La première fois que je me suis tordu la cheville sur un sentier boueux, j’ai fait ce que tout le monde faisait : poche de glace, bande de compression récupérée dans le fond du sac, jambe surélevée sur le canapé. Protocole RICE, appliqué à la lettre. C’était il y a une vingtaine d’années, et à l’époque, personne ne remettait ça en question.
Aujourd’hui, après 25 ans de blessures sportives en tout genre – entorses, claquages, tendinopathies, je regarde les choses différemment. Le protocole RICE reste un réflexe utile dans les premières minutes. Mais la science a évolué, et continuer à l’appliquer tel quel en 2026, c’est passer à côté de ce qu’on sait maintenant sur la guérison des tissus.
Dans cet article, je t’explique ce qu’est le protocole RICE, pourquoi il a été remis en question par son propre créateur, et ce que les recommandations actuelles – POLICE, puis PEACE & LOVE – changent concrètement dans ta façon de gérer une blessure.
Protocole RICE : définition, origine et blessures concernées
Que signifie RICE ? Définition et équivalent français GREC
RICE est un acronyme anglais qui résume quatre gestes à effectuer immédiatement après une blessure des tissus mous :
- R – Rest (Repos)
- I – Ice (Glaçage)
- C – Compression
- E – Elevation (Élévation)
En français, on retrouve parfois l’acronyme GREC – Glace, Repos, Élévation, Compression – qui recouvre exactement les mêmes principes, dans un ordre légèrement différent.
Les deux termes désignent la même approche : limiter le gonflement et la douleur dans les premières heures suivant une blessure.
Origine du protocole RICE : pourquoi a-t-il été créé ?
Le protocole RICE a été formalisé en 1978 par le Dr Gabe Mirkin dans son ouvrage The Sportsmedicine Book. À l’époque, c’était une avancée réelle : avant ça, les conseils variaient énormément selon les praticiens, et l’idée de structurer une réponse immédiate aux blessures sportives était nouvelle.
RICE a eu le mérite de donner un cadre simple, mémorisable, applicable sur le terrain sans équipement médical. Il s’est diffusé dans tous les clubs sportifs, toutes les trousses de secours, tous les manuels de premiers soins. Pendant quarante ans, c’est le réflexe qu’on a enseigné à des générations d’athlètes, de coachs et de parents.
Le problème, c’est que la simplicité du message a parfois pris le dessus sur la nuance. Et la nuance, en matière de guérison des tissus, elle compte beaucoup.
Quelles blessures peut-on traiter avec le protocole RICE ?
À l’origine, RICE était pensé pour les blessures des tissus mous en phase aiguë :
- Entorses (cheville, genou, poignet)
- Contusions (choc direct, hématome)
- Claquages et déchirures musculaires
Ce sont des situations où le tissu est endommagé, où il y a inflammation locale, gonflement et douleur. L’idée était de contrôler rapidement ces symptômes pour limiter les dégâts et accélérer la récupération. Sur le principe, ça reste cohérent. C’est l’application rigide et prolongée qui pose problème.

Protocole RICE : les 4 étapes à connaître
R – Repos : protéger la blessure sans immobilisation prolongée
Le repos dans RICE, c’est l’arrêt immédiat de l’activité qui a causé la blessure. L’idée est logique : continuer à solliciter un tissu lésé aggrave les dégâts.
Mais le repos tel qu’il était prescrit dans la version originale impliquait souvent une immobilisation prolongée – plusieurs jours, parfois une semaine ou plus.
C’est là que ça coince. On sait aujourd’hui que le tissu musculaire et ligamentaire a besoin d’une stimulation mécanique pour se régénérer correctement.
Un repos trop long affaiblit les structures adjacentes, réduit la proprioception et ralentit le retour à la fonction normale.
I – Ice : comment appliquer la glace et pendant combien de temps
Le glaçage est probablement l’élément le plus discuté du protocole RICE. La pratique classique : appliquer de la glace (ou une poche de froid) pendant 15 à 20 minutes, toutes les 2 à 3 heures, pendant les 48 premières heures.
En pratique, j’ai toujours fait ça avec les moyens du bord – une poche de petits pois surgelés enveloppée dans un torchon, ou plus récemment le système Zamst IW-1 qui combine poche de glace et compression en un seul accessoire. Pratique sur le terrain, mais ça ne change pas la question de fond : est-ce que la glace aide vraiment à guérir ?
Ce qu’il faut retenir pour l’application :
- Ne jamais appliquer la glace directement sur la peau (risque de brûlure)
- Maximum 20 minutes par session
- Toujours avec une couche protectrice (tissu, serviette)
- Arrêter si la zone devient engourdie
C – Compression : comment bander la zone blessée sans risque ?
La compression vise à limiter l’œdème en exerçant une pression externe sur la zone blessée. Elle reste l’un des éléments les mieux validés scientifiquement parmi les quatre composantes de RICE.
En pratique : une bande élastique (type Cohesive ou Elastoplast) appliquée en spirale depuis la partie distale vers la partie proximale, sans couper la circulation.
La pression doit être ferme mais pas douloureuse. Si les doigts ou les orteils bleuissent ou fourmillent, c’est trop serré.
E – Élévation : comment surélever correctement le membre blessé ?
Élever le membre blessé au-dessus du niveau du cœur favorise le drainage lymphatique et limite l’accumulation de fluides dans les tissus. C’est simple, efficace, et ça ne coûte rien.
Pour la cheville : allonge-toi et surélève la jambe avec des coussins. Pour le genou : même principe.
L’élévation est particulièrement utile dans les premières 24 à 48 heures, quand le gonflement est à son maximum.

Pourquoi le protocole RICE est-il aujourd’hui remis en question ?
Repos strict : pourquoi une immobilisation prolongée peut ralentir la récupération
La recherche en biomécanique et en physiologie du sport a montré quelque chose de contre-intuitif : un tissu lésé qui ne reçoit aucune stimulation mécanique guérit moins bien qu’un tissu soumis à une charge progressive et contrôlée.
L’immobilisation prolongée entraîne une atrophie musculaire, une perte de proprioception et une désorganisation des fibres de collagène en cours de réparation. En clair : rester allongé sans bouger pendant une semaine après une entorse, c’est souvent contre-productif.
Les kinésithérapeutes et médecins du sport le savent depuis longtemps, mais le message a mis du temps à filtrer jusqu’aux sportifs amateurs.
Glace après une blessure : que dit la science en 2026 ?
Les données disponibles confirment surtout l’effet antalgique de la glace après une blessure. En revanche, aucune preuve solide chez l’humain ne montre qu’elle accélère la réparation des tissus.
Les éventuels effets négatifs sur la régénération proviennent principalement d’études menées sur des animaux (Racinais et al., British Journal of Sports Medicine, 2024).
En pratique, la glace peut être utilisée brièvement pour soulager une douleur importante, en protégeant toujours la peau. Elle ne doit toutefois pas être présentée comme un traitement capable d’accélérer la cicatrisation.
Pourquoi le Dr Gabe Mirkin, créateur de RICE, a remis son protocole en question
C’est peut-être l’anecdote la plus frappante de toute cette histoire. En 2014, le Dr Gabe Mirkin – celui qui a inventé l’acronyme RICE en 1978 – a publiquement renié son propre protocole.
Il a écrit que « le repos et la glace peuvent retarder la guérison », et que l’inflammation est une étape nécessaire à la réparation tissulaire qu’il ne faut pas systématiquement supprimer.
Quand le créateur d’un protocole dit lui-même qu’il s’est trompé, ça mérite qu’on l’écoute. Ce n’est pas anodin, et ça résume bien pourquoi la communauté médicale sportive a cherché autre chose.
La glace ne facilite pas la guérison, elle retarde en réalité le processus inflammatoire nécessaire à la réparation des tissus.

Du protocole RICE à PEACE & LOVE : les évolutions PRICE et POLICE
PRICE : le protocole RICE ajoute la protection
La première mise à jour de RICE a été PRICE – avec l’ajout d’un P pour Protection. L’idée : avant même de glace et de comprimer, il faut protéger la zone blessée pour éviter d’aggraver la lésion.
Ça peut vouloir dire arrêter l’activité, mettre une attelle temporaire, ou simplement éviter de poser le pied sur le sol.
PRICE reste dans la même logique que RICE – repos, glace, compression, élévation – mais avec cette étape de protection initiale qui a du sens, notamment pour les entorses de cheville où continuer à marcher sur une articulation instable peut transformer une entorse légère en déchirure ligamentaire.
POLICE : la charge optimale remplace le repos strict
En 2012, Bleakley, Glasgow et MacAuley ont proposé POLICE dans le British Journal of Sports Medicine, remplaçant le repos strict par le concept de charge optimale (Optimal Loading) :
- P – Protection
- OL – Optimal Loading (charge optimale)
- I – Ice
- C – Compression
- E – Elevation
La charge optimale, c’est l’idée de reprendre une activité progressive, adaptée à la douleur, dès que possible – sans attendre la disparition complète des symptômes.
C’est un changement de philosophie important : on passe du « ne bouge pas » au « bouge intelligemment ».
POLICE a représenté une avancée réelle, mais il conservait encore la glace systématique et ne prenait pas en compte les facteurs psychologiques ni l’éducation du patient.

PEACE & LOVE : une approche plus complète des blessures des tissus mous
En 2019, Blaise Dubois et Jean-François Esculier ont proposé dans le British Journal of Sports Medicine le modèle PEACE & LOVE pour accompagner la prise en charge des lésions traumatiques des tissus mous.
Cette approche couvre à la fois les premiers jours après la blessure et la reprise progressive de l’activité. Elle constitue une évolution moderne de RICE, sans être un protocole universel adapté à toutes les blessures.
PEACE (phase aiguë, J0 à J3) :
- P – Protection : limiter les mouvements douloureux 1 à 3 jours
- E – Elevation : élever le membre au-dessus du cœur
- A – Avoid anti-inflammatories : éviter les anti-inflammatoires
- C – Compression : bandage compressif pour limiter l’œdème
- E – Education : informer le patient, éviter la surmédicalisation
LOVE (phase de réhabilitation, J3+) :
- L – Load : reprise progressive de la charge
- O – Optimism : état d’esprit positif, facteur pronostique démontré
- V – Vascularisation : activité cardiovasculaire sans douleur dès J3
- E – Exercise : exercices de souplesse, renforcement, proprioception
Ce que PEACE & LOVE apporte de fondamentalement nouveau : il intègre la dimension psychologique (optimisme, éducation), il déconseille explicitement les anti-inflammatoires en phase aiguë, et il structure la réhabilitation active comme une partie intégrante du traitement, pas comme une option.
La Clinique des Coureurs, référence francophone en médecine du sport, a adopté et diffusé ce protocole dès sa publication, en soulignant notamment que « même l’application de glace pourrait être évitée » et que les anti-inflammatoires « ralentissent la vitesse de guérison tissulaire ».
L’IRBMS (Institut de Recherche du Bien-être, de la Médecine et du Sport Santé), source française de référence en traumatologie sportive, recommande également PEACE & LOVE pour les blessures musculaires, en insistant sur la restriction des mouvements limitée à 1 à 3 jours maximum, suivie d’une reprise progressive dès que les symptômes le permettent.
Protocole PEACE & LOVE : que faire après une blessure aiguë ?
Phase PEACE (J0 à J3) : que faire immédiatement après la blessure ?
Dans les premières 72 heures, l’objectif est de ne pas aggraver la lésion tout en laissant le processus inflammatoire naturel se mettre en place.
Ce qu’on fait :
- On arrête l’activité qui a causé la blessure
- On élève le membre blessé dès que possible (au-dessus du cœur)
- On applique une compression (bandage élastique)
- On évite les anti-inflammatoires (ibuprofène, voltarène, naproxène) – ils bloquent la réponse inflammatoire nécessaire à la guérison
- On évite la glace systématique – si on l’utilise, c’est uniquement pour la douleur, 10 à 15 minutes maximum, jamais plus de 2 à 3 fois par jour
Ce qu’on évite :
- La chaleur (favorise le gonflement en phase aiguë)
- Les massages profonds sur la zone lésée
- L’alcool (vasodilatateur, aggrave l’œdème)
- La reprise prématurée de l’activité
L’éducation du patient est une composante à part entière de PEACE : comprendre ce qui se passe dans son corps, savoir que l’inflammation est normale et utile, éviter la surmédicalisation inutile (imagerie systématique, traitements passifs répétés).
Phase LOVE (J3+) : charge progressive, optimisme, vascularisation, exercice
À partir du troisième jour, on entre dans la phase de réhabilitation active. C’est là que PEACE & LOVE se distingue vraiment de ses prédécesseurs.
Charge progressive (L) : on reprend une mise en charge adaptée à la douleur. Pour une entorse de cheville légère, ça peut vouloir dire marcher normalement dès J3-J4. Pour une déchirure musculaire, c’est plus progressif – mais l’idée reste la même : stimuler le tissu pour guider sa réparation.
Optimisme (O) : ce n’est pas du développement personnel. Des études montrent que les patients qui ont une vision positive de leur guérison récupèrent objectivement plus vite et ont moins de risque de développer une douleur chronique. L’état d’esprit est un facteur pronostique réel.
Vascularisation (V) : dès J3, une activité cardiovasculaire sans douleur est recommandée – vélo stationnaire, natation, marche légère. L’objectif est d’augmenter le flux sanguin vers les tissus en cours de réparation sans les solliciter directement. La Clinique des Coureurs recommande 20 minutes maximum, deux fois par jour.
Exercice (E) : des exercices de souplesse, de renforcement progressif et de proprioception sont introduits selon la tolérance. La proprioception est particulièrement importante pour les entorses de cheville, car elle réduit significativement le risque de récidive.
L’avis de La Clinique du Coureur sur PEACE & LOVE
La Clinique des Coureurs, fondée par Blaise Dubois – co-auteur de l’article PEACE & LOVE dans le BJSM – , est la référence francophone sur ce sujet. Leur message est clair : retirer la glace du protocole standard, éviter les anti-inflammatoires, et mettre l’accent sur la reprise active progressive.
Ils insistent aussi sur un point souvent négligé : éviter la surmédicalisation. Une entorse légère ne nécessite pas systématiquement une radio, une IRM ou une consultation aux urgences.
L’éducation du sportif sur ce qu’il ressent et sur ce qui est normal fait partie du traitement.

RICE ou PEACE & LOVE : quel protocole selon le type de blessure
Entorse de cheville : que faire de J0 jusqu’à la reprise ?
C’est la blessure la plus fréquente en sport. Pour une entorse légère (grade I) ou modérée (grade II) :
- J0-J3 : PEACE – protection, compression, élévation, pas d’anti-inflammatoires
- J3+ : LOVE – marche progressive, exercices de proprioception, vélo ou natation pour la vascularisation
- Glace : uniquement si la douleur est très intense, 10-15 min maximum, pas systématiquement
- Retour au sport : progressif, guidé par la douleur et la stabilité retrouvée
Pour une entorse sévère (grade III, rupture ligamentaire), une consultation médicale est indispensable avant de reprendre une charge.
Claquage ou déchirure musculaire : quel protocole appliquer ?
Pour les blessures au mollet – claquage ou déchirure – PEACE & LOVE est aujourd’hui le protocole recommandé dès les premières heures. Le repos strict prolongé est contre-productif : le tissu musculaire a besoin d’une stimulation mécanique progressive pour se régénérer correctement.
- J0-J3 : PEACE – protection de la zone, compression légère, élévation, pas d’anti-inflammatoires
- J3+ : reprise progressive de la mise en charge, exercices excentriques doux, renforcement progressif
- Délai de retour au sport : variable selon la gravité (3 semaines pour un claquage léger, 6 à 8 semaines pour une déchirure partielle)
Contusion et hématome : quels gestes adopter ?
Après un choc direct (coup sur la cuisse, le mollet, l’épaule), l’hématome est la principale préoccupation. La compression est particulièrement utile ici pour limiter l’expansion de l’hématome.
- Glace : acceptable dans les 30 premières minutes pour la douleur, mais pas au-delà de façon systématique
- Compression : prioritaire – bandage ferme dès les premières minutes
- Repos relatif : éviter de solliciter la zone pendant 24 à 48h, puis reprise progressive
- Pas de massage profond sur un hématome frais – risque de myosite ossifiante
Tendinopathie : pourquoi les protocoles RICE et PEACE & LOVE doivent être adaptés
Et pour une tendinopathie ?
Une tendinopathie liée à la surcharge n’est pas une blessure traumatique aiguë. Les protocoles RICE et PEACE & LOVE ne doivent donc pas lui être appliqués mécaniquement.
La priorité est généralement d’adapter temporairement la charge, puis de la réintroduire progressivement selon les symptômes.
En cas de douleur persistante, un bilan auprès d’un professionnel de santé permet d’individualiser la reprise.
La tendinite du tendon d’Achille est un cas particulier : le repos strict aggrave souvent la situation sur le long terme. Le tendon a besoin de charge pour se remodeliser – c’est la base de la rééducation tendineuse.
Pour une tendinopathie d’Achille, une fois la phase aiguë passée, le protocole de Stanish prend le relais avec un travail excentrique progressif, structuré sur plusieurs semaines.
En phase aiguë d’une tendinopathie :
- Réduire (pas supprimer) la charge pendant quelques jours
- Pas de glace systématique
- Pas d’anti-inflammatoires en première intention
- Introduire rapidement des exercices excentriques adaptés

Mon retour d’expérience : ce qui a changé dans ma gestion des blessures
Honnêtement ? RICE n’est pas « mauvais ». C’est incomplet. Dans les premières minutes après une entorse ou un claquage, les réflexes RICE – arrêter, comprimer, élever – restent pertinents. Ce qui a changé, c’est la durée et la philosophie.
Ce que j’ai appris à mes dépens : rester allongé une semaine après une entorse de cheville, c’est la meilleure façon de revenir avec une cheville instable et une proprioception en vrac. La reprise progressive, guidée par la douleur, ça fait peur au début – mais c’est ce qui fonctionne.
Et les anti-inflammatoires ? J’en prenais autrefois presque systématiquement. Aujourd’hui, je ne cherche plus à bloquer automatiquement l’inflammation dès les premières heures.
Si la douleur est importante ou inhabituelle, je préfère demander conseil à un professionnel de santé plutôt que de choisir moi-même un médicament.
Le mouvement est le meilleur remède, à condition de savoir doser l’intensité sans réveiller la douleur signal d’alarme.
Le plus compliqué après plusieurs semaines d’arrêt n’est pas toujours de remettre tes baskets. C’est de savoir quoi décider lorsque ton corps ne réagit pas comme prévu.
Une petite gêne apparaît : tu continues ou tu arrêtes ? Tu rates une semaine : tu recommences tout ? Ta sortie laisse des traces le lendemain : tu progresses ou tu maintiens ?
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L’objectif : retrouver suffisamment de régularité, de confiance et de stabilité pour pouvoir ensuite revenir à un entraînement plus structuré.
Conseil du Mentor :
Pendant ta reprise, ne juge pas uniquement une séance sur ce qui se passe pendant que tu cours. Observe également la réaction de ton corps dans les heures qui suivent et le lendemain : c’est justement l’un des principes de la Carte des 24 heures incluse dans le nouveau Kit Décision Reprise.
Blessure sportive : 4 erreurs à éviter pendant les premiers jours
Appliquer de la glace trop longtemps ou directement sur la peau
Au-delà de 20 minutes, le froid peut provoquer des lésions cutanées (brûlures par le froid) et une vasodilatation réflexe qui aggrave le gonflement.
Si tu utilises la glace pour la douleur, 10 à 15 minutes suffisent. Jamais directement sur la peau.
Prendre systématiquement des anti-inflammatoires en phase aiguë
Le protocole PEACE & LOVE déconseille le recours systématique aux anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène, le diclofénac ou le naproxène, pendant les premiers jours.
Ces médicaments modifient la réponse inflammatoire impliquée dans la réparation des tissus, mais leur effet réel sur la guérison dépend du type de lésion, de la dose et de la durée du traitement.
En cas de douleur importante, mieux vaut demander conseil à un médecin ou à un pharmacien plutôt que de pratiquer l’automédication.
Rester totalement immobile au-delà de 48 à 72 heures
L’immobilisation prolongée est l’un des héritages les plus néfastes du protocole RICE original. Après 48 à 72 heures de protection relative, le tissu a besoin d’être stimulé.
Même une marche légère, même quelques mouvements doux dans l’amplitude indolore – c’est mieux que rien.
Reprendre le sport sans progression de la charge
L’autre extrême est aussi problématique. Reprendre un entraînement normal dès que la douleur a disparu, sans passer par une phase de charge progressive, c’est le meilleur moyen de récidiver.
La disparition de la douleur ne signifie pas que le tissu est complètement réparé – ça peut prendre 6 à 12 semaines selon la gravité de la lésion.
La règle : augmente la charge progressivement, guidé par la douleur. Si ça fait mal, tu vas trop vite.
Questions fréquentes sur le protocole RICE
Protocole RICE : combien de temps appliquer la glace ?
Dans le cadre du protocole RICE classique, la recommandation était de 15 à 20 minutes toutes les 2 à 3 heures pendant 48 heures.
En 2026, les recommandations ont évolué : si tu utilises la glace, limite-toi à 10 à 15 minutes par session, uniquement pour la douleur, jamais directement sur la peau.
