L’essentiel à retenir : l’échelle RPE transforme ton ressenti en une note d’intensité. La version de 0 à 10 est la plus simple à utiliser en course à pied : 2 à 3 correspond à un effort facile, 5 à 6 à un effort soutenu et 9 à 10 à un effort très intense ou maximal. Elle ne remplace pas l’allure ou la fréquence cardiaque, mais elle permet de les interpréter en tenant compte de ta fatigue, de la chaleur, du terrain et de ton état du jour.
Tu as une montre GPS, un cardiofréquencemètre, peut-être même un capteur de puissance. Des données partout. Et pourtant, tu rates des séances.
Tu pars trop vite sur un fractionné parce que les jambes semblent fraîches, tu te traînes sur un footing censé être récup, tu finis une sortie longue à plat alors que le plan disait « allure modérée ». Le problème ? Aucune de ces données ne sait que tu as mal dormi, que tu stresses au boulot ou que tu encaisses une troisième semaine de charge élevée.
C’est là qu’intervient l’échelle RPE. Pas pour remplacer tes données objectives, mais pour les compléter avec ce que seul ton corps connaît : le coût réel de l’effort.
Dans cet article, on te détaille les deux échelles, comment les utiliser concrètement avant, pendant et après la séance, leur application spécifique en trail, et les erreurs à éviter.
- Qu’est-ce que l’échelle RPE ? Définition et origine
- Tableaux RPE : comprendre les scores de 6 à 20 et de 0 à 10
- Pourquoi utiliser l’échelle RPE en course à pied ?
- Quels facteurs influencent ton RPE ?
- Comment utiliser l’échelle RPE à l’entraînement ?
- RPE et fréquence cardiaque : comment les combiner ?
- Comment utiliser le RPE pendant une séance au seuil ?
- Comment utiliser l’échelle RPE en trail ?
- Les 4 erreurs à éviter avec l’échelle RPE
- FAQ sur l’échelle RPE
- Conclusion : utilise le RPE dès ta prochaine séance
- Sources scientifiques sur l’échelle RPE
Qu’est-ce que l’échelle RPE ? Définition et origine
RPE signifie Rating of Perceived Exertion, traduit en français par indice d’effort perçu ou taux d’effort perçu. C’est une mesure subjective de l’intensité ressentie pendant un exercice physique.
Gunnar Borg et l’échelle RPE de 6 à 20
Le concept vient du physiologiste suédois Gunnar Borg, qui développe ses travaux dans les années 1960 et publie son échelle formalisée en 1970 puis en 1982.
Son idée de départ est simple et brillante : si la valeur RPE est multipliée par 10, elle donne une estimation de la fréquence cardiaque chez un adulte jeune et en bonne santé. RPE 13 ≈ 130 bpm, RPE 17 ≈ 170 bpm.
C’est pourquoi l’échelle commence à 6 (FC de repos ≈ 60 bpm) et se termine à 20 (FC max ≈ 200 bpm).
Cette échelle s’est d’abord imposée en milieu médical – tests d’effort cardiaques, rééducation respiratoire – avant d’être adoptée par les chercheurs en sciences du sport.
De la Borg CR10 au session-RPE de Foster
Contrairement à ce qu’on lit parfois, l’échelle de 0 à 10 n’a pas été créée par Carl Foster. Il s’agit de la Borg CR10, développée par Gunnar Borg pour proposer une évaluation plus intuitive de l’effort perçu.
Carl Foster et son équipe ont ensuite utilisé cette échelle pour mettre au point le session-RPE : une méthode simple permettant de quantifier la charge globale d’une séance en multipliant sa durée par la difficulté ressentie.
La CR10 s’est imposée dans le sport moderne parce qu’elle est immédiatement compréhensible. Tout le monde sait ce que signifie « 7 sur 10 ». Personne ne sait spontanément ce que signifie « 15 sur 20 ».
Borg 6-20 ou CR10 : quelle échelle RPE choisir ?
- Borg 6-20 : granularité fine, corrélation directe avec la FC, utilisée dans les études scientifiques et en milieu clinique.
- CR10 (0-10) : intuitive, pratique au quotidien, utilisée par les plateformes de coaching (TrainingPeaks, Strava, intervals.icu).
Les deux échelles ne se convertissent pas parfaitement avec une simple formule mathématique. Elles utilisent des graduations et des repères verbaux différents.
