J’ai commencé à courir sérieusement il y a plus de 25 ans. Et comme beaucoup de débutants trop enthousiastes, j’ai rapidement fait les erreurs classiques : volume trop élevé, progression trop rapide, récupération bâclée.
Résultat ? Des tendinites au tendon d’Achille à répétition. C’est dans ce contexte que j’ai découvert le protocole de Stanish – et je l’ai pratiqué à de nombreuses reprises, d’abord pour soigner, ensuite pour renforcer ce point faible chronique.
Mon verdict terrain, direct : c’est l’exercice le plus simple à maîtriser que je connaisse pour ce type de blessure. Pas besoin de salle de sport, pas d’équipement particulier. Une marche d’escalier suffit. Et ça marche – à condition de respecter la progression et de ne pas brûler les étapes.
Aujourd’hui, sur les conseils de mon ostéopathe, j’ai évolué vers la partie excentrique pure du protocole en prévention. Une évolution qui, comme tu vas le voir, rejoint exactement ce que la science recommande en 2026.
- Qu’est-ce que le protocole de Stanish ?
- Comment fonctionne le travail excentrique du tendon d’Achille ?
- Protocole de Stanish : les exercices étape par étape
- Programme de Stanish sur 12 semaines : la progression semaine après semaine
- Protocole de Stanish et douleur : jusqu’où peut-on aller ?
- Stanish, Alfredson ou HSRT : quel protocole choisir ?
- Comment adapter le protocole de Stanish à ton profil ?
- Protocole de Stanish : efficacité, preuves scientifiques et limites
- Questions fréquentes sur le protocole de Stanish
- Combien de fois par jour faire le protocole de Stanish ?
- Peut-on continuer à courir pendant le protocole ?
- Stanish ou Alfredson : lequel est le plus efficace ?
- Combien de temps dure le protocole de Stanish ?
- La douleur pendant les exercices est-elle normale ?
- Le protocole de Stanish fonctionne-t-il pour le genou ?
- Sources scientifiques et recommandations utilisées
Qu’est-ce que le protocole de Stanish ?
Origine du protocole de Stanish : une nouvelle approche de la rééducation tendineuse
Le protocole de Stanish tire son nom du Dr William Stanish, chirurgien orthopédiste canadien qui l’a formalisé dans les années 1980 avec ses collègues Curwin et Clement.
À l’époque, la pensée dominante était simple : tendon douloureux = repos complet. Stanish a renversé cette logique.
Son idée centrale ? Le tendon a besoin de charge pour guérir. Pas de repos passif, mais un travail actif et progressif. Ce changement de paradigme a posé les bases de toute la rééducation tendineuse moderne.
La méthode de Stanish est publiée en 1984 dans le livre Tendinitis: Its Etiology and Treatment. Elle est depuis largement reprise dans la littérature kinésithérapique internationale.
Comment fonctionne le travail excentrique du tendon d’Achille ?
Le cœur de la méthode Stanish, c’est la contraction excentrique : le muscle se contracte tout en s’allongeant. Concrètement, c’est la phase de descente quand tu baisses ton talon sous le niveau d’une marche.
Pourquoi ça fonctionne ? Plusieurs mécanismes sont à l’œuvre :
- Stimulation de la synthèse de collagène : la charge mécanique envoie un signal aux ténocytes (cellules du tendon) pour produire de nouvelles fibres.
- Réalignement des fibres tendineuses : les fibres désorganisées par la tendinopathie se réorientent progressivement dans l’axe de traction.
- Amélioration de la vascularisation : la charge active la microcirculation locale, accélérant les échanges nutritifs.
- Désensibilisation neurologique : l’exposition progressive à la douleur modérée réduit la sensibilité du tendon sur le long terme.
C’est cette combinaison qui fait de l’exercice excentrique un outil thérapeutique, pas juste un renforcement musculaire classique.

Pour quelles tendinopathies utiliser le protocole de Stanish ?
Le protocole de Stanish a été conçu initialement pour la tendinite du tendon d’Achille midportion – c’est-à-dire la douleur localisée au milieu du tendon, à 2–6 cm au-dessus de l’insertion calcanéenne. C’est la forme la plus fréquente chez les coureurs.
Il est aussi utilisé, avec des adaptations, pour :
- Le protocole Stanish mollet : renforcement du triceps sural dans les blessures au mollet sans atteinte tendineuse franche.
- Le protocole de Stanish genou : adapté à la tendinopathie rotulienne (tendon rotulien), avec un travail en déclive sur plan incliné.
- Les tendinopathies d’insertion (insertion calcanéenne) – mais avec plus de précautions, car la charge en étirement extrême peut aggraver ce type.
Attention : en cas de douleur à l’insertion du talon, consulte un professionnel de santé avant de démarrer. Le protocole standard peut être contre-productif dans ce cas précis.
Protocole de Stanish : les exercices étape par étape
Matériel nécessaire et position de départ
L’un des grands avantages de la méthode de Stanish : tu n’as besoin de rien de spécial. Une marche d’escalier, un trottoir surélevé, ou une planche inclinée suffisent.
L’essentiel, c’est de pouvoir laisser ton talon descendre sous le niveau de l’appui.
Position de départ :
- Debout sur le bord d’une marche, avant-pied en appui, talon dans le vide.
- Mains légèrement posées sur une rambarde ou un mur pour l’équilibre – pas pour te soutenir.
- Genou tendu pour cibler le gastrocnémien (chef principal du mollet), ou légèrement fléchi pour cibler le soléaire.
- Dos droit, regard horizontal.
Étape 1 : travail lent au poids du corps
On commence en bipodal, les deux pieds sur la marche. Le mouvement se décompose ainsi :
- Monte sur la pointe des pieds (phase concentrique, à deux jambes).
- Transfère le poids sur le pied blessé.
- Descends lentement avec ce seul pied, talon sous le niveau de la marche (phase excentrique, 3 à 4 secondes de descente).
- Remonte à deux jambes pour recommencer.
3 séries de 10 répétitions, vitesse lente. La douleur peut apparaître – c’est normal et attendu. Si elle reste ≤ 5/10, tu continues.
Encadre chaque séance par :
- Avant : 5 étirements du triceps sural, 20 secondes chacun, genou tendu puis fléchi.
- Après : 5 étirements identiques + glaçage 10–15 minutes (selon les principes du protocole RICE).

Étape 2 : augmenter progressivement la vitesse d’exécution
Même exercice, mais on accélère progressivement la phase excentrique. L’objectif est de passer d’une descente lente (3–4 sec) à une descente à vitesse moyenne (1–2 sec), puis rapide (moins d’1 sec).
Cette progression de vitesse est une spécificité du stanish exercice par rapport à Alfredson, qui maintient une vitesse lente tout au long.
L’augmentation de vitesse augmente la charge mécanique sur le tendon de façon différente – plus proche des contraintes réelles de la course.
À ce stade, on passe aussi en unipodal : montée ET descente sur la jambe blessée uniquement. Si c’est trop difficile, reste en bipodal pour la montée et unipodal pour la descente.
Mon expérience : C’est à cette étape que j’ai souvent voulu aller trop vite. La tentation de progresser rapidement est forte quand la douleur diminue. Erreur. Le tendon met du temps à s’adapter structurellement – bien plus longtemps que la douleur ne disparaît. J’ai appris à la dure que la disparition de la douleur n’est pas un signal de guérison complète.
Étape 3 : ajouter progressivement une charge externe
Une fois que tu tolères le travail unipodal à vitesse rapide sans douleur > 5/10, on ajoute de la charge externe :
- Sac à dos avec quelques kilos (commencer par 5 kg).
- Gilet lesté.
- Haltère tenu dans la main côté blessé.
La progression : +2 à 5 kg toutes les 1–2 semaines, selon la tolérance. On ne monte en charge que si la séance précédente n’a pas provoqué de réaction douloureuse le lendemain matin.
Cette phase rapproche le protocole de Stanish du HSRT (Heavy Slow Resistance Training), avec des charges plus lourdes et des mouvements plus lents.
Combien de fois par jour faire le protocole Stanish ?
La question revient souvent : protocole de Stanish combien de fois par jour ?
La réponse originale de Stanish : une fois par jour, après chaque entraînement sportif.
C’est ce qui le distingue d’Alfredson (2 fois par jour) et du HSRT (3 fois par semaine).
Le volume standard :
- 3 séries × 10 répétitions par séance.
- Repos de 60 à 90 secondes entre les séries.
- Durée totale de la séance : 15 à 20 minutes avec les étirements.
Si tu ne t’entraînes pas ce jour-là, fais quand même ta séance Stanish. La régularité prime sur tout le reste.
Programme de Stanish sur 12 semaines : la progression semaine après semaine
Les programmes de mise en charge du tendon d’Achille étudiés dans la littérature s’étendent fréquemment sur 12 semaines.
Cette durée constitue un repère utile, mais pas une règle absolue : certaines personnes progressent plus rapidement, tandis que d’autres ont besoin de plusieurs mois avant de retrouver toutes leurs capacités.
Le programme présenté ci-dessous est une adaptation pratique inspirée du protocole original de Stanish et des principes actuels de mise en charge progressive.
Les délais, la vitesse d’exécution et les charges doivent être ajustés selon la douleur, la réaction du tendon le lendemain et les capacités de chaque personne.
Phase 1 (semaines 1–3) : mise en charge initiale du tendon
Objectif : réactiver le tendon, établir la tolérance à la charge.
|
Semaine |
Modalité |
Vitesse |
Charge |
|---|---|---|---|
|
1 |
Bipodal |
Lente |
Poids de corps |
|
2 |
Bipodal → unipodal |
Lente |
Poids de corps |
|
3 |
Unipodal |
Lente à moyenne |
Poids de corps |
- La douleur pendant l’exercice est attendue et acceptable jusqu’à 5/10.
- Si la douleur est > 5/10 ou persiste le lendemain matin, reste à l’étape précédente.
- Continue à courir si tu es coureur, mais réduis le volume de 30–40 % et évite les surfaces dures.
La patience durant cette phase initiale détermine la qualité de la cicatrisation finale du tendon.

Phase 2 (semaines 4–8) : augmentation progressive de la charge
Objectif : augmenter la capacité de charge du tendon, réintroduire les contraintes sportives.
|
Semaine |
Modalité |
Vitesse |
Charge |
|---|---|---|---|
|
4–5 |
Unipodal |
Moyenne à rapide |
Poids de corps |
|
6–7 |
Unipodal |
Rapide |
+5 à 10 kg |
|
8 |
Unipodal |
Variable |
+10 à 15 kg |
- À partir de la semaine 6, réintroduis progressivement les séances de course : fractions courtes sur sol souple, sans accélération.
- Intègre des exercices fonctionnels : sauts amortis, changements de direction légers.
- Le score VISA-A (questionnaire validé sur la fonction du tendon d’Achille) devrait progresser de façon mesurable à ce stade.
Phase 3 (semaines 9–12) : reprise progressive de l’entraînement
Objectif : retour au sport sans restriction, consolidation des gains.
- Maintiens le protocole de Stanish 3 fois par semaine (au lieu de quotidien) avec charges lourdes.
- Reprends progressivement le volume de course : +10 % par semaine maximum.
- Réintroduis les séances de qualité (fractions, côtes) seulement en semaine 10–11 si la douleur est ≤ 2/10.
- En fin de programme, évalue l’évolution de la douleur, de la raideur matinale, de la force du mollet et de la tolérance aux contraintes sportives. Le VISA-A peut compléter cette évaluation, mais aucun score isolé ne permet d’autoriser automatiquement une reprise complète.
Règle d’or : si une semaine provoque une réaction (douleur matinale > 3/10, gonflement), recule d’une semaine. Pas de honte – c’est de la gestion intelligente, pas un échec.
Protocole de Stanish et douleur : jusqu’où peut-on aller ?
Faut-il arrêter les exercices dès que le tendon fait mal ?
Pendant longtemps, la règle était simple : si ça fait mal, on arrête. Ce modèle « no pain » a dominé la rééducation jusqu’aux années 2000. Résultat ? Des protocoles trop prudents, des tendons sous-stimulés, et des rechutes fréquentes.
Le protocole de Stanish a été l’un des premiers à remettre en question ce dogme – en autorisant explicitement une douleur modérée pendant les exercices.
La douleur comme indicateur de tolérance à la charge
Les connaissances actuelles montrent que la douleur tendineuse n’est pas toujours synonyme de lésion supplémentaire. Une douleur légère à modérée peut donc être tolérée pendant les exercices chez certaines personnes.
Elle ne doit toutefois pas être systématiquement recherchée. L’absence de douleur ne signifie pas que l’exercice est inefficace et sa présence ne prouve pas non plus que le tendon reçoit la bonne dose de travail.
Le principal indicateur reste la réaction du tendon après la séance et le lendemain matin. Si la douleur ou la raideur augmente nettement et ne revient pas à son niveau habituel, la charge, la vitesse ou le nombre de répétitions doivent être réduits.
Les recommandations APTA/JOSPT 2024 encouragent une mise en charge progressive, réalisée à une intensité aussi élevée que tolérée. Cette tolérance doit être évaluée individuellement plutôt qu’à partir d’un seuil identique pour tout le monde.
Douleur pendant les exercices : comment utiliser l’échelle EVA ?
La règle pratique, simple et validée cliniquement :
- Douleur ≤ 5/10 pendant l’exercice → on continue, c’est dans la zone thérapeutique.
- Douleur entre 5 et 7/10 → on réduit la charge ou la vitesse, mais on ne stoppe pas.
- Douleur > 7/10 → on arrête la séance et on réévalue.
- Douleur matinale le lendemain > 3/10 → on recule d’une étape dans la progression.
L’EVA (Échelle Visuelle Analogique) est ton outil de pilotage quotidien. Note ta douleur avant, pendant et après chaque séance.
C’est ce journal qui te permet d’ajuster intelligemment – et d’éviter le piège du « ça va mieux, j’accélère ».

Stanish, Alfredson ou HSRT : quel protocole choisir ?
Protocole d’Alfredson : principe, avantages et limites
Le protocole Alfredson (1998) est le concurrent direct de Stanish. Même principe excentrique, mais avec des différences importantes :
- 2 fois par jour (matin et soir), 7 jours sur 7.
- Vitesse constante et lente tout au long du protocole.
- Douleur explicitement recherchée : Alfredson demandait à ses patients de s’arrêter seulement si la douleur devenait invalidante.
- Durée : 12 semaines dans le protocole original.
Un essai pilote publié en 2013 a comparé les protocoles de Stanish et d’Alfredson chez 41 personnes présentant une tendinopathie d’Achille chronique.
Les deux groupes ont amélioré leur score VISA-A, mais les résultats étaient plus favorables avec le protocole d’Alfredson à la fin des 12 semaines et lors du suivi.
Cette étude reste toutefois de petite taille et utilisait une allocation séquentielle des participants. Elle suggère donc un avantage possible pour Alfredson, mais elle ne permet pas d’affirmer que ce protocole est systématiquement supérieur pour tous les patients.
Plus largement, les recommandations actuelles insistent surtout sur la nécessité d’une mise en charge progressive et suffisamment intense du tendon. Le meilleur protocole est celui qui correspond aux capacités de la personne, à son niveau d’irritabilité et à sa capacité à suivre régulièrement le programme.
Étude concernée : Stasinopoulos et Manias, Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2013 — PMID : 23768274.
Mais : Alfredson est plus contraignant. Deux séances par jour, 7j/7, c’est difficile à tenir sur 12 semaines. L’adhérence est souvent le problème numéro un.
HSRT : des charges lourdes avec des séances moins fréquentes
Le HSRT (Heavy Slow Resistance Training) est l’approche la plus récente. Développé par Beyer et al. (2015), il combine travail concentrique ET excentrique, avec des charges lourdes et des mouvements très lents (3 secondes montée, 3 secondes descente).
Ses atouts :
- Efficacité clinique comparable à Alfredson sur 12 semaines (VISA-A similaire).
- Meilleure adhérence : 92 % vs 78 % pour Alfredson dans l’étude de référence.
- 3 séances par semaine seulement – plus facile à intégrer dans un planning sportif chargé.
- Satisfaction patient plus élevée à court terme.
Le HSRT est aujourd’hui recommandé par l’APTA/JOSPT 2024 comme alternative de premier choix à l’excentrique pur, notamment pour les athlètes avec une bonne base de force.
Comparatif des protocoles Stanish, Alfredson et HSRT
|
Critère |
Stanish |
Alfredson |
HSRT |
|---|---|---|---|
|
Type de contraction |
Excentrique |
Excentrique |
Concentrique + excentrique lent |
|
Fréquence |
1×/jour |
2×/jour |
3×/semaine |
|
Durée recommandée |
6–12 sem. |
12 sem. |
12 sem. |
|
Douleur autorisée |
Oui (≤5/10) |
Oui (≤5/10) |
Oui (guidée) |
|
Profil idéal |
Débutant, tendinopathie légère |
Tendinopathie chronique |
Athlète avec bonne base de force |
|
Niveau de preuve 2026 |
Modéré |
Élevé |
Élevé |
Quel protocole choisir selon ton profil ?
Après 25 ans de pratique et plusieurs cycles de rééducation, voici ce que je recommande honnêtement :
- Tu débutes avec une tendinopathie légère (< 6 semaines) ? → Commence par Stanish. Simple, accessible, efficace pour amorcer la guérison.
- Ta tendinopathie est chronique (> 3 mois) ou récidivante ? → Passe à Alfredson. Le niveau de preuve est supérieur, et la rigueur du protocole est justifiée.
- Tu es un athlète avec un bon niveau de force et un planning chargé ? → Le HSRT est fait pour toi. Trois séances par semaine, charges lourdes, meilleure adhérence.
- En prévention, une fois guéri ? → Garde l’excentrique pur (Stanish ou Alfredson) à raison de 2–3 séances par semaine. C’est ce que je fais depuis que mon ostéopathe me l’a conseillé, et c’est ce que la science valide.

Comment adapter le protocole de Stanish à ton profil ?
Peut-on continuer à courir pendant le protocole de Stanish ?
La question que tout coureur se pose : est-ce qu’on peut continuer à courir pendant le protocole ?
Dans certains cas, oui, mais la réponse dépend de l’irritabilité du tendon et de sa réaction à la charge. Une tendinopathie d’Achille n’impose pas automatiquement un arrêt complet de la course. Il faut surtout ajuster la charge totale reçue par le tendon.
Une réduction temporaire du volume, de la durée ou de l’intensité peut être nécessaire. Les côtes, les accélérations, les séances rapides et les sorties longues sont généralement les premières contraintes à diminuer, car elles sollicitent fortement le tendon.
Il n’existe cependant pas de pourcentage de réduction valable pour tous les coureurs.
La reprise doit être guidée par plusieurs indicateurs :
- la douleur pendant la course ;
- la raideur au réveil ;
- la réaction du tendon dans les 24 heures ;
- la force et l’endurance du mollet ;
- la capacité à réaliser des élévations de mollet puis des sauts sans aggravation durable ;
- les contraintes de l’objectif sportif préparé.
Les sorties faciles et courtes sont généralement réintroduites avant les côtes, les accélérations et les séances intensives. Une nouvelle étape n’est ajoutée que lorsque la précédente est correctement tolérée.
Le score VISA-A peut être utile pour suivre l’évolution de la douleur et de la fonction, mais il ne suffit pas à lui seul pour décider d’un retour complet à l’entraînement.
Si tu réalises le protocole le même jour qu’une sortie, place généralement le renforcement après la course ou à distance de celle-ci. L’objectif est de préserver la qualité du mouvement et de surveiller la charge totale imposée au tendon.
Comment ajuster la charge selon ton niveau ?
Pour le débutant :
- Commence impérativement en bipodal.
- Ne passe en unipodal qu’à partir de la semaine 3 minimum.
- N’ajoute pas de charge externe avant la semaine 6.
- Priorité absolue : la qualité du mouvement sur la quantité.
Pour l’athlète confirmé :
- Tu peux progresser plus vite dans les phases 1 et 2.
- Mais attention : un niveau de forme élevé ne protège pas contre la surcharge tendineuse. Les tendons s’adaptent plus lentement que les muscles.
- Intègre le protocole dans ta semaine d’entraînement en respectant 48h de récupération entre deux séances chargées.
Protocole de Stanish pour le genou et la tendinopathie rotulienne
Le protocole de Stanish genou suit le même principe excentrique, mais l’exercice change :
- Exercice de référence : squats excentriques sur plan incliné à 25° (decline squat).
- Position : debout sur la planche inclinée, descente lente en flexion de genou jusqu’à 60°, remontée à deux jambes.
- Même progression : bipodal → unipodal → avec charge.
- Même fréquence : 1 fois par jour, 3 séries × 10 répétitions.
Le plan incliné est important : il permet de cibler le tendon rotulien sans surcharger le quadriceps en position de faiblesse. Un simple coin de bois ou une planche inclinée à 25° suffit.
Le plus compliqué après plusieurs semaines d’arrêt n’est pas toujours de remettre tes baskets. C’est de savoir quoi décider lorsque ton corps ne réagit pas comme prévu.
Une petite gêne apparaît : tu continues ou tu arrêtes ? Tu rates une semaine : tu recommences tout ? Ta sortie laisse des traces le lendemain : tu progresses ou tu maintiens ?
La Reprise EXPRESS te donne à la fois un plan et un Plan B. Tu identifies d’abord ton véritable niveau de départ, puis tu reconstruis progressivement ta course pendant quatre semaines. Et grâce au Kit Décision Reprise, tu disposes également de repères concrets pour gérer les imprévus sans paniquer, sans vouloir rattraper le temps perdu et sans remettre toute ta reprise en question.
L’objectif : retrouver suffisamment de régularité, de confiance et de stabilité pour pouvoir ensuite revenir à un entraînement plus structuré.
Conseil du Mentor :
Pendant ta reprise, ne juge pas uniquement une séance sur ce qui se passe pendant que tu cours. Observe également la réaction de ton corps dans les heures qui suivent et le lendemain : c’est justement l’un des principes de la Carte des 24 heures incluse dans le nouveau Kit Décision Reprise.
Protocole de Stanish : efficacité, preuves scientifiques et limites
Ce que montrent les études sur le travail excentrique
La charge excentrique dans les tendinopathies est l’une des interventions les mieux documentées en médecine du sport.
Une analyse publiée dans ScienceDirect confirme que le travail excentrique améliore significativement la capacité de charge du tendon et réduit la douleur à court et moyen terme, notamment pour la tendinopathie d’Achille midportion.
Frontiers in Physiology a publié une analyse pointant un paradoxe important : si ces méthodes sont largement utilisées, leur manque de personnalisation explique une partie des échecs à long terme.
Autrement dit, le protocole de Stanish fonctionne – mais son efficacité dépend de l’adaptation au profil individuel.
Les mécanismes biologiques sont aujourd’hui mieux compris : la charge mécanique stimule les ténocytes, favorise la synthèse de collagène de type I, et améliore l’organisation des fibres tendineuses.
Ce n’est plus une hypothèse – c’est de la biologie cellulaire documentée.
Les limites du protocole original de Stanish
Soyons honnêtes : le protocole de Stanish a des limites que la communauté scientifique reconnaît aujourd’hui.
- Durée trop courte dans la version originale : 6 semaines ne suffisent pas pour des adaptations structurelles durables. Le consensus 2024 est à 12 semaines minimum.
- Niveau de preuve modéré : comparé à Alfredson et au HSRT, les études sur Stanish sont moins nombreuses et moins robustes méthodologiquement.
- Absence de phase concentrique : le travail excentrique pur ignore la phase de montée, qui a aussi un rôle dans le renforcement fonctionnel du tendon.
- Progression de vitesse peu étudiée : la spécificité de Stanish (augmentation de la vitesse d’exécution) est cliniquement intéressante mais peu documentée par des essais randomisés.
Ces limites ne remettent pas en cause l’intérêt du protocole – elles invitent à l’utiliser avec discernement, en le combinant si nécessaire avec d’autres approches.
Tendinopathie d’Achille : les recommandations APTA/JOSPT 2024
La mise à jour 2024 du Clinical Practice Guideline de l’APTA (American Physical Therapy Association), publiée dans le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy (JOSPT), est la référence mondiale actuelle pour la tendinopathie d’Achille midportion.
