et références médicales
- Pjrek E. et al. The Efficacy of Light Therapy in the Treatment of Seasonal Affective Disorder: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Psychotherapy and Psychosomatics, 2020.
- Menegaz de Almeida A. et al. Bright Light Therapy for Nonseasonal Depressive Disorders: A Systematic Review and Meta-Analysis. JAMA Psychiatry, 2025 ; publication en ligne le 2 octobre 2024.
- Lam R. W. et al. Efficacy of Bright Light Treatment, Fluoxetine, and the Combination in Patients With Nonseasonal Major Depressive Disorder: A Randomized Clinical Trial. JAMA Psychiatry, 2016.
- Lewy A. J. et al. The circadian basis of winter depression. Proceedings of the National Academy of Sciences, 2006.
- Nussbaumer-Streit B. et al. Light therapy for preventing seasonal affective disorder. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2019.
- National Institute of Mental Health. Seasonal Affective Disorder.
- Mayo Clinic. Seasonal affective disorder treatment: Choosing a light box.
- Mayo Clinic. Seasonal affective disorder: Diagnosis & treatment.
- MedlinePlus. Seasonal affective disorder.
- NHS Inform. Seasonal affective disorder (SAD).
- American Psychiatric Association. Bright Light Therapy: Growing Evidence Beyond Seasonal Depression, 2025.
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Préparateur Mental,
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Titulaire du tronc commun du BEES.
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Auteur des livres « Le Manuel pour Courir Plus Vite » et « Le Manuel pour Perdre du Poids en Courant »
