Entrainement sportif : Interview avec le coach Matthieu Verneret

 
 
 

Entrainement sportif : Introduction

Spécialiste et expert en arts martiaux (karaté), il a durant une longue période connu un haut degré d’exigence avec des sélections en équipe de France. C’est à 6 ans que Matthieu débute la pratique du karaté ou il deviendra plus tard Champion de France et sportif de haut niveau pendant plus de dix ans.
Passionné par l’enseignement, il ouvre son premier club en 2005 ou il forme des centaines d’élèves de tout âges.
Aujourd’hui spécialisé dans le domaine de la forme et du bien-être, Matthieu a développé sa propre méthode de
coaching s’inspirant de disciplines diverses comme le fitness, la méthode Pilates ou encore le tai-chi et la sophrologie.

Nous allons voir ensemble plusieurs aspects de l’entrainement sportif : travail cardiaque, musculation, récupération, alimentation, type de séances à favoriser… Le coach sportif Matthieu Verneret va vous aider à y voir plus clair.
 
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Entrainement sportif : la transcription texte

 

entrainement sportif : présentation du coach sportif Matthieu Verneret

Jean-Marc : Bonjour et bienvenue sur le blog testeurs-outdoor.com/new. Aujourd’hui je reçois Mathieu VERNERET, coach sportif, qui va nous parler de la préparation physique générale pour le coureur à pied. Bonjour Mathieu.

Mathieu VERNERET : Bonjour.

Jean-Marc : Est-ce que tu peux d’abord te présenter pour les auditeurs et lecteurs du blog ?

Mathieu VERNERET :Je suis lyonnais et coach sportif à domicile, en entreprise, et sur le site coachfitness.com qui est un site de coaching sportif en ligne. Mon parcours : je suis à la base pratiquant d’arts martiaux, de karaté précisément depuis plus de 20 ans, discipline dans laquelle j’ai été compétiteur au niveau national et international pendant un temps. Professeur également. Je me suis tourné ensuite vers le coaching sportif avec la dimension bien-être et l’entrainement au quotidien avec la clientèle. Voilà les grandes lignes.

Entraînement sportif : C'est parti avec Matthieu !!!

Entraînement sportif : C’est parti avec Matthieu !!!

 

entrainement sportif : c’est quoi la préparation physique ?

Jean-Marc : D’accord. Donc on va commencer par la préparation physique. Quelle est la définition que tu donnerais à la préparation physique ? C’est quoi pour toi une bonne préparation physique ?

Mathieu VERNERET : La préparation physique c’est un entrainement qui va permettre d’amener à la performance. En fait, c’est un terme qui est surtout utilisé dans le sport de haut niveau. C’est l’entrainement des aptitudes du corps et services d’une performance donnée.

Jean-Marc : D’accord. Et la préparation physique pour le coureur à pied, dans les sports d’endurance en général, ça consiste en quoi au juste ?

Mathieu VERNERET : La préparation physique pour le sportif d’endurance, tout dépend de l’objectif et du niveau du pratiquant. C’est difficile de faire une généralité parce qu’il y a différents types d’approche, mais si on part du principe que le pratiquant recherche la performance, en général quand on parle de préparation physique on parle de performance, si on recherche la performance pas forcément à haut niveau, mais ça peut être aussi la performance à un niveau moyen, dans les sports d’endurance, et en l’occurrence dans la course à pied, la préparation physique va être essentiellement orientée sur l’aspect cardio-vasculaire.

Quand on parle de préparation physique en général, c’est essentiellement l’entrainement cardio-vasculaire et la musculation. Grosso modo, ce sont les 2 grands axes de la préparation physique, et donc en ce qui concerne la course à pied et les sports d’endurance, ça va être essentiellement axé sur l’aspect cardio-vasculaire. Avec le développement de l’endurance, de la capacité aérobie, et le développement aussi de la résistance, de la puissance aérobie selon le type d’effort ciblé. La dimension musculaire existe, comme dans tous les sports.
 

entrainement sportif : et la musculation dans tout ça ?

On fait de la musculation dans tout type de sport, sauf qu’effectivement dans un sport d’endurance la dimension de force n’est pas prépondérante, loin de là, plus l’effort est long, moins on a besoin de puissance musculaire. Un sprinteur va faire beaucoup de musculation pour avoir des muscles très puissants, sur des sports d’endurance longs on va faire effectivement beaucoup moins de musculation.