Pour suivre ton entraînement sans créer de confusion, choisis une seule échelle et utilise-la de manière régulière.

Tableaux RPE : comprendre les scores de 6 à 20 et de 0 à 10
Tableau de l’échelle de Borg 6-20
Conçue pour une corrélation avec la fréquence cardiaque, elle reste la référence dans les protocoles scientifiques et la rééducation cardiaque.
|
Score Borg |
Ressenti |
FC estimée |
Niveau d’effort |
|---|---|---|---|
|
6 |
Aucun effort |
~60 bpm |
Repos |
|
7-8 |
Extrêmement léger |
~70-80 bpm |
Marche très lente |
|
9-10 |
Très léger |
~90-100 bpm |
Marche tranquille |
|
11-12 |
Léger |
~110-120 bpm |
Échauffement |
|
13-14 |
Modérément difficile |
~130-140 bpm |
Endurance fondamentale |
|
15-16 |
Difficile |
~150-160 bpm |
Tempo / allure marathon |
|
17-18 |
Très difficile |
~170-180 bpm |
Seuil / intervalles |
|
19 |
Extrêmement difficile |
~190 bpm |
Sprint long |
|
20 |
Effort maximal |
~200 bpm |
Effort maximal absolu |
Note : La corrélation FC × 10 est valable pour un adulte jeune en bonne santé. Elle dérive avec l’âge et les conditions (chaleur, fatigue, caféine).
Tableau de l’échelle RPE CR10 de 0 à 10
C’est celle qu’on utilise au quotidien. Plus intuitive, elle reflète mieux la perception psychologique non linéaire de l’effort : passer de 7 à 8 coûte subjectivement bien plus que passer de 2 à 3.
| Score RPE | Ressenti | Description concrète |
|---|---|---|
| 0 | Aucun effort | Repos complet |
| 1 | Très facile | Marche lente, respiration naturelle |
| 2 | Facile | Footing de récupération, conversation très fluide |
| 3 | Modéré | Endurance fondamentale, phrases complètes |
| 4 | Assez soutenu | Effort confortable et régulier, respiration plus marquée |
| 5 | Soutenu | Allure marathon ou tempo long, phrases courtes |
| 6 | Difficile mais contrôlé | Effort proche du seuil, quelques mots seulement |
| 7 | Très difficile | Allure approximative sur 10 km, parler devient compliqué |
| 8 | Très intense | Intervalles courts, respiration très forte |
| 9 | Presque maximal | Effort très difficile à prolonger |
| 10 | Maximal | Effort total, impossible à maintenir |
C’est cette échelle CR10 qu’on utilise dans tout l’article. Sauf mention contraire, « RPE 6 » signifie 6 sur 10.
Consulte ce guide sur le bpm sportif pour maîtriser tes pulsations. Cela t’aidera à affiner ton ressenti au quotidien.

Pourquoi utiliser l’échelle RPE en course à pied ?
Le RPE révèle ce que ta montre ne mesure pas
Ta montre mesure ta FC, ton allure, ton dénivelé. Elle ne mesure pas que tu as dormi 5h30, que tu as sauté le déjeuner ou que tu encaisses une semaine de stress intense. Le RPE, lui, intègre tout ça automatiquement.
C’est son avantage fondamental : il reflète le coût réel de l’effort, pas juste son intensité mécanique.
Le RPE complète la fréquence cardiaque
La fréquence cardiaque ne ment pas, mais elle doit être interprétée dans son contexte. La chaleur, la déshydratation, la fatigue, le stress ou encore la caféine peuvent modifier sa réponse pour une même allure.
C’est pourquoi elle devient plus utile lorsqu’elle est associée au RPE et aux sensations du coureur.
Un RPE stable sur une sortie où la FC grimpe anormalement, c’est souvent le signe que ton corps s’adapte bien. Une FC normale avec un RPE élevé, c’est un signal d’alarme.
Le RPE complète l’allure et la puissance
En trail, l’allure ne veut rien dire. 8 min/km en montée à 20% de pente n’a rien à voir avec 8 min/km sur du plat. Même sur route, le vent, la chaleur, le dénivelé faussent tout. Le RPE, lui, reste cohérent sur tous les terrains.
Le RPE individualise l’intensité de l’effort
Deux coureurs au même RPE 7 ne courent pas à la même allure. C’est précisément l’intérêt : l’échelle s’adapte à chaque individu.
Pour mieux comprendre pourquoi deux coureurs au même RPE ont des physiologies différentes, il faut comprendre les concepts de VMA et VO2max et de seuil lactique, qui définissent les zones d’intensité individuelles.

Quels facteurs influencent ton RPE ?
Le RPE n’est pas figé. Pour un même effort objectif, ton ressenti peut varier significativement selon plusieurs paramètres.
Fatigue accumulée et manque de sommeil
Une nuit à 5h de sommeil peut faire grimper ton RPE de 1 à 2 points pour une même allure. La charge d’entraînement des jours précédents aussi.
Si tu arrives à une séance avec un RPE de repos déjà à 4-5 (sensation de fatigue avant même de démarrer), c’est un signal fort.
Chaleur, altitude et conditions extérieures
La chaleur est le facteur le plus brutal. Courir par forte chaleur augmente le RPE pour une même intensité physiologique, parce que le corps doit gérer simultanément l’effort musculaire et la thermorégulation.
L’altitude a le même effet : moins d’oxygène disponible = effort perçu plus élevé pour la même allure.
Alimentation et hydratation
Un déficit calorique ou une déshydratation même légère (−2% du poids corporel) élèvent le RPE. C’est une des raisons pour lesquelles les séances à jeun semblent toujours plus dures.
Stress, fatigue mentale et motivation
La fatigue mentale augmente le RPE. Des études ont montré qu’une tâche cognitive intense avant une séance peut faire grimper le ressenti de l’effort de façon significative, sans modifier les paramètres physiologiques objectifs.
Expérience et calibration du ressenti
Les débutants ont tendance à sous-estimer leur RPE (ils ne connaissent pas encore leur plafond).
Les coureurs expérimentés calibrent leur perception avec précision au fil des semaines. C’est un outil qui s’affine avec la pratique.

Comment utiliser l’échelle RPE à l’entraînement ?
Avant la séance : évaluer son état du jour
Avant de partir, prends quelques secondes pour évaluer séparément :
- la qualité de ton sommeil ;
- ta fatigue générale ;
- tes éventuelles douleurs musculaires ;
- ton envie de t’entraîner.
Il ne s’agit pas encore de ton RPE, puisque tu n’as pas commencé à courir. C’est un bilan rapide de ta disponibilité du jour.
Si un seul indicateur est légèrement dégradé, commence tranquillement et réévalue tes sensations après 10 à 15 minutes.
Si plusieurs indicateurs sont inhabituellement mauvais ou si une douleur localisée apparaît, il peut être préférable d’alléger, de remplacer ou de reporter la séance.
L’objectif n’est pas de modifier ton programme à la moindre fatigue, mais d’éviter de suivre aveuglément une séance lorsque ton état du jour réclame une adaptation.
Pendant la séance : réguler ton intensité
Protocole simple : note mentalement ton RPE toutes les 15-20 minutes. Pas besoin de t’arrêter – une évaluation rapide suffit.
Le tableau ci-dessous donne les RPE cibles par type de séance :
|
Type de séance |
RPE cible (CR10) |
Description |
|---|---|---|
|
Récupération active |
1-2 |
Très facile, conversation fluide |
|
Endurance fondamentale |
3-4 |
Confortable, phrases complètes |
|
Allure marathon / tempo long |
4-5 |
Soutenu mais contrôlé |
|
Seuil / tempo court |
6-7 |
Difficile, quelques mots |
|
Fractionné / intervalles |
8-9 |
Très dur, impossible de parler |
|
Sprint / effort maximal |
10 |
Tout donner, insoutenable |
Si ton RPE dépasse la cible de 2 points ou plus en cours de séance, c’est le signe que quelque chose ne va pas : conditions, fatigue cachée, départ trop rapide.
Ajuste immédiatement. Pour le fractionné en trail, ce tableau est particulièrement utile car l’allure ne peut pas servir de référence sur terrain varié.
Après la séance : calculer ta charge d’entraînement
C’est là que la méthode Foster prend tout son sens.
La formule : RPE de séance × durée en minutes = charge d’entraînement en Unités Arbitraires (UA)
Le session-RPE correspond à une note globale attribuée à l’ensemble de la séance.
Note-la idéalement 15 à 30 minutes après l’effort, afin que les dernières minutes de la séance ne dominent pas toute ton évaluation.
Cette note reste subjective, mais elle devient plus représentative de la difficulté globale de l’entraînement.
Exemple concret :
- Séance de 45 min à RPE 6 → 45 × 6 = 270 UA
- Footing récup de 40 min à RPE 3 → 40 × 3 = 120 UA
- Fractionné de 60 min à RPE 8 → 60 × 8 = 480 UA
Les unités arbitraires servent avant tout à comparer tes propres séances et tes propres semaines. Une charge de 400 UA n’a pas exactement la même signification pour deux coureurs différents.
Il n’existe pas de pourcentage universel à ne jamais dépasser.
Surveille plutôt les augmentations inhabituelles par rapport à tes dernières semaines, surtout lorsqu’elles s’accompagnent d’une fatigue persistante, d’un sommeil dégradé ou d’un RPE plus élevé que d’habitude sur des séances comparables.

Une séance de 60 minutes à un RPE de 5 donne une charge de 300 UA, un calcul simple pour suivre ta progression.
Note ce chiffre dans ton carnet. Compare tes semaines pour éviter les pics brutaux.
RPE et fréquence cardiaque : comment les combiner ?
Ni l’un ni l’autre seul ne suffit. Ce sont deux outils qui mesurent des choses différentes et se complètent.
Quand la FC est fiable :
- Effort aérobie stable, conditions fraîches et normales
- Quand tu es bien reposé et que les données « se comportent »
- En phase de calibration du RPE (les premières semaines)
Quand la FC trompe :
- Par forte chaleur (dérive cardiaque sans augmentation d’allure)
- Après une nuit courte ou en cas de stress aigu
- Sur des intervalles courts (< 2 min) où la FC n’a pas le temps de monter
- Avec de la caféine ou certains médicaments
Le modèle optimal : Data + RPE. Utilise la FC pour la structure de la séance, le RPE pour la régulation au quotidien.
Cas pratique trail : tu attaques une longue montée. Ta FC grimpe à 175 bpm, mais ton RPE reste stable à 5-6.
Une valeur de 175 bpm ne peut pas être interprétée sans connaître la fréquence cardiaque maximale, l’âge, la durée et le profil du coureur.
Pour bien comprendre pourquoi FC et RPE peuvent diverger, il faut maîtriser les notions de seuil lactique et zones d’intensité – c’est là que les deux outils se rejoignent physiologiquement.

Comment utiliser le RPE pendant une séance au seuil ?
La méthode norvégienne trail est souvent présentée comme une méthode basée sur des mesures de lactate sanguin. C’est vrai.
Mais dans la pratique quotidienne des athlètes norvégiens, le RPE joue un rôle central pour calibrer les zones d’intensité sans prise de sang à chaque séance.
Le principe du double seuil en RPE :
- RPE 3-4 : endurance fondamentale, base aérobie – la majorité du volume hebdomadaire
- RPE 6-7 : seuil 1 (SV1 / seuil aérobie) – effort soutenu mais contrôlé, conversation difficile mais possible
- RPE 8 : seuil 2 (SV2 / seuil anaérobie) – effort intense, quelques mots seulement
L’idée clé de la méthode norvégienne, c’est de rester en dessous du seuil 2 sur la quasi-totalité des séances intensives. Le RPE est l’outil de terrain qui permet de vérifier en temps réel qu’on ne bascule pas dans la zone rouge.
Si tu dépasses RPE 8 sur une séance censée être au seuil 1, tu t’es emballé.
C’est simple, c’est gratuit, et ça marche. Les Norvégiens ne courent pas toujours avec un analyseur de lactate portable.
Comment utiliser l’échelle RPE en trail ?
C’est la section que tu ne trouveras pas chez la plupart des concurrents. Et pourtant, c’est là que le RPE devient vraiment indispensable.
Pourquoi le RPE est particulièrement utile en trail
Sur route, l’allure reste un indicateur utile. En trail, c’est quasi inutilisable : 10 min/km en montée à 25% de pente n’a aucun rapport avec 10 min/km sur du plat. La FC, elle, réagit avec un délai de 30 à 60 secondes et est influencée par la chaleur, l’altitude et la fatigue accumulée sur plusieurs heures.
Le RPE est le seul outil universel sur tous les terrains. C’est vrai sur une piste d’athlétisme, c’est encore plus vrai sur un sentier de montagne.
En montée : distinguer l’effort cardio et musculaire
En montée raide, tu peux ressentir une dissociation intéressante : ton RPE cardio (essoufflement, fréquence cardiaque) reste modéré, mais ton RPE musculaire (brûlure dans les cuisses, fatigue des mollets) est élevé.
C’est normal et c’est une information précieuse.
Si ton RPE musculaire monte à 8-9 alors que ton RPE cardio reste à 5-6, tes jambes sont le facteur limitant. Raccourcis le pas, marche si nécessaire – pas parce que tu es essoufflé, mais pour préserver les muscles pour la suite.
En descente : ne pas se fier uniquement au souffle
En descente, le RPE cardio chute souvent à 2-3. Mais le RPE musculaire/excentrique peut rester élevé (5-7), surtout sur terrain technique.
Beaucoup de coureurs se laissent piéger : ils accélèrent en descente parce que « ça semble facile », et arrivent en bas avec des quadriceps cramés pour le reste de la course.
Règle pratique : en trail, évalue toujours ton RPE musculaire séparément de ton RPE cardio. C’est le RPE musculaire qui dicte le pacing sur les longues distances.
En ultra-trail : partir à un effort volontairement contrôlé
Sur un ultra, l’allure et la FC ne peuvent pas piloter l’effort sur 100+ km. Le RPE, lui, reste pertinent du départ à l’arrivée. La règle d’or : ne jamais dépasser RPE 5-6 dans les 30 premiers kilomètres, même si tu te sens très bien. Le sentiment de facilité au départ est trompeur – c’est l’adrénaline et la fraîcheur musculaire.
Gestion des ravitaillements selon le RPE : si tu arrives à un ravitaillement avec un RPE > 7, c’est un signal clair. Prends le temps de manger, de t’hydrater, de récupérer.
Repartir à RPE 7+ sans récupération, c’est le chemin direct vers l’abandon. Si tu arrives à RPE 4-5, tu peux repartir rapidement après avoir mangé.
Pour aller plus loin sur la structuration de l’entraînement trail longues distances et l’utilisation du fractionné trail, ces ressources complémentent parfaitement ce que le RPE permet de réguler en course.
Les 4 erreurs à éviter avec l’échelle RPE
Confondre effort perçu et douleur
Le RPE mesure l’effort cardiovasculaire et musculaire global. Il ne mesure pas une douleur localisée (genou, cheville, dos).
Si tu as mal quelque part mais que ton effort global est modéré, ton RPE peut rester bas. La douleur est un signal séparé qui nécessite une attention différente.
Manquer d’honnêteté dans son évaluation
Certains coureurs gonflent leur RPE pour paraître plus courageux ou pour justifier une séance difficile.
C’est contre-productif : tu fausses tes propres données et tu perds l’outil. Le RPE ne sert qu’à toi. Sois honnête.
Éviter systématiquement les efforts à RPE élevé
À l’inverse, certains coureurs restent systématiquement dans leur zone de confort et évitent les séances à RPE 8-9. Le problème : sans stimulation intense, les adaptations physiologiques plafonnent. L’inconfort à RPE 8-9 est précisément ce qui déclenche les gains de VMA et VO2max.
💬L’avis de Jean-Marc : utiliser le RPE pour mieux s’adapter
Dans mes entraînements trail et running, le RPE est devenu mon premier indicateur, avant même la FC. Chaque matin, je m’évalue sur 10 avant de regarder mon programme. Si je suis à 4 ou plus, j’adapte la séance – pas par faiblesse, mais parce que j’ai appris à la dure que forcer sur une fatigue cachée coûte deux fois plus cher en récupération.
Dans les programmes de l’Académie Running & Trail, j’intègre le RPE systématiquement pour individualiser chaque séance. Deux coureurs peuvent avoir le même programme sur le papier et des RPE cibles différents selon leur état du jour. C’est ça, l’entraînement intelligent : pas suivre un plan à la lettre, mais piloter l’effort avec tous les outils disponibles.
Jean-Marc, Préparateur Mental, Mentor des Sportives et Sportifs Motivés
FAQ sur l’échelle RPE
Quelle différence entre le RPE, l’échelle de Borg et la CR10 ?
Le RPE (Rating of Perceived Exertion) est le concept général – l’indice d’effort perçu. L’échelle de Borg est la première version formalisée de ce concept, développée par Gunnar Borg dans les années 1960-70, avec une graduation de 6 à 20.
Aujourd’hui, quand on parle de « RPE » en sport, on fait souvent référence à la version CR10 (0-10) popularisée par Carl Foster – plus intuitive et plus pratique au quotidien. Les deux sont des outils RPE, mais avec des graduations différentes.
À quoi correspondent les niveaux RPE 7 et 8 ?
RPE 7 en course à pied, c’est ton allure 10 km en compétition. Tu peux encore prononcer quelques mots, mais pas tenir une conversation.
La respiration est rapide et profonde. RPE 8, c’est un intervalle VO2max : tu souffles fort, tu ne peux plus parler, tu sens que tu ne pourrais pas tenir beaucoup plus longtemps à cette intensité.
C’est l’effort qui fait vraiment progresser – mais qui demande une récupération sérieuse.
Peut-on courir au RPE sans montre
Oui, et c’est même une excellente pratique occasionnelle. Courir sans montre une fois par semaine t’oblige à écouter ton corps plutôt que de chasser des chiffres.
Les coureurs qui ont appris à calibrer leur RPE sur plusieurs mois peuvent estimer leur allure et leur FC à quelques unités près. Cela dit, pour structurer un entraînement sérieux et suivre la progression, combiner RPE et données objectives reste la meilleure approche.
Le RPE peut-il aider à repérer une surcharge d’entraînement ?
Deux façons principales. D’abord, le niveau de fatigue du jour : si tu te réveilles avec un ressenti de fatigue à 5-6 plusieurs jours de suite, c’est un signal précoce de surcharge avant même que les performances ne baissent.
Ensuite, la méthode Foster (RPE × durée = charge en UA) te permet de suivre ta charge hebdomadaire et de détecter les semaines où tu accumules trop vite. Une augmentation de charge > 10% par semaine est un facteur de risque documenté.
L’échelle RPE est-elle fiable pour les débutants ?
Il l’est, mais il demande une phase de calibration. Les débutants ont tendance à sous-estimer leur effort (ils ne connaissent pas encore leur plafond) ou à confondre essoufflement et effort global.
La solution : courir avec un cardiofréquencemètre pendant les 4-6 premières semaines, noter le RPE après chaque séance, et comparer avec la FC moyenne.
Au bout de 6-8 semaines, la correspondance personnelle RPE-FC se stabilise et l’outil devient fiable.
Conclusion : utilise le RPE dès ta prochaine séance
L’échelle RPE n’est pas un gadget. C’est l’outil le plus honnête de l’entraînement parce qu’il intègre tout ce que tes capteurs ignorent : la fatigue, le stress, le sommeil, les conditions.
Utilisé correctement – avant, pendant et après la séance – il transforme chaque sortie en donnée d’entraînement exploitable.
Pour le RPE course à pied comme pour le RPE running sur route, commence simple : note ton RPE après chaque séance pendant un mois.
Observe les patterns. Tu vas apprendre plus sur ta physiologie en 4 semaines qu’en un an à regarder uniquement ta montre.
Et si tu veux aller plus loin, le RPE est au cœur des programmes de l’Académie Running & Trail – intégré à chaque séance pour individualiser l’effort selon ton état de forme réel, pas selon un plan figé.
C’est la différence entre suivre un programme et vraiment s’entraîner intelligemment.
Sources scientifiques sur l’échelle RPE
- Borg, G. (1982). Psychophysical bases of perceived exertion. Medicine & Science in Sports & Exercise, 14(5):377-381. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7154893
- Foster, C. et al. (2001). A new approach to monitoring exercise training. Journal of Strength and Conditioning Research, 15(1):109-115.
- CDC – Measuring Physical Activity Intensity : cdc.gov/physicalactivity/everyone/measuring/exertion.html
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Préparateur Mental,
Mentor des Sportifs et Sportives Motivés,
Entraineur FFA 1er Niveau.
Entraineur Triathlon BF5.
Titulaire du tronc commun du BEES.
Titulaire d'une formation de base nutrition certifiée CPD.
Auteur des livres « Le Manuel pour Courir Plus Vite » et « Le Manuel pour Perdre du Poids en Courant »