La glace n’est plus considérée comme un traitement curatif mais comme un outil de gestion de la douleur à court terme.
Peut-on appliquer le protocole RICE à une blessure du genou ?
Oui, les principes de base s’appliquent au genou comme à toute articulation : protection, compression, élévation.
Pour une entorse du genou ou une contusion, PEACE & LOVE est aujourd’hui préférable à RICE.
Une entorse du genou avec instabilité ou blocage nécessite toujours une consultation médicale rapide pour éliminer une lésion ligamentaire ou méniscale sévère.
RICE ou PEACE & LOVE : lequel est recommandé en 2026 ?
PEACE & LOVE est le standard actuel, recommandé par le BJSM depuis 2019 et adopté par les principales références francophones (La Clinique des Coureurs, IRBMS).
RICE reste un premier réflexe acceptable dans les toutes premières minutes, mais il est dépassé comme protocole complet.
La principale différence : PEACE & LOVE déconseille les anti-inflammatoires, nuance fortement l’usage de la glace, et intègre une réhabilitation active progressive dès J3.
Claquage musculaire : faut-il choisir RICE ou PEACE & LOVE ?
RICE a été conçu pour les blessures des tissus mous en général, mais son application rigide à un claquage musculaire pose problème. Le repos strict prolongé retarde la régénération musculaire.
PEACE & LOVE est aujourd’hui préféré : protection courte (1 à 3 jours), puis reprise progressive de la charge et exercices excentriques adaptés.
La glace peut être utilisée pour la douleur dans les premières heures, mais pas de façon systématique.
Après une blessure, faut-il arrêter complètement le sport ?
Non – et c’est l’un des points où les recommandations ont le plus évolué.
Le repos strict n’est recommandé que pendant 1 à 3 jours maximum pour la plupart des blessures des tissus mous. Ensuite, une reprise progressive de l’activité, guidée par la douleur, est non seulement autorisée mais recommandée.
Une activité cardiovasculaire sans douleur (vélo, natation) peut reprendre dès J3 selon PEACE & LOVE.
Que signifie le protocole GREC et quelle différence avec RICE ?
Le protocole GREC – Glace, Repos, Élévation, Compression – est l’équivalent francophone de RICE. Il recouvre exactement les mêmes quatre principes, dans un ordre légèrement différent.
On le retrouve dans certains manuels de premiers secours et de médecine du sport francophones.
Comme RICE, il est aujourd’hui considéré comme dépassé en tant que protocole complet, et PEACE & LOVE lui est préféré dans les recommandations actuelles.
Sources et références
- Dubois B, Esculier JF. Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. British Journal of Sports Medicine. 2020;54(2):72–73. DOI: 10.1136/bjsports-2019-101253
- Mirkin G. Why Ice Delays Recovery. drgabemirkin.com, 2014. (Rétractation publique du protocole RICE par son créateur)
- Bleakley CM, Glasgow P, MacAuley DC. PRICE needs updating, should we call the POLICE? British Journal of Sports Medicine. 2012.
- La Clinique des Coureurs. PEACE & LOVE : nouvel acronyme de traitement des lésions traumatiques.lacliniqueducoureur.com
- IRBMS. Protocole PEACE & LOVE pour les blessures musculaires. irbms.com
- PMC/NIH 2021 : revue de littérature sur l’efficacité du glaçage post-blessure – preuves faibles et incertaines sur la guérison tissulaire
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Préparateur Mental,
Mentor des Sportifs et Sportives Motivés,
Entraineur FFA 1er Niveau.
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Titulaire du tronc commun du BEES.
Titulaire d'une formation de base nutrition certifiée CPD.
Auteur des livres « Le Manuel pour Courir Plus Vite » et « Le Manuel pour Perdre du Poids en Courant »

4 réponses
Salut Jean-Marc,
Merci pour ce protocole RICE. Ton article tombe bien car je me suis fait un peu mal à la cheville.
J’ai quasiment appliquer ce protocole sans vraiment le savoir. La seule chose que je n’ai pas fait, c’est la compression sinon, j’aurai peut-être une cheville en moins. 🙁
Pour le glaçage, je mets une poche de glaçons et hop, cela arrête d’enfler. 🙂
Bonjour Maxence,
Effectivement mettre rapidement de la glace est un bon réflexe qu’il faut acquérir pour se soigner et récupérer plus rapidement…
Ça donne quoi ta cheville ?
A+
Cheville réparé donc nickel. 😉
A très vite.