Entraînement sportif : Le coureur doit il faire de la musculation ?

Entraînement sportif : Le coureur doit il faire de la musculation ?
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Jean-Marc : D’accord. Donc d’après toi, quel est le pourcentage qu’il faudrait avoir pour la préparation physique cardio musculaire ? Et d’un autre côté, préparation on va dire musculation, pour un coureur qui court des distances du semi au marathon.

Mathieu VERNERET : Encore une fois, tout dépend de la dose d’entrainement et du niveau. Je dirais que ce serait un ratio de l’ordre de 80/20 si on recherche encore une fois la performance. La musculation ne va pas aider, ne va pas rendre un sportif plus fort d’un point de vue cardio-vasculaire. Les efforts d’endurance c’est plus une histoire de cœur qu’une histoire de muscles.

La musculation n’agit pas sur le cœur. Elle agit sur les muscles, donc c’est pour ça qu’on va avoir un ratio beaucoup plus sur le cardio-vasculaire. Néanmoins, on a toujours un travail de musculation qui est présent, mais qui est essentiellement basé sur la prophylaxie et sur le renforcement musculaire, le rééquilibrage musculaire… Tous ces aspects-là.

Jean-Marc : D’accord. Et donc justement, comme on en arrive au travail musculaire, pour le coureur à pied, quels vont être les différentes formes de travail au niveau travail musculaire ?

Mathieu VERNERET : L’idée ça va être d’aider les muscles à être plus endurants. Ça va être basé sur de l’endurance constante, sur de l’endurance musculaire, c’est-à-dire des séries très longues avec des charges relativement légères. Un coureur à pied va effectivement développer énormément ses fibres lentes, des fibres qui sont surtout utilisées dans des efforts longs. On va effectuer de l’endurance musculaire.

Là ça va être un travail de musculation qui va aider à avoir une musculature plus endurante, plus résistante, mais encore une fois les impacts sur la performance et sur un semi ou un marathon, c’est rarement un problème musculaire. Dans les efforts, on a ce qu’on appelle les facteurs limitants, et dans un effort long, dans un semi ou dans un marathon, les facteurs limitants sont toujours d’ordre cardio-vasculaire ou métabolique, mais très rarement musculaire.

Entrainement sportif : et hop une petite série de squats !

Entrainement sportif : et hop une petite série de squats !
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entrainement sportif : comment s’organiser ses séances ?

Jean-Marc : Comment on doit articuler du coup cette préparation physique et ces entrainements en vue d’un marathon ou d’un semi, comment on pourrait rajouter du travail musculaire, toujours dans un souci de s’améliorer ?

Mathieu VERNERET : Effectivement, il y a des cycles de préparation physique vraiment orientés sur la préparation cardio-vasculaire qui sont menés par des préparateurs qui sont spécialistes dans la préparation des efforts longs. Néanmoins, la musculation est toujours présente même si elle impacte peu sur la performance, et on doit, je pense, toujours maintenir un travail musculaire qui a pour but surtout de prévenir les blessures plutôt que de chercher la performance.

La prophylaxie, la prévention des blessures, selon moi, dans les sports où la musculation n’impacte pas directement sur la performance, sur la force, contrairement à d’autres sports comme l’haltérophilie ou le sprint, la musculation a un rôle de prévention, notamment au niveau du dos par exemple, c’est-à-dire qu’un coureur c’est quelqu’un qui va développer, qui va renforcer énormément ses muscles au niveau inférieur, qui peut éventuellement à terme développer une faiblesse au niveau des lombaires ou des épaules, et donc la musculation va permettre de corriger un petit peu et de rééquilibrer la musculature pour prévenir les maux au niveau articulaire.

Attention à la blessure !

Attention à la blessure !

On parle de rééquilibrage musculaire. C’est comme un tennisman qui est droitier, on va faire un travail sur l’épaule gauche pour rééquilibrer un peu sa musculature et éviter d’avoir des pathologies au niveau vertébral.

Jean-Marc : Et du coup, quels sont les types d’exercices qu’on va retrouver par exemple pour travailler le dos, pour faire des gainages abdos pour justement éviter une blessure ?

Mathieu VERNERET : J’insisterais plus sur la notion de méthode plus que sur la notion d’exercice parce que les exercices on les connait. Il faut différencier le travail en salle sur les machines qui offrent énormément de possibilités et le travail qu’on peut faire chez soi ou en extérieur, c’est-à-dire tout ce qui est à base de poids de corps et de mouvements corporels.

Donc qu’on soit en salle avec toutes les machines qui permettent de solliciter tous les muscles du membre inférieur ou alors avec les exercices classiques qu’on connait comme les fentes, les squats qui permettent de faire travailler les muscles sans matériel. L’idée, ça va être toujours encore une fois de faire des séries longues, c’est-à-dire sans forcément des grosses charges additionnelles.
 

entraînement sportif : l’intervalle training

Jean-Marc : Que penses-tu des exercices ou des séries d’intervalles training qui mélangent à la fois le travail cardio et le travail musculaire ? Est-ce que cela peut être utile pour le coureur à pied ?

Mathieu VERNERET : D’une manière générale, dans le développement de l’endurance ou de la puissance aérobie, le travail fractionné prime toujours sur le travail continu. Parce qu’on a beaucoup plus de résultats en fractionnant un effort plutôt qu’en faisant du travail continu, c’est-à-dire que même quelqu’un qui prépare un marathon aura beaucoup plus d’impact et d’effet en travaillant sur des séances de course fractionnées plutôt que de faire systématiquement du continu.

Après, ce qu’on appelle l’intervalle training ou l’entrainement, la préparation physique intégrée où on va mélanger le travail cardio et de la musculation, ça peut être intéressant pour le développement de la puissance aérobie ou de la capacité lactique, je dirais que ça serait plus intéressant sur la notion lactique, sur de la puissance aérobie. Les exercices de musculation ne sollicitent pas suffisamment le cœur pour avoir vraiment une réponse significative au niveau cardiaque.

Donc je dirais d’un point de vue vraiment de la performance et du développement cardio-vasculaire pour moi ce n’est pas ce qu’il y a de plus efficace ni le plus utile. Si on cherche à développer la capacité lactique, ça peut être très intéressant.

Encore une fois, je pense que c’est un moyen de varier l’entrainement, de varier les plaisirs et de faire de la musculation plutôt qu’un moyen encore une fois de développer les capacités cardiaques. Donc je dirais que c’est très bien, mais pas forcément dans le but d’augmenter ses capacités cardiaques.

Jean-Marc : D’accord. Et du coup, ces exercices de préparation physique, on doit les placer quand dans une saison ? En début de saison, toute la saison, où il y a des périodes précises où il vaut mieux intensifier la préparation physique sur des groupes musculaires ?
 

entraînement sportif : le moment idéal pour les placer

Mathieu VERNERET : Tout sportif qui fait de la compétition et qui souhaite arriver à la performance doit avoir une planification d’entrainement sur une saison dans laquelle il va planifier des cycles d’entrainement. Pour un coureur à pied qui cherche la performance dans des épreuves de fond, ça va être essentiellement comme on a dit accès sur du travail de course.

Du travail de course sur route, sur piste, avec des séances, des objectifs, l’endurance fondamentale, la capacité aérobie, la puissance aérobie, et on va greffer à ça tout le travail de musculation et de renforcement musculaire. Étant donné que dans notre cadre là ça représente plus un travail d’entretien et un travail de prévention, je pense qu’il doit être présent tout au long de la saison, étant donné qu’il n’a pas généré une fatigue importante.

Faire des montées et des descentes d'escaliers est un bon moyen de se muscler les cuisses naturellement... © dejangasparin - Fotolia.com

Faire des montées et des descentes d’escaliers est un bon moyen de se muscler les cuisses naturellement…
© dejangasparin – Fotolia.com

Un cycle de travail de force par exemple, en musculation pour les sports de force comme le sprint, on va effectivement être beaucoup plus vigilants sur le moment dans la saison où on va placer les cycles de force compte tenu du risque de blessure et de la fatigue engendrée. Dans la pratique de musculation qui selon moi doit être appréhendée dans les efforts longs, cette musculation-là qui est une musculation de prévention doit être présente toute l’année.

Jean-Marc : Elle est présente toute l’année. On imagine maintenant qu’on se retrouve dans la semaine pour la planifier ces entrainements quotidiens. Est-ce qu’on la place juste après un entrainement en endurance d’une heure ou d’une heure et demie en course à pied ou est-ce que vraiment on crée une séance spécifiquement pour cette préparation physique pour la prévention ?

Mathieu VERNERET : Je pense que les deux sont possibles. L’idéal, c’est quand même de dissocier ce travail-là et de consacrer une heure ou une heure et demie par exemple à la musculation. On va pouvoir grâce à ça répéter les séries, pouvoir travailler sur des muscles frais.

Je dirais qu’effectuer la série de squats après une séance de cardio relève plus de l’amateurisme. La musculation en général fait l’objet d’entrainement et de séances vraiment dissociées et dans lesquelles on va pendant une heure cibler le travail musculaire d’une manière beaucoup plus pertinente et beaucoup plus ciblée.

Jean-Marc : D’ailleurs tu soulèves un point intéressant, tu dis que ça relève de l’amateurisme l’enchainement entre courses d’endurance et l’entrainement musculaire. Je connais, je l’ai même pratiqué, par exemple faire du squat avant la séance pour être en pré fatigue et pour aller courir une petite heure après, donc je suis dans le faux quand je fais ça ?

Mathieu VERNERET : Encore une fois, je ne suis pas un spécialiste de course à pied. Quand je disais ça, c’est qu’en général, l’amateur n’a pas suffisamment de temps pour s’entrainer.

C’est une problématique en général du sportif. Donc l’amateur qui a un travail, qui a une famille, des enfants, qui a des priorités que son entrainement, en général faute de temps, va réduire la préparation physique ou la musculation à une petite série avant ou après. Ça ne rend pas la chose dangereuse ou mauvaise pour autant. Je ne pense pas que faire une série de squats ce soit mauvais au contraire, ça permet d’échauffer les muscles. Faire des squats avant la course à pied, pour moi c’est tout à fait cohérent dans le sens où ça permet de s’échauffer.

Maintenant, faire une séance de squats intense avec des charges avant une course, c’est autre chose. Je ne pense pas que ce soit mauvais de pratiquer la musculation avant et après l’effort si on n’a pas suffisamment de temps pour consacrer des séances à la musculation, je pense qu’il vaut mieux faire ça que rien.

Donc ce n’est pas du tout mauvais même si c’est effectivement dû à une faute de temps.

Jean-Marc : On va prendre le cas où le sportif a le temps. Il fait sa séance de musculation à part. Du coup, comment il doit organiser la durée de son échauffement ? Combien de temps il doit consacrer à cette séance musculaire ? Qu’elles sont les activités, quel est le groupe musculaire sur lequel il doit agir ?

Mathieu VERNERET : Encore une fois, on pourrait apporter des réponses différentes selon le niveau, les ambitions et les objectifs de l’athlète ou du sportif amateur.

C’est difficile de faire une réponse globale, mais si on part du principe qu’on parle d’un sportif de bon niveau qui a relativement suffisamment de temps pour s’entrainer, sur une séance de musculation pour un coureur à pied, pour donner un exemple type de séance qui pourrait convenir ce serait une séance d’une heure dans laquelle on fait un échauffement de 10-15 minutes suivi d’exercices de musculation.

On peut travailler l’ensemble du corps dans une même séance. On peut aussi faire une séance axée uniquement sur les jambes et d’une deuxième séance consacrée au haut.

L’essentiel, ça va être quand même de travailler l’ensemble du corps sachant que les méthodes qu’on va travailler ne sont pas des méthodes qui vont développer la masse musculaire parce que l’objectif du coureur de fond c’est en aucun cas de développer sa masse musculaire, mais c’est simplement de renforcer, d’équilibrer ses segments articulaires et d’avoir un dos solide, d’avoir des articulations bien maintenues.

On va faire un travail aussi de proprioception pour développer sa sensibilité proprioceptive qui permettra de prévenir les entorses surtout sur des terrains accidentés en extérieur. Donc je dirais qu’on doit travailler vraiment dans la globalité sur des séances d’une heure une à deux fois par semaine, voire trois fois par semaine dans le cas d’un sportif de haut niveau.

Après, si vous regardez l’entrainement des pros, si on regarde l’entrainement des athlètes de très très haut niveau dans les courses de fond, je ne suis pas sûr qu’ils fassent beaucoup de musculation. —- j’avais vu un reportage sur son entrainement au Maroc, il n’a pas de musculation. C’était plutôt sur piste.

Encore une fois, c’est un dogme. C’est-à-dire qu’aujourd’hui on a tellement d’informations, on nous fait croire que quand on est athlète on doit forcément faire de la musculation. C’est un peu une espèce d’idée reçue chez tous les sportifs. C’est-à-dire qu’on ne peut pas être sportif de haut niveau si on ne fait pas de musculation. Sauf qu’on se rend compte que ce n’est pas du tout le reflet de la réalité. Il y a énormément de sports où à très très haut niveau on ne fait pas de musculation ou on en fait très très peu. Il ne faut pas être dans l’idée reçue. La musculation ce n’est pas du tout le facteur premier de performance dans de nombreux sports.

Jean-Marc : D’accord. On va dire si la musculation n’est pas prépondérante c’est vrai pour la course à pied. Elle permet un travail de prévention des blessures.

Mathieu VERNERET : Tout à fait.
 

entraînement sportif : perdre du poids en faisant du sport

Jean-Marc : Donc on se doit de l’utiliser. Est-ce que par exemple le travail de gainage abdos… peut se faire dans un objectif de perte de poids ? J’ai souvent cette question qui revient parmi les lecteurs qui voudraient se mettre à la musculation, mais qui se demandent si cela peut être utile pour la perte de poids ou pas.

Mathieu VERNERET : La musculation permet très difficilement d’agir sur la perte de poids. Pareil, c’est encore plein d’idées reçues, certains pensent qu’en faisant des abdos on va brûler la graisse qui est au niveau du ventre. Absolument pas.

Agir sur les graisses en faisant de la musculation c’est extrêmement difficile. Ça nécessiterait de faire des séances très longues avec des séries très longues. Quelqu’un qui veut perdre du poids, ça veut dire brûler ses graisses, il va difficilement réaliser cet objectif avec la musculation. Il vaut mieux s’orienter vers des efforts cardio-vasculaires.

Un coureur de fond va brûler ses graisses en courant. S’il veut brûler davantage de graisses, il va devoir courir plus ou alors on en arrive inévitablement dans une discussion comme celle-là, et dans la problématique de haut niveau ou du sportif, qu’il soit amateur ou professionnel, à la place de l’alimentation, qui est dans le cadre de la perte de poids qui est absolument prépondérant.

Le sport fait il vraiment maigrir ? © Voyagerix - Fotolia.com

Le sport fait il vraiment maigrir ?
© Voyagerix – Fotolia.com

Et je dirais même dans la préparation physique, j’en profite pour dire que la place de l’alimentation dans la prévention des blessures ou dans la performance est absolument indéniable. Mais c’est un autre sujet.

Jean-Marc : Donc du coup, pour cela, pour la perte de poids, pour éliminer du gras, il vaut mieux s’orienter sur une préparation nutritive, faire plus attention à sa nutrition.

Mathieu VERNERET : Exactement. On va maigrir beaucoup plus en ayant une alimentation adaptée qu’en faisant des abdos. Les abdos on les fait pour avoir une sangle abdominale forte, mais ça s’arrête là.
 

entraînement sportif : et la récupération du sportif ?

Jean-Marc : Je reviens aux exercices de musculation, de préparation physique, par rapport à la récupération. Est-ce que le stretching est toujours d’actualité ? Il y a beaucoup de littérature qui dit que les étirements ne sont pas optimums pour récupérer. On voit de plus en plus de récupération par électro stimulation, par glaçage, par compression… Quel est ton avis là-dessus ?

Mathieu VERNERET : On arrive sur une autre grande problématique. Finalement on aborde un peu toutes les grandes problématiques de la performance. La récupération effectivement c’est quelque chose d’extrêmement important, surtout dans des sports d’endurance qui épuisent l’organisme. La place de la récupération est vraiment très importante et ne doit surtout pas être négligée. Le stretching bien sûr a sa place tout le temps, dans n’importe quelle pratique sportive, mais effectivement pas forcément dans la récupération. Il y a différents types de récupération.

Il y a la récupération musculaire en termes de relâchement, il y a ce que l’on appelle le décrassage qui permet d’évacuer les déchets métaboliques et toutes les toxines. Donc après une grosse séance où on va arriver complètement acidifié… c’est peut être effectivement plus judicieux de poursuivre par 10 minutes de vélo très lentement ou par un tout petit footing pour justement drainer, évacuer tous les déchets musculaires, ce sera certainement beaucoup plus efficace qu’une séance de stretching qui permet de relâcher les muscles, mais qui agit beaucoup moins sur cette notion d’élimination des déchets. Le stretching pour le coureur de fond, je dirais qu’il est nécessaire malgré tout pour décontracter les muscles qui peuvent être contractés et durs après une séance.

Il y a différents types d’étirements. On a des étirements de récupération, des étirements qu’on fait avant un effort pour s’échauffer, des étirements qu’on fait après un effort pour décontracter, et des étirements qu’on fait de manière dissociée des efforts pour augmenter la souplesse. Un coureur de fond n’a pas besoin d’augmenter sa souplesse. Il va plus être concerné par le stretching d’échauffement et par le stretching de récupération même si effectivement comme on l’a dit la meilleure solution.

Jean-Marc : Tu as dit un mot qui m’a beaucoup intéressé, c’est le décrassage. On le voit par exemple lorsqu’on a fait le marathon, un gros travail de 40-50 km. Il y en a qui conseillent de faire du décrassage le lendemain sous forme de vélo ou de course à pied. Est-ce vraiment utile ou pas ?

Mathieu VERNERET : Oui. Je pense que c’est utilisé dans toutes les équipes de sport de haut niveau. C’est devenu même un rituel social le fameux décrassage.

La règle d’un point de vue scientifique, c’est soit 10 minutes après l’effort ou alors le lendemain. Le décrassage c’est un effort aérobie très faible avec une oxygénation importante qui va permettre l’élimination de tous les déchets métaboliques. Après, il faudrait voir les études actuelles. Jusqu’à maintenant le décrassage est fortement recommandé suite à des efforts très toxiques et très acidifiants.

Jean-Marc : Le décrassage va s’effectuer on va dire le lendemain, mais je vois, si je fais un gros travail le lendemain, je marche en canard, j’ai mal aux jambes. Je m’imagine mal faire, du vélo oui, mais par exemple faire 10 minutes de course à pied ça me parait compliqué. Il y a une durée de temps pour ce décrassage ou pas ? Est-ce qu’il faut courir minimum 10 minutes ou quelque chose comme ça ?

Mathieu VERNERET : C’est normal d’avoir des courbatures. Le décrassage justement est fait avec des courbatures. C’est-à-dire que les footballeurs le lendemain d’un énorme match, les premières courbatures vont commencer à apparaitre. Donc le décrassage c’est un effort qui est fait avec des courbatures, avec une fatigue importante, donc c’est-à-dire que c’est un effort qui est très très léger, sans forcer.

C’est beaucoup moins fatigant de se décrasser normalement. Il ne faut pas qu’il devienne un entrainement. C’est souvent une erreur. On voit souvent des gens qui sortent d’une demi-heure de course complètement essoufflés et qui disent qu’ils ont fait un décrassage. Ils n’ont absolument pas fait un décrassage, ils ont fait un entrainement. Lors d’un décrassage, on n’est absolument pas fatigué, on peut même discuter, on va tout doucement.

C’est vraiment un objectif de récupération. Donc entre 10 et 20 minutes. Inutile de faire plus. Et si on a des courbatures trop importantes, c’est-à-dire vraiment des muscles importants, à ce moment-là, je ne pense pas qu’on puisse recourir dessus parce que là on risque de léser encore plus les muscles. Je dirais que le décrassage doit être effectué dans 80 % des cas, et dans les 20 % des cas où on est complètement atteints musculairement et se passer du décrassage ce n’est pas dramatique.

Jean-Marc : Est-ce qu’on peut l’associer avec du glaçage ou de l’électro stimulation ? Est-ce utile de glacer les muscles après l’effort ?

Mathieu VERNERET : Les trois méthodes ont le même objectif qui est d’évacuer les toxines. L’électro stimulation c’est un décrassage, c’est-à-dire qu’on va contracter les muscles modérément pour justement drainer. Associer les deux ça n’a pas d’intérêt.

Soit on fait un décrassage, soit on fait une séance d’électro stimulation. Faire les deux ça me parait beaucoup trop important et inutile surtout. Le glaçage va permettre d’agir sur les tissus et sur les vaisseaux sanguins et de faciliter encore une fois l’évacuation des déchets. Tout ça, c’est des méthodes qui peuvent être utilisées et qui ont la même visée.

Jean-Marc : D’accord. Il faut choisir, soit on fait un décrassage actif, soit on fait un décrassage passif.

Mathieu VERNERET : Oui on peut dire ça. Et justement, ça nous permet en fonction de notre fatigue, quand tu disais tout à l’heure que tu te levais le lendemain avec d’énormes courbatures aux jambes, dans ce cadre-là, on peut plus privilégier un glaçage ou une électro stimulation qu’un footing. Si on se lève relativement frais, à ce moment-là on va faire le footing qui reste quand même le plus efficace.

Jean-Marc : D’accord. Au tout début de l’interview, tu nous as parlé de ton site internet où tu donnes du coaching à distance. Peux-tu nous en dire plus ? Comment cela fonctionne-t-il ? Comment ça marche ?

Mathieu VERNERET : Coachfitness.com c’est un service vidéo de coaching sportif en ligne. C’est un site de fitness sur lequel on retrouve des centaines d’exercices en vidéo, orientés sur la tonification musculaire, le renforcement musculaire de tous les groupes musculaires. On retrouve tous les exercices possibles et imaginables pour travailler tous les muscles, mais ce n’est pas du bodybuilding, on est sur du fitness, c’est-à-dire que ça va être des séries plutôt longues pour se tonifier.

Ce n’est pas un site de bodybuilding. Il y a aussi des vidéos de cardio-training orientées fitness, genre tout ce qui est un petit peu cardio, body attack, cardio combat, du stretching… du travail de proprioception, du travail d’équilibre et de la relaxation. On a vraiment une vidéothèque très complète d’exercices de remise en forme.

Et sur le site on va pouvoir visionner des séances ou alors, ce qui est l’avantage du site, se créer soi-même ses propres séances d’entrainement en sélectionnant ses exercices et en constituant sa propre séance d’entrainement personnalisé qu’on va pouvoir enregistrer et on va pouvoir se constituer des dizaines ou des centaines de séances. En somme, c’est un principe qui permet de s’entrainer chez soi, de manière autonome et personnalisée.

Jean-Marc : Donc cela peut être utile pour les sportifs d’endurance au niveau du gainage, du stretching, de la proprioception… ça peut être un travail utile pour le coureur à pied.

Retrouvez Matthieu, coach sportif sur son site

Retrouvez Matthieu, coach sportif sur son site

Mathieu VERNERET : Tout à l’heure je n’avais même pas du tout pensé à mon site, mais effectivement, le travail musculaire que j’ai recommandé dans le cadre d’un coureur de fond, c’est le type d’exercices qu’on va retrouver sur mon site, c’est-à-dire des exercices de prévention, de renforcement, des exercices qui ne font pas développer de la masse musculaire, donc plutôt qui renforce, qui rééquilibre, donc effectivement tous ces exercices que l’on trouve sur mon site pour les coureurs de fond et les sportifs d’endurance, c’est vraiment adapté. Ça ne le sera pas du tout pour un sportif qui recherche la force par exemple.

Jean-Marc : L’interview touche à sa fin. Je te remercie Mathieu. Je te laisse dire le petit mot de la fin.

Mathieu VERNERET : Merci de m’avoir accordé cette interview. Je passe le bonjour à tous les passionnés de course à pied qui consultent ton blog qui est d’ailleurs très fourni. Et je passe des salutations sportives à tous les auditeurs, tous les blogueurs d’internet, continuez à vous renseigner, continuez à vous entraîner, à faire avancer les choses et à casser les idées reçues quand c’est nécessaire.

Jean-Marc : Je te remercie Mathieu. Au revoir.

Mathieu VERNERET : Au revoir.

Vous pourrez ici retrouver notre coach sportif en ligne Matthieu Verneret .

Et vous, quel est votre entrainement sportif ? Est il programmé, organisé semaines après semaines, ou bien laissez vous une grande place au feeling ?

Dites moi également dans les commentaires si vous avez recours à un coach (club ou privé) pour programmer votre entrainement sportif.

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About the Author Jean Marc

Coureur et trailer avec une expérience de plus 25 ans d'expérience. Entraineur FFA 1er niveau et Triathlon BF5. TC du BEES. Formation de base nutrition certifiée CPD. Nous souhaitons vous aider à progresser en course à pied, à franchir un cap et à ressentir les bienfaits de cette pratique sportive.

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