Podologue sportif : Interview avec Daniel Benjamin

Cet article vous propose un interview avec le podologue sportif Daniel Benjamin. Vous saurez tout sur la chaussure et le pied.

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 Cet interview du podologue sportif Daniel Benjamin est aussi disponible sur Youtube au format MP4

 

Qu’allez-vous trouver dans cet article ?

Anatomie du pied, blessures du coureur à pied, la mode aux chaussures minimalistes, structure de la semelle et de la chaussure de running, le business des marques, le podologue du sport Daniel Benjamin nous explique tout, sans langue de bois, avec son franc parler.

Une interview longue (plus d’une heure !) que vous pouvez télécharger, écouter en direct, ou bien lire la retranscription texte.

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© Testeurs-Outdoor

 

L’interview du podologue sportif Daniel Benjamin

Jean-Marc : Bonjour et bienvenue sur le blog testeurs-outdoor.com/new, aujourd’hui je reçois Daniel Benjamin, podologue à Paris qui va nous parler des pieds, des chaussures de travail, des chaussures de running et tout ce qui nous intéresse et qui englobe la chaussure. Bonjour Daniel

Daniel Benjamin: Bonjour

Jean-Marc : Peux-tu te présenter aux auditeurs et aux lecteurs du blog ?

Qui est le podologue sportif Daniel Benjamin ?

Daniel Benjamin : Je suis podologue, j’ai une spécialisation en podologie du sport, et je suis en train de faire une thèse de biomécanique humaine, toutes les études liées à la marche et à la foulée, et on est justement équipé de clinique à Paris de beaucoup de matériel d’analyse de mouvement, ce qui nous permet de pouvoir d’être bien spécialisé dans les questions que tu as envie de nous poser aujourd’hui. Vous pouvez me retrouvez sur mon blog podologue-paris.com

Jean-Marc : Quand on est podologie, c’est combien d’années d’études, c’est quoi le cursus universitaire pour devenir podologue ?

Daniel Benjamin : En fait tu passes un concours pour entrer dans une école de podologie, après c’est un parcours paramédical comme les infirmiers et les kinés qui dure 3 ans et ensuite tu fais des spécialisations, des diplômes universitaires, etc. après tu peux rentrer dans des masters des doctorats, c’est ce que j’ai fait, là je suis dans un doctorat de biomécanique humaine avec l’université de Reims

Jean-Marc : et du coup tu as fait combien d’années d’études ?

Daniel Benjamin : Pour le moment je suis au stade master et je suis en train d’attaquer ma thèse.

 

Logo du podologue sportif Daniel Benjamin : un pied simplement ?

 

Le podologue sportif attaque par le pied !

Jean-Marc : Alors, on va attaquer directement par le pied, qu’est-ce qui compose le pied au niveau des muscles, des squelettes, quelles sont les particularités qu’on peut rencontrer dans un pied ?

Daniel Benjamin : Tout le monde sait que le pied a une forme assez particulière, c’est ce qui nous permet de passer d’une position verticale à se déplacer de manière horizontale, donc ça a une forme particulière, le pied est assez long, il y a notamment la fameuse arche plantaire qui est quelque chose d’assez particulier, on fait partie des seuls animaux à avoir ce type de structure, au niveau des os, on a 26 os.

On a plein de muscles au niveau du pied, les muscles intrinsèques et extrinsèques.

Les intrinsèques c’est les muscles qui partent du pied et qui se terminent dans le pied et les extrinsèques ce sont les muscles qui partent de la jambe et qui se terminent dans le pied.

Tous ces muscles sont extrêmement importants pour pouvoir courir, marcher, pour la stabilité du pied, pour dérouler le pas, pour dérouler la foulée, etc.

 

© yvart - Fotolia.com : des pieds sas problème?

© yvart – Fotolia.com : des pieds sas problème?

Les pathologies du pied

Jean-Marc : Quand on dit qu’on a un pied qui a des défauts, quelles sont les principales pathologies qu’on peut rencontrer dans un pied qui ne fonctionne pas bien ?

Daniel Benjamin : La plus grosse pathologie qu’on rencontre le plus fréquemment, c’est ce qu’on appelle une aponévrosite plantaire, dans la plante du pied nous partons du talon et qui vient se terminer à ce qu’on appelle les charnières métatarso-phalangiennes donc la naissance des orteils.

On a une grosse gaine fibreuse, qui s’appelle l’aponévrose plantaire, et cette gaine fibreuse est extrêmement importante, ce n’est pas un muscle en soi ,mais c’est une continuité mécanique des muscles du mollet et du tendon d’Achille pas anatomique, mais mécanique.

Comme une poulie

Et en fait tout ce système fonctionne comme une poulie et ça nous permet de décoller le talent, c’est un système d’appui de réflexion situé au niveau du talent et ça permet donc de lever le talent et de se mettre sur l’avant-pied pour pouvoir marcher, se propulser, courir, etc.

Et très fréquemment on se retrouve avec des inflammations de cette aponévrose plantaire qui est douloureuse, alors elle peut se fissurer au niveau du talent et ça se calcifie et donc on fait des radios on voit la fameuse épine calcanéenne qui est très connue également et lorsqu’elle est trop étirée parce que le pied s’affaisse dessus, elle peut s’enflammer, on peut également avoir des tendinites d’Achille et tout plein d’autres pathologies associées.

 

© RG. - Fotolia.com : un petit massage pour récupérer ?

© RG. – Fotolia.com : un petit massage pour récupérer ?

Pied creux contre pied plat : qui est le meilleur ?

Jean-Marc : Lorsqu’on a un pied creux ou plat ou qui n’a pas les bonnes capacités, est ce que cela peut influencer sur les performances lors d’une activité sportive ?

Daniel Benjamin : Ah, ça c’est très compliqué à déterminer, dans l’idée oui, dans la pratique je dirais, pas réellement on a jamais vu quelqu’un avoir des meilleures performances parce qu’on lui a mis une semelle orthopédique sous le pied, qui lui a permis soit de restructurer son pied parce qu’il est trop affaissé soit de compenser son pied qui est trop cambré.

Ca n’améliore pas réellement les performances ou ce n’est pas suffisamment significatif pour améliorer les performances c’est surtout dans l’utilisation de l’énergie plutôt de toutes les énergies que l’on magazine lorsqu’on court ou on marche et c’est surtout à ce niveau la.

Les blessures les plus fréquentes d’après le podologue sportif

Jean-Marc : La course à pied impose beaucoup d’impact au niveau du sol, j’imagine qu’il doit y avoir beaucoup de patients coureurs dans ton cabinet, qu’elles sont les blessures qui reviennent le plus souvent ?

Daniel Benjamin : Les blessures les plus fréquentes comme je te disais, l’aponévrosite plantaire, les tendinites d’Achille, tu as les pathologies qui sont très fréquentes aussi, alors il y a un muscle qui est très important dans la marche et la course il s’appelle le tibial postérieur ou le jambier postérieur, ça, c’est l’ancien nom et donc ce tibial postérieur sert des muscles extrinsèques du pied dont je parlais tout à l’heure.

Il naît à la face postérieure du tibia c’est un muscle de la loge profonde de la jambe et, l’insertion terminale principale se fait sur l’intérieur du pied, sur un os qui s’appelle l’os naviculaire et son grand rôle a ce muscle c’est d’empêcher l’excès de pronation ou l’excès d’affaissement du pied.

La tentinite

Et donc il se retrouve fréquemment trop étiré parce qu’il y a énormément de coureurs pronateurs, hyper pronateurs et du coup il se retrouve étiré ça te fait une tendinite avec des douleurs à l’intérieur du pied, sous et derrière la malléole qui peuvent irradier jusqu’au dans la jambe.

Également, c’est un des grands responsables d’une autre pathologie qui est très connue qui est la périostite tibiale, le fait que ce muscle tibial postérieur soit trop étiré lui-même qui est en contact avec une autre gaine fibreuse qui autour de la jambe qui est la l’aponévrose jambière qui a tendance ensuite à se calcifier et à s’arracher un petit peu au niveau du tibia.

Et donc on retrouve les fameuses périostites qui sont également très fréquentes chez les coureurs à pied.

 

© Warren Goldswain - Fotolia.com

© Warren Goldswain – Fotolia.com : le podologue sportif intervient bien sûr pour les coureurs à pied…

Pronateur et supinateur

Jean-Marc : Quand tu parles de pronateur de supinateur est-ce que cela engendre des pathologies autres que ceux qui sont quasi obligatoires si on ne met pas de semelles, à quel niveau peut-on dire qu’on est pronateur sévère ou supinateur sévère ?

Daniel Benjamin : Je vais te dire la chose suivante, j’ai vu plein de coureurs à pied hyper pronateurs ou supinateurs de manière vraiment excessive et abusive et qui n’ont pas de pathologie, ça m’est arrivé d’avoir des gens qui rentrent dans mon cabinet et qui me disent j’ai l’impression de courir bizarrement, mais je n’ai pas mal, et là c’est toujours un peu compliqué de savoir si tu vas compenser ou corriger le problème.

On essaye donc de compenser un peu, mais pas trop l’ennuyer, mais effectivement le fait d’avoir une foulée hyper pronatrice ou supinatrice a des conséquences pas uniquement sur ton pied, tu as des conséquences sur ton genou, sur ta hanche, sur ton dos également parce que tout ton appareil locomoteur fonctionne.

Et travaille en même temps et quand tu marches et tu cours toutes tes articulations et pleins de muscles sont recrutés allons du cervical et jusqu’au bout des orteils.

Et du coup tu retrouves tout type de pathologies associées à une foulée qui serait hyper pronatrice ou supinatrice ce qui est potentiellement nocif et pathologique pour le sportif.

La visite chez le podologue sportif

Jean-Marc : Quand on court régulièrement, qu’on pratique la course à pied est-ce qu’une visite chez le podologue est nécessaire, on va dire une visite annuelle est-ce qu’elle est nécessaire même si on n’a pas de douleurs ?

Daniel Benjamin : Je dirai que ça dépend de plusieurs choses, si tu n’a pas de douleur, si tu ressens mine de rien lorsque tu cours qu’il y a quelque chose qui ne va pas parce que c’est intuitif, on le voit bien les coureurs cours toujours aux mêmes endroits.

Moi par exemple, habitant a Paris quand on va aux Bois de Boulogne le weekend, j’habite pas loin on les voit courir si on s’assoit sur un banc, en une heure on va voir passer 100, ils se voient tous courir mutuellement.

Mauvaise sensation ?

Et j’ai envie de dire que si jamais on sent qu’il y a quelque chose qui cloche dans notre foulée ça risque de poser problème parce que la foulée, la course comme la marche c’est une suite de mouvements cycliques et symétriques et si jamais il y a un asynchronisme dans ces cycles ou une asymétrie, il y a de très fortes chances qu’on se retrouve avec des pathologies.

Alors si jamais on a le sentiment que notre foulée n’est pas très bien cadrée ou qu’il y a des usures anormales au niveau des chaussures ou si on se retrouve à chaque fois avec des courbatures importantes après le sport, il y a vraisemblablement quelque chose qui ne va pas et une visite de contrôle ne fera pas de mal.

Comment se déroule une visite chez un podologue sportif ?

Jean-Marc : Maintenant imaginons que j’ai une foulée qui n’est pas terrible, je me retrouve dans un cabinet de podologue sportif, quel est le matériel que va utiliser le podologue sportif pour analyser mon pied ?

Daniel Benjamin : Je vais parler de la clinique où je suis, et après je vais parler de manière plus générale, dans la clinique où on est, comme je vous ai expliqué nous avons énormément de matériels d’analyse de mouvement.

Donc la première chose qu’on va faire, et que tout podologue a, vous allez monter sur un podoloscope, c’est une espèce de structure en plexi glace avec une petite lumière, un miroir, ça permet d’avoir les empreintes plantaires et de voir ce qui se passe, donc ça permet de classifier la forme du pied que l’on a, pied creux, pied plat, etc.

Ensuite on a en général des plateformes, qui s’appellent des plateformes podométriques, où il y a des capteurs de pression, donc vous monter dessus.

Et ça montre comment vous répartissez votre charge sur la plante du pied et également si vous avez tendance à projeter votre poids d’un côté ou de l’autre vers l’avant, vers l’arrière, etc.

L’importance du tapis de course

Ensuite en général, il y a un tapis de course. Nous on a la chance d’avoir des tapis avec des cameras d’analyses de mouvement.

Donc c’est un tapis déroulant avec également des capteurs pour mesurer tous les angles, et toutes les vitesses angulaires des différents segments pendant que le patient, on voit également comment est repartie la foulée, la pression, la charge, quand il court, etc.

Ça déjà c’est plus rare, en général la plupart des podologues sont équipés simplement de tapis de courses avec des cameras, c’est déjà bien.

Ca permet de donner une excellente idée du type de foulée qu’on a, et là on peut analyser la foulée du patient, donc voir comment est repartie la charge, comment son pied atterrit sur le tapis…tous les paramètres de la course, spatiotemporelle et tous les paramètres de force et de pression.

Les tarifs de la visite chez un podologue sportif

Jean-Marc : Une visite chez un podologue sportif comme toi, ne doit pas être au même tarif qu’une visite chez un podologue, on va dire plus basique, parce que là c’est du matériel qui est quand même lourd

Daniel Benjamin : Si si au tarif classique du podologue sportif, une consultation chez nous à Paris c’est une quarantaine d’euros, en général c’est entre 30 et 40 euros sur Paris.

On a la chance d’avoir de gros groupement de cliniques qui investissent pour nous et donc ce sont des investissements à long terme, ça nous permet d’amortir ça assez facilement.
C’est pourquoi je dis qu’on est tellement chanceux, on a pas a investir nous même.

Et bien évidement ça permet tout de suite d’avoir du matériel qu’on ne pourra pas se procurer tout seul si j’étais dans mon cabinet, dans mon cabinet le tapis dont je te parlais avec les capteurs de pression et les cameras de mouvement, etc. je n’aurai jamais pu l’acheter

Les tapis roulants des magasins de sport

Jean-Marc : Je m’en doute, quand on voit les magasins de sport qui ont leur propre tapis avec camera d’analyse aussi, est ce qu’on peut dire que ce sont des concurrents par rapport à des podologues plus classiques ?

Daniel Benjamin : Non pas du tout, ce ne sont pas des concurrents, moi je trouve que c’est bien, je ne suis absolument pas contre ça, aujourd’hui les chaussures de sport…

J’avais écrit un article sur ça récemment, les chaussures de sport c’est tellement compliqué d’en choisir une on a l’impression de choisir une voiture ou un appartement, il y a tellement d’option, de gadgets, de technologies brevetées, etc. c’est quand même super compliqué

Et la première idée importante à avoir c’est d’avoir une idée de comment on court.

Apprendre par soi-même

Il n’y a pas besoin d’être podologue sportif pour savoir si on est un coureur pronateur ou supinateur,et avoir la chaussure adaptée.

Après de toute façon malheureusement les chaussures qu’on vend, les chaussures de série sont des chaussures classiques qui s’adaptent au plus grand monde, de par ce fait les corrections qui sont dans la chaussure sont minimes.

Et de toute façon si vous avez une foulée pathologique peu importe la paire de chaussures que vous allez acheter la pathologie se déclara un jour quoi qu’il arrive, donc ce ne sont pas des concurrents, nous on interviendra ensuite pour régler le problème et tenter de compenser le trouble mécanique morpho-statique du patient lors de sa course.

 

Courir sur tapis pour faire analyser sa foulée...

Courir sur tapis pour faire analyser sa foulée…le podologue sportif possède aussi ce matériel

Que pense le podologue sportif des semelles thermomodulables ?

Jean-Marc : Tu parlais des semelles de marque, on voit aussi dans le commerce des semelles thermomodulables que l’on moule avec le sèche-cheveux, ou dans un micro-onde, c’est gadget ou c’est vraiment utile ?

Daniel Benjamin  : C’est compliqué, oui j’ai déjà vu ça aussi, c’est les semelles à mouler chez soi c’est ça ?

Jean-Marc : Oui tout à fait

Daniel Benjamin : Le problème c’est que c’est compliqué à mouler, quand on fait nous des semelles orthopédiques thermoformées.

On utilise des coussins avec des billes de silicone dedans et du coup on peut faire durcir le coussin pour que le coussin emprunteur prenne exactement la forme du pied du patient et mouler la paire de semelles dans le pied du patient, mais avec la forme de l’empreinte du coup ça me parait trop compliqué si tu n’as pas ce genre de matériel de pouvoir mouler correctement ta semelle à ton pied sans avoir quelque chose pour faire l’empreinte en dessous en fait.

Rôle de la semelle de propreté

Jean-Marc : Si par exemple j’achète une paire de chaussures de running de n’importe quelle marque, si je veux changer la semelle de propreté est-ce qu’il y a des trucs à prendre en charge, ou est-ce que je peux prendre n’importe quelle marque sans que ça modifie l’aspect du pied ?

Daniel Benjamin : Si tu veux la semelle de la propreté est grosso modo là pour isoler le pied du reste de la chaussure et puis notamment absorber l’humidité et permettre d’amortir, mais elles n’ont pas un grand intérêt non.

Si toi tu es venu à acheter d’autres semelles, il faudrait juste bien faire attention à la pointure et à la dimension de la semelle, mais il n’y a pas grande chose à ce niveau-là, nous les premiers lorsqu’on fait des semelles orthopédiques très souvent on enlève la semelle de propreté puis on met notre semelle orthopédique à la place.

Les semelles orthopédiques

Jean-Marc : Les semelles orthopédiques faites par des podologues sont faites de quels matériaux, quels matériaux faut-il privilégier ?

Daniel Benjamin : Tu veux ma fâcher avec les podologues de France

Jean-Marc : Je ne leur dirai rien

Daniel Benjamin  : Alors, c’est très très large et très vaste.

2 types de semelle

Pour le sport tu as deux grands types de paires de semelles, encore une fois je vais te donner ce que font pratiquement tous les podologues de France, et ce qu’on fait nous, nous on a la chance encore une fois grâce aux investissements des cliniques d’avoir du matériel très spécifique.

On a des scanners en 3D, c’est-à-dire que tu vas mettre ton pied dans le scanner (c’est des scanners laser) et i je vais avoir ton pied en 3D.

Ensuite j’ai un logiciel avec lequel je vais modéliser la paire de semelles exactement à la forme de ton pied, donc tout est vraiment numérisé et calculé au microdegré près au micromillième de millimètre près, c’est des logiciels assez impressionnants.

Vive la mousse EVA !

Et ensuite on pose nos plaques, nous on utilise exclusivement des mousses ÉVA, ce sont des mousses que tous les podologues utilisent pour combler les semelles, tenir le pied, etc.

Et ensuite nous avons une grande fraiseuse numérique qui vient unifier les plaques et qui donc fabrique la semelle exactement à la forme de ton pied.

Ca, c’est ce qu’on utilise nous, encore une fois c’est du matériel qui coûte extrêmement cher, on est jusqu’à présent 2 ou 3 en France à avoir ce genre de matériel en podologie.

Sinon le plus classique c’est de faire le thermo formage de la semelle, on prend soit des mousses ÉVA, soit des résines, soit du polyuréthane, qu’on met sous vide, on chauffe, on fait notre empreinte dont je te parlais tout à l’heure.

Avec les coussins en silicone, la semelle chauffée sous vide ramollie énormément du coup on peut la sortir et la mouler à la forme du pied et en refroidissant elle durcit et prend la forme de ton pied, ensuite on les découpe on rajoute nos éléments de correction et ça te fait une semelle de sport.

Des précautions à prendre ?

Jean-Marc : Maintenant on imagine, j’ai ma semelle orthopédique, elle est toute neuve, quelles sont les précautions qu’il faut prendre lorsque je l’utilise la première fois ?

Daniel Benjamin : on peut citer des marques ?

Jean-Marc : Oui. On peut tout citer sur Testeurs Outdoor

Daniel Benjamin : Toute personne, notamment ceux qui ont des pieds hyper pronateurs avec des pieds affaissés ou des pieds plats, ou des pieds valgus, il faut acheter une crème qui s’appelle la crème NOK, les marathoniens la connaissent bien.

C’est pour ne pas avoir d’ampoules, moi quand je me refais mes semelles même avec mon matériel numérique au début j’ai des ampoules notamment sur la plante des pieds parce que j’ai les pieds plats, donc déjà bien se tanner le pied pour éviter au maximum les ampoules.

Pensez aux chaussettes

Utiliser des chaussettes anti-frottement c’est bien aussi, après ce n’est pas évident parce que ça va changer ta foulée, c’est très bizarre au début, on va dire qu’entre les 5 ou 8 premières sorties ce n’est pas évident, ça te fatigue, tu sens que tu luttes contre la semelle, tu as du mal à t’adapter à ta foulée, tu as un temps d’adaptation ou tu va être courbaturé, fatigué…

Ce changement est assez désagréable au début. Et puis au fur et à mesure on s’habitue en général entre 5 et 8 sorties et puis tu retrouves une foulée a peu prés physiologique, c’est plus efficace tu gaspilles moins d’énergie, tu as surtout plus mal et tu retrouves le plaisir de courir.

 

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© Testeurs-Outdoor

L’entretien des semelles

Jean-Marc : Comment bien entretenir les semelles orthopédiques pour qu’elles durent plus longtemps, et qu’elle est d’ailleurs leur durée de vie ?

Daniel Benjamin : La durée je dirai à peu près la même qu’une chaussure de sport, on estime qu’une année c’est bien à usage régulier, après au niveau de l’entretien il n’y a pas vraiment grand-chose a faire au niveau de l’entretien.

Il faut juste, quand tu vas courir, si jamais il pleut, ou si jamais tu transpires beaucoup vaut mieux retirer les semelles orthopédiques des chaussures après pour qu’elles sèchent parce qu’il y a pas mal de colle ou d’adhésif double face industriel dedans.

Donc ça avec l’humidité ça commence à se décoller, et puis il ne faut surtout pas les mettre dans la machine à laver comme la plupart sont thermoformées si jamais la machine est à 90.

La semelle ne va plus ressembler à rien, si tu veux la nettoyer tu utilises un chiffon humide ou tu la polies gentiment et tu la rafraichies gentiment.

Mais sinon il n’y a pas d’entretien particulier il faut juste faire attention et ne pas les tordre dans tous les sens, sinon c’est fait pour tenir longtemps sans trop de problèmes.

Le podologue sportif décortique la chaussure de running :

Jean-Marc : Alors, maintenant on va passer aux chaussures de running, qu’est qui compose une chaussure de running, quels sont les principaux éléments qui permettent de fabriquer une chaussure de running ?

Daniel Benjamin : Tu as la chaussure, tu as plusieurs types de semelles en forme de sandwich.

Tu as le montage du reste de chausson sur la semelle, tu as plusieurs éléments comme des gadgets au niveau du milieu du pied, au niveau de l’arrière pied, etc. qui offrent maintien, stabilité, souplesse…

Et tout ce que tu veux, l’élément le plus important c’est ce qu’on appelle la semelle intermédiaire, en gros tu as ta semelle tu as la semelle qui est en contact avec le sol c’est-à-dire la semelle extérieure.

La semelle de l’intérieur c’est la semelle de propreté dont on parlait tout à l’heure, et puis tu as cette semelle intermédiaire c’est la que tous les éléments composant la chaussure d’un point de vue compensatoire, correctif, etc. est en place.

Et toujour de l’EVA…

Tu retrouves de l’ÉVA par exemple dedans, la mousse de l’ÉVA dont je te parlais tout à l’heure, avec des corrections et des duretés bien plus faites que celle qu’on utilise évidement.

Comme je te disais tout à l’heure il faut que ça s’adapte au plus grand nombre, tu retrouves également toutes les technologies, les fameuses technologies des équipementiers, tu vas retrouver l’air encapsulé de Nike, le gel d’ASICS pour l’amorti…

C’est dans cette semelle intermédiaire que sont encapsulées toutes ces technologies, ensuite tu as la manière dont est montée la chaussure, le plus fréquent des montages c’est le chausson sur la semelle ce est-ce qu’on appelle le montage Strobel où en grosso modo la semelle est cousue et collée à la semelle intérieure, ce genre de montage c’est un bon compromis entre maintien et souplesses. Voilà en général le plus important d’une chaussure de sport.

 

© podologue-paris.com : Une chaussure de running à coeur ouvert.

© podologue-paris.com : Une chaussure de running à coeur ouvert.

Le jargon technologique des marques

Jean-Marc : quand on parle de semelles intermédiaires, de technologies des marques, ils emploient des noms bizarres un petit peu à toutes les sauces, comment quelqu’un qui veut acheter une paire de chaussures va se retrouver entre ASICS, Nike… comment savoir les propriétés de la semelle en question ?

Daniel Benjamin  : Là pareil, tu vas me fâcher avec tous les équipementiers maintenant

Jean-Marc : il n’y a plus qu’à fermer la boutique

Daniel Benjamin : Il y a énormément de choses qui sont de simples gadgets je ne peux même ne pas les citer tellement y en a de choses comme ça, je te dirai que c’est qui est important c’est de faire cette analyse de foulée pour connaitre le type de foulée que tu as ça te permettra de choisir.

Tu as trois types de chaussures, les chaussures qui sont pour les coureurs pronateurs, les chaussures qui sont pour les supinateurs, et les chaussures qui sont intermédiaires qu’on appelle les chaussures de contrôle.

Analyser sa foulée est important

Donc déjà analyser ton type de foulée et acheter la chaussure adaptée à ton type de foulée, c’est ce qui est important, ensuite également le type de sport que tu fais, le type de course, sur quels terrains tu cours, ta fréquence, ta distance, ta taille, ton poids, etc.

Bien évidement plus tu es lourd plus tu va avoir tendance à privilégier les semelles intermédiaires épaisses avec de l’amorti pour éviter d’avoir des pathologies qui sont liées à des contraintes d’impact et des contraintes vibratoires dans ton pied et dans ta jambe.

Donc voilà il faut vraiment faire attention à ça. Il y a aussi une autre chose dont on n’a pas parlé c’est le type d’impact de ton pied au sol.

Les différents impacts

Tu as trois types d’impacts, tu as 80 % de coureurs qui atterrissent sur le talon, il n’y a pas de mot en français ou alors je ne le connais pas, mais les Anglais appelle ça le rear-foot strike donc rear ça veut dire arrière et footstrike c’est l’impact du pied au sol.

Ceux qui frappent avec le talent on appelle ça un coureur  » rfs « .
S’il attaque avec la plante de pied donc midfoot strike donc le milieu du pied  » mfs « .

Et ceux sur la pointe de pied eux sont beaucoup plus rares en général, c’est soit des coureurs professionnels, soit des originales ou des sprinteurs, on les appellent les fullfootstrike des coureurs  » ffs « .

Et pareil ça également c’est très important parce que si tu n’atterris jamais sur le talon et que tu es un bon coureur, qui a bien développé sa technique de foulée, etc.

Ca ne sert à rien d’acheter une chaussure avec un grand talon épais qui va ne servir à rien puisque tu ne vas jamais le toucher.

Donc essayer de faire attention à l’impact du pied au sol, mais c’est également beaucoup au ressenti du coureur, chaque coureur à un ressenti bien spécifique, s’il tombe sur un bon revendeur qui analyse un petit peu sa foulée et qui connait bien son matériel ça ne devrait pas poser de problème.

Que choisir avec des semelles orthopédiques ?

Jean-Marc : Alors maintenant on imagine que j’utilise des semelles orthopédiques et je me retrouve dans un magasin de sport je ne m’oriente que vers des modèles de foulée universelle ? C’est-à-dire que je n’achète pas des chaussures qui ont de foulées pronatrices ou supinatrices puisque j’ai des semelles orthopédiques pour corriger…

Daniel Benjamin : Pas forcément, je vais te donner un exemple qui est très simple tu as une pathologie au niveau du genou qui s’appelle le syndrome de l’essuie-glace, c’est une pathologie qui est super fréquente de la course à pied, qui est même LA pathologie de la course à pied.

Ou le cas le plus fréquent, je t’ai décrit le cas le plus fréquent, mais ce n’est pas toujours le cas, le cas le plus fréquent c’est que tu as un pied et un genou qui partent de l’extérieur on appelle ça genou varum.

Le genou varum

C’est une personne qui a les jambes arquées et qui a tendance à avoir un pied creux et à dérouler son pied et sa foulée vers l’extérieur, une vraie foulée supinatrice, donc moi avec ma semelle orthopédique je vais lui faire une semelle à la forme de son pied.

Puis je vais mettre une bande à l’extérieur du pied ce qu’on appelle une bande pronatrice pour rabattre son pied vers l’intérieur, et essayer de ramener son genou et son pied vers l’intérieur pour que sa bande arrête de frotter au niveau du genou et qu’il arrête d’avoir cette pathologie quand il court,.

Mais il peut mettre une chaussure pour coureur supinateur, ce n’est pas un problème parce que de toute façon comme je te disais tout à l’heure la correction dans ces chaussures est tellement minime que ça va tellement peu impacter ma paire de semelles orthopédiques.

 

© pixologic - Fotolia.com : bobo genou ?

© pixologic – Fotolia.com : bobo genou ? Le podologue sportif peut vous aider à analyser et soulager votre problème.

Le podologue sportif Daniel Benjamin nous parle des chaussures minimalistes :

Jean-Marc : En fait gadgets des marques on va dire… lorsqu’on est supinateur ou pronateur, vaut mieux se tourner vers un bon podologue sportif et avoir des semelles orthopédiques. J’ai vu sur ton blog, que tu avais pratiqué la course minimaliste peut-tu nous en parler ?

Daniel Benjamin : J’ai la chance d’être fiancé avec une demoiselle américaine, du coup on est allé à New York voir sa sœur pour son mariage c’était l’été il faisait beau, comme tout bon touriste tu te promènes dans central park et c’est pire que le Bois de Boulogne, tu t’assoies une heure sur un bon tu vas voir mille coureurs passer.

Et il y’en avait pas mal qui avaient cette chaussure minimaliste, moi j’aime tout ce qui est gadget je critique un peu les chaussure de running mais j’aime bien ca comme tout le monde, alors je vais dans la première boutique de sport que je trouve, comme je t’expliquai tout a l’heure j’ai les pieds qui sont assez plats.

L’expérience personnelle du podologue sportif

Et malheureusement, quand je fais du sport j’ai ces aponévrosites plantaires, j’ai mes semelles orthopédiques qui corrigent mon pied plats et quand je fais du sport maintenant j’ai plus mal, du coup forcément tu ne peux pas mettre tes semelles orthopédiques dedans.

Donc je les met et je me dis je vais courir, je fais dix minutes puis obligé de m’arrêter les deux aponévrosite plantaires qui flambent, super mal aux pieds, et puis je me dis que ce n’est pas pour moi, je ne me pose pas trop de questions je les range dans le placard.

Puis a fur et a mesure, je me met a chercher un petit peu à chercher sur internet, je trouve pleins d’articles, je trouve notamment le site web d’un professeur à Harvard qui un prof de biomécanique humaine, qui s’appelle le professeur Libermann, quelqu’un de très réputé et d’extrêmement brillant, qui décrit tout le processus de la foulée en chaussure minimaliste.

Et c’est très convaincant et extrêmement intéressant ce qu’il raconte, du coup tu te dis s’il dis tout ça, moi je devrais y arriver.

Attention à votre technique de course !

Il y a plein de podologues qui le recommande notamment aux usa pour renforcer les muscles de la plantes du pied sauf qu’il faut avoir une technique de course pour le faire, que je n’avais pas, parce que moi comme tout bon sportif de dimanche je mets mes chaussures habituelles, j’atterris sur mes talons, je déroule ma foulée comme je peux puis j’avance comme ça , et donc du coup il y a une technique.

Déjà quand tu cours avec des minimalistes tu ne peux pas atterrir sur tes talons, tu dois atterrir sur la plante des pieds, parce que si tu atterris sur le talent tu n’a pas tout l’aspect amortissant et filtrant une chaussure de sport classique et donc tu te prends tout ton impact sur le talon.

Et la je peux t’assurer que tu fais 3 ou 4 foulée en chaussures minimalistes sur le talon, tu comprends rapidement que tu ne va pas le faire longtemps ça, et donc tu atterris sur la plante des pieds et quand tu n’as pas l’habitude tu ne le fais pas correctement du coup, tu fais des enjambées trop longues, tu as une cadence qui n’est pas assez rapide etc…

Ca travaille différemment

Et tu te retrouves avec des courbatures ultra rapidement et tu fais énormément travailler ce qu’on appelle le système tricipital c’est ce que je t’expliquais tout à l’heure, tes muscles au mollet de ton tendon d’Achille et ton aponévrose plantaire.

Et du coup, ça te fais flamber tes pathologies en un rien de temps, mais après au fur et à mesure je me suis entraîner je me suis habitué et au bout d’un moment j’étais capable de le faire trois quart d’heure une heure sans être trop embêté mais bon je t’avoue qu’après …

La course à pied ce n’est pas vraiment mon sport de prédilection, qu’on faisait de l’endurance dans le sport que je fais tu n’y vas pas avec tes chaussures minimaliste tu vas avec tes baskets, du coup j’ai laissé tomber je n’en fais plus réellement maintenant.

Courir en foulée minimaliste : bien ou mal ?

Jean-Marc : Mais cette foulée minimaliste change un peu la mentalité, est-ce qu’on peut dire que si on s’entraine régulièrement on peut voir la foