La sortie longue peut aller jusqu’à 2h15, sans chercher à courir 42 km à l’entraînement.
Le ravitaillement et le matériel doivent être testés avant le jour J pour éviter les défaillances et les blessures.
Préparer un marathon ne consiste pas à courir plus longtemps au hasard. C’est une démarche structurée qui demande du temps, une progression maîtrisée et une vraie compréhension de l’effort sur 42,195 km.
Sans plan clair, le risque est simple : fatigue excessive, blessure ou échec après le 30ᵉ kilomètre.
Dans cet article, tu vas comprendre comment préparer un marathon efficacement, combien de temps prévoir, comment organiser ton entraînement, gérer l’allure, le ravitaillement et éviter les erreurs qui ruinent la majorité des premières tentatives.
- Préparer un marathon : pourquoi c’est un projet d’entraînement à part entière
- Planifier sa préparation marathon : durée, progressivité et logique d’entraînement
- Exemple de plan d’entraînement marathon sur 12 semaines (profil confirmé)
- Nutrition et hydratation pour préparer un marathon sans défaillance énergétique
- Le mental et le jour J : gérer l’allure, la fatigue et la prise de décision
- Préparer un marathon : les principes clés pour arriver prêt le jour J
- FAQ – Préparer un marathon : réponses aux questions les plus fréquentes
Préparer un marathon : pourquoi c’est un projet d’entraînement à part entière
Préparer un marathon ne consiste pas à courir plus longtemps que d’habitude. La distance impose une charge d’entraînement spécifique, une adaptation progressive de l’organisme et une gestion rigoureuse de la fatigue. Sans structure, l’accumulation des kilomètres mène rapidement à la blessure ou à l’échec après le 30ᵉ kilomètre.
Le marathon n’est pas réservé à une élite, mais il exige méthode, régularité et anticipation. La progression se construit sur plusieurs semaines, avec un équilibre précis entre endurance, sorties longues, récupération et gestion de l’allure. Il n’existe ni raccourci ni séance miracle pour encaisser 42,195 km.
Avant de préparer un marathon : évaluer ton niveau et ta capacité à encaisser la charge
Les prérequis indispensables avant de commencer une préparation marathon
Avant de rêver de 42 km, pose-toi une question simple : as-tu une base solide ? Courir un marathon, c’est pas un truc qu’on improvise. Tu dois avoir une pratique régulière de la course à pied depuis au moins un an. Si tu n’as jamais enchaîné plus de 15 km d’affilée, direction le semi-marathon d’abord !
Un semi-marathon couru entre 2h20 et 2h30 constitue une base cohérente pour envisager une préparation marathon.
Même si le PPS facilite aujourd’hui les démarches administratives, un avis médical reste indispensable, en particulier après 40 ans ou en cas d’antécédents. Un bilan cardiovasculaire, incluant si besoin un ECG d’effort, permet de vérifier que ton organisme peut encaisser la charge imposée par la préparation.
Objectif marathon : finir la distance ou viser un chrono réaliste
Avant de préparer un marathon, tu dois clarifier ton objectif. Finir la distance et viser un chrono ne demandent pas la même approche.
Un objectif finisher repose avant tout sur l’endurance, la régularité des sorties longues et une allure maîtrisée. Un objectif chronométrique implique en plus un travail spécifique à l’allure marathon et des séances de vitesse intégrées de façon progressive.
Le chrono visé doit rester cohérent avec ton niveau réel. À titre indicatif, un semi-marathon couru en 2h correspond généralement à un marathon autour de 4h10 à 4h20, selon l’expérience, la préparation et les conditions de course. La majorité des coureurs amateurs terminent entre 4h20 et 5h, ce qui doit servir de repère réaliste, pas de limite.
Les conditions extérieures comptent aussi. Chaleur, vent, dénivelé ou fatigue accumulée peuvent imposer d’ajuster ton objectif à la hausse. Enfin, toute douleur persistante à l’entraînement est un signal à prendre au sérieux.
Un objectif marathon pertinent reste celui qui te permet d’arriver au bout sans blessure, avec une allure maîtrisée jusqu’au-delà du 30ᵉ kilomètre.

Planifier sa préparation marathon : durée, progressivité et logique d’entraînement
Combien de semaines faut-il pour préparer un marathon selon ton profil
Pour préparer un marathon, la durée dépend de ton niveau.
Un coureur déjà expérimenté peut viser 12 à 16 semaines de préparation structurée.
Si tu découvres la distance ou manques d’endurance, compte plutôt 4 à 6 mois pour construire une base solide sans te blesser.
Les premières semaines servent à développer l’endurance fondamentale et la tolérance à l’effort. La progression doit rester graduelle : augmenter trop vite le volume expose directement aux blessures.
Un bon plan s’adapte à ton niveau réel et à ta récupération, pas à un objectif de chrono arbitraire.
Les séances clés d’une préparation marathon efficace
- L’endurance fondamentale (EF) : Des footings en aisance respiratoire (70-75% FCmax). Tu peux même discuter avec ton chien ! C’est la base, comme le fond d’un gâteau. Exemple : 1h à allure douce, sans forcer, pour renforcer cœur et jambes en douceur.
- La sortie longue : L’entraînement clé. Elle habitue ton corps à l’effort prolongé et teste nutrition/hydratation. Une sortie type : 1h30 à allure lente, avec 10 minutes finales un peu plus dynamiques pour simuler le final.
- Le travail de vitesse (fractionné) : Pour booster ta VMA et ton économie de course. Exemple : 6x800m à allure 10 km, avec 2 min de récup. C’est ce qui t’aidera à accélérer sans forcer.
- Allure marathon : à partir de quel niveau ?
Le travail à allure marathon devient pertinent si tu peux courir au moins 1h15–1h30 en endurance sans dérive cardiaque excessive, avec une base hebdomadaire régulière (minimum 3 sorties/semaine). En dessous de ce niveau, l’objectif prioritaire reste l’endurance et la tolérance au volume, l’allure marathon étant alors trop exigeante et peu productive.

Renforcement musculaire : un pilier souvent négligé de la préparation marathon
Le renforcement n’est pas réservé aux sportifs extrêmes. Des exercices simples (gainage, squats, fentes) 1 à 2 fois par semaine suffisent. Tu sous-estimes les fentes ? Essaye sans après le 30e km !
Cela prévient les blessures et améliore ta posture pour une foulée plus économe. Un circuit training régulier renforce les appuis et ton mental.
Pour une foulée efficace, affine ton geste pour éviter les faux mouvements. Le marathon, c’est pas une compétition de canards… sauf si tu le veux !
Exemple de plan d’entraînement marathon sur 12 semaines (profil confirmé)
Voici un plan d’entraînement sur 12 semaines, conçu pour un coureur « confirmé » visant un marathon en 3h45-4h, à 3 séances par semaine selon les méthodes de Philippe Propage.
Ce plan reste un exemple à adapter à ton niveau. Règle d’or : écoute ton corps. Mieux vaut sauter une séance en cas de fatigue que risquer le surentraînement.
L’écoute de ton corps reste la règle numéro un. Mieux vaut sauter une séance en cas de grosse fatigue que de risquer le surentraînement ou la blessure.
| Semaine | Cycle | Séance 1 (jour suggéré) | Séance 2 (jour suggéré) | Séance 3 (jour suggé) | Conseils de la semaine |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Cycle 1 | Footing 1h | Footing 1h | Sortie longue 1h30 | On construit les bases. |
| 2 | Cycle 1 | Footing 1h | 1h15 dont 5 min rapides | Sortie longue 1h45 | On introduit de l’intensité. |
| 3 | Cycle 1 | Footing 1h | 1h15 dont 10 min rapides | Sortie longue 2h | On augmente le volume. |
| 4 | Régénération | Footing 45 min | Repos | Footing 1h | Semaine allégée. |
| 5 | Cycle 2 | 1h dont 8 min rapides | Repos | Sortie longue 1h30 | Reprise après régénération. |
| 6 | Cycle 2 | 1h avec 2×8 min rapides | Repos | Sortie longue 1h45 | On travaille les efforts répétés. |
| 7 | Cycle 2 | 1h avec 2×10 min rapides | Repos | Sortie longue 2h | Pic du cycle. |
| 8 | Régénération | Footing 1h | Repos | Footing 1h | Récupération active. |
| 9 | Cycle 3 | 1h dont 12 min rapides | Repos | Sortie longue 2h15 | Dernier bloc exigeant. |
| 10 | Cycle 3 | 1h30 dont 5 min rapides | 1h avec 2×10 min rapides | Sortie longue 1h30 | On stabilise la forme. |
| 11 | Affûtage | Footing 1h | Repos | Sortie longue 1h | Réduction du volume. |
| 12 | Semaine de course | Footing 30-40 min léger | Repos | Marathon ! | Repos, hydratation. |
Ce programme progresse par cycles, alterne intensité et régénération, et inclut un phase d’affûtage pour arriver en forme le jour J. Adapte-le selon ton niveau : plus de semaines pour les débutant(e)s, ajustements pour objectifs plus rapides.
Nutrition et hydratation pour préparer un marathon sans défaillance énergétique
Alimentation quotidienne pendant une préparation marathon
Pour tenir 42,195 km, évite les régimes restrictifs. Une préparation marathon nécessite un apport énergétique suffisant et stable.
Base ton alimentation sur des glucides complexes pour soutenir l’entraînement, des protéines de qualité pour la récupération musculaire, et des lipides insaturés pour l’équilibre hormonal et inflammatoire.
Les fruits et légumes complètent l’ensemble en apportant vitamines, minéraux et antioxydants utiles à la récupération. La priorité reste une alimentation simple, digeste et régulière, testée à l’entraînement, sans changements majeurs à l’approche de la course.
Ravitaillement à l’entraînement et en course : éviter le mur du marathon
L’estomac doit être entraîné au même titre que les jambes. Le ravitaillement ne s’improvise pas le jour J : il se teste systématiquement lors des sorties longues, aux mêmes intensités et aux mêmes timings que le marathon.
En pratique, l’apport en glucides peut commencer dès 40–50 minutes d’effort, puis être réparti régulièrement. Les formats doivent être faciles à digérer et déjà validés à l’entraînement, qu’il s’agisse de gels, boissons glucidiques ou aliments simples bien tolérés.
Cette approche est soutenue par la littérature scientifique :
Jeukendrup A.E., 2014, Sports Medicine montre que l’entraînement digestif permet d’améliorer l’absorption des glucides pendant l’effort et de réduire les troubles gastro-intestinaux, fréquents chez les marathoniens non préparés.
L’étude souligne aussi que tester la stratégie nutritionnelle en amont améliore la tolérance et la disponibilité énergétique en course.
La plus grande erreur du débutant est de négliger le ravitaillement. Le mur du marathon est souvent un mur de glycogène, pas un mur de volonté.
Bois une gorgée toutes les 20 minutes minimum pendant l’effort. Pour les glucides, cible 30-60g par heure. Alterne gels et boissons énergétiques pour varier les sources de sucre. Une pincée de sel avant le départ stimule ta soif et retient l’eau dans tes tissus. C’est la meilleure stratégie pour éviter le fameux mur du marathon.
La dernière semaine avant le marathon : stratégie glucidique et hydratation
Dans les 3 jours avant l’épreuve, augmente progressivement ta consommation de glucides (7-10g/kg de poids corporel). Remplace ton pain complet par du pain blanc, les pâtes complètes par des fraîches, et ajoute une cuillérée de miel dans ton yaourt.
Bois régulièrement : une urine claire = un bon niveau d’hydratation. Un verre d’eau avec une pincée de sel au réveil favorise ta rétention d’eau. Évite les improvisations : reste fidèle à des repas simples (pâtes à la tomate, riz blanc, compote). Mieux vaut un menu basique mais éprouvé qu’un risotto aux champignons imprévu… et mal digéré.

Le mental et le jour J : gérer l’allure, la fatigue et la prise de décision
Préparation mentale marathon : gérer les moments difficiles à l’entraînement
Le mental joue un rôle clé dans la réussite d’un marathon, en particulier sur les sorties longues et après le 30ᵉ kilomètre. L’objectif à l’entraînement est d’apprendre à maintenir l’effort malgré la fatigue, en restant concentré sur l’allure, la respiration et la gestion de l’énergie. La visualisation peut être utilisée de façon simple : se projeter sur des situations déjà vécues à l’entraînement permet de réduire l’incertitude le jour J.
Les moments de doute sont normaux. Ils ne traduisent pas un manque de capacité, mais une fatigue accumulée. Pour les gérer, appuie-toi sur des repères concrets : sorties longues réussies, séances difficiles validées, régularité de la préparation. Ce sont ces éléments objectifs, plus que la motivation instantanée, qui permettent de continuer à avancer quand l’effort devient inconfortable.
Erreurs fréquentes lors d’un marathon et comment les éviter :
- Partir trop vite : L’adrénaline pousse à sprinter. Rappelle-toi : le marathon est un ultra-marathon. Respecte ton allure cible, surtout sur les premiers kilomètres plats. Adopte un negative split en accélérant en seconde partie.
- S’habiller trop chaudement : Aie un peu froid au départ. Teste ta tenue pendant l’entraînement : évite le coton, choisis des tissus techniques. Emporte un sac poubelle si nécessaire.
- Zapper les premiers ravitaillements : Hydratation et énergie dès le 15e km, une gorgée toutes les 20 minutes. Sinon, ton corps te le fera payer. Teste la caféine avant si tu l’utilises.
- Utiliser du matériel neuf : Laisse les chaussures neuves pour plus tard. Matériel neuf, mental cassé : risque d’ampoules assuré. Teste ta tenue et ton gel sur 20 km minimum.
Rappelle-toi : gestion du mental et visualisation sont tes alliés. Tu as déjà couru 30 km ? 42, c’est juste un pas de plus. C’est dans la tête que tout se gagne.
Préparer un marathon : les principes clés pour arriver prêt le jour J
Préparer un marathon repose sur une planification cohérente, une progression maîtrisée et une régularité sur plusieurs semaines. Le jour J ne fait que révéler le travail accompli à l’entraînement.
En respectant ton niveau, ton allure et ta récupération, tu mets toutes les chances de ton côté pour aller au bout des 42,195 km.
Maintenant, si tu veux bénéficier d’une vraie préparation pour tes prochains marathons, avec les bonnes séances placées au bon moment et un support humain qui répond à toutes tes questions, regarde par ici donc le programme (R)EVOLUTION Marathons de l’Académie Running & Trail.
FAQ – Préparer un marathon : réponses aux questions les plus fréquentes
Comment préparer un marathon pour un débutant ?
Un débutant doit d’abord construire une base d’endurance solide. Compte 4 à 6 mois minimum, avec 3 séances par semaine, une progression douce du volume et des sorties longues progressives. L’objectif prioritaire est de terminer sans blessure, pas de viser un chrono.
Quelle distance courir pour préparer un marathon ?
À l’entraînement, on ne court jamais 42 km. La sortie longue maximale se situe généralement entre 2h et 2h15, soit environ 28 à 32 km selon l’allure. Au-delà, le risque de fatigue et de blessure dépasse le bénéfice.
Est-il possible de courir un marathon en partant de 0 ?
Oui, mais pas rapidement. En partant de zéro, il faut d’abord plusieurs mois pour apprendre à courir régulièrement, puis une vraie préparation marathon. Compte souvent 9 à 12 mois au total avant d’envisager la distance dans de bonnes conditions.
Quelle est la règle des 10-10-10 pour les marathons ?
Elle consiste à ne pas augmenter le volume hebdomadaire de plus de 10 %, à garder au moins 10 % de semaines allégées, et à limiter la part d’intensité à environ 10 % du volume total. Elle vise surtout à réduire le risque de blessure.
Quel temps au marathon en fonction du 10 km
À titre indicatif, on ajoute souvent 25 à 30 secondes par kilomètre à l’allure 10 km.
Exemple : un 10 km en 55 min correspond généralement à un marathon autour de 4h15–4h30, selon l’endurance, l’expérience et la préparation.
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Préparateur Mental,
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Mentor des Sportifs et Sportives Motivés,
Entraineur FFA 1er Niveau.
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Titulaire du tronc commun du BEES.
Titulaire d'une formation de base nutrition certifiée CPD.
Auteur des livres « Le Manuel pour Courir Plus Vite » et « Le Manuel pour Perdre du Poids en Courant »
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Merci pour ces belles explications !