Ses points clés :
- La charge tendineuse est le traitement de premier choix – eccentric, concentrique ou mixte, peu importe le type de contraction.
- La charge doit être aussi haute que tolérée, au moins 3 fois par semaine.
- La durée minimale recommandée est de 12 semaines.
- La douleur modérée pendant l’exercice est acceptable – elle ne contre-indique pas la poursuite du traitement.
- L’approche multimodale est privilégiée : charge progressive + travail isométrique en phase aiguë + retour progressif au sport.
En clair : le protocole de Stanish est compatible avec ces recommandations, mais il gagne à être intégré dans une approche plus large incluant des phases isométriques et une progression vers des charges lourdes.
Questions fréquentes sur le protocole de Stanish
Combien de fois par jour faire le protocole de Stanish ?
Le protocole original de Stanish recommande une séance par jour, à réaliser de préférence après l’entraînement sportif. C’est ce qui le distingue d’Alfredson (2 fois par jour).
Une séance quotidienne de 15–20 minutes (étirements + 3 séries × 10 répétitions + glaçage) est suffisante pour stimuler l’adaptation tendineuse sans surcharger le tissu.
Peut-on continuer à courir pendant le protocole ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La tendinite du tendon d’Achille ne nécessite pas d’arrêt complet.
Il faut réduire le volume de 30–40 % en phase 1, éviter les surfaces dures et les dénivelés importants, et reprendre progressivement à partir de la semaine 4–5.
La règle : si la douleur pendant la course dépasse 5/10, réduis l’intensité ou la durée.
Stanish ou Alfredson : lequel est le plus efficace ?
Les études comparatives donnent l’avantage à Alfredson sur les scores VISA-A et la réduction de douleur à 12 semaines, notamment pour les tendinopathies chroniques.
Stanish reste pertinent pour les tendinopathies légères ou en début de prise en charge, car il est plus facile à intégrer (1 séance/jour vs 2).
Pour les athlètes avec une bonne base de force, le HSRT est aujourd’hui une alternative de choix avec un niveau de preuve équivalent à Alfredson.
Combien de temps dure le protocole de Stanish ?
La version originale prévoyait 6 semaines. Le consensus scientifique 2024 recommande 12 semaines minimum pour obtenir des adaptations structurelles durables du tendon.
En pratique, certains patients nécessitent 16 à 20 semaines avant un retour complet au sport, notamment en cas de tendinopathie chronique installée depuis plusieurs mois.
La douleur pendant les exercices est-elle normale ?
Une douleur légère à modérée peut apparaître pendant les exercices, mais elle n’est pas obligatoire et ne doit pas être recherchée à tout prix. Elle peut être tolérée si elle reste contrôlable et si les symptômes reviennent ensuite à leur niveau habituel.
Le repère le plus utile est la réaction du tendon dans les heures suivantes et le lendemain matin. Si la douleur ou la raideur augmente durablement, réduis la charge, la vitesse ou le volume de travail. En cas de douleur brutale, de gonflement important ou de perte soudaine de force, arrête les exercices et consulte un professionnel de santé.
Le protocole de Stanish fonctionne-t-il pour le genou ?
Oui, avec une adaptation. Pour la tendinopathie rotulienne, l’exercice de référence est le squat excentrique sur plan incliné à 25° (decline squat), et non le travail sur marche. La progression suit la même logique : bipodal → unipodal → avec charge, sur 12 semaines.
La fréquence reste d’une séance par jour. Des études montrent des résultats positifs sur la douleur et la fonction du genou, comparables à ceux obtenus pour l’Achille.
Sources scientifiques et recommandations utilisées
- JOSPT / APTA 2024 – Clinical Practice Guideline Achilles Tendinopathy
- APTA – Achilles Tendinopathy CPG 2024 (page officielle)
- Stasinopoulos et Manias, 2013 – Comparaison des protocoles Alfredson et Stanish
- ScienceDirect – Charge excentrique et tendinopathie
- Frontiers in Physiology – Limites de la personnalisation des protocoles
- PubMed – HSRT vs Alfredson (Beyer et al., 2015)
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Une réponse
On dit Tendon d’Achille pas « talon » 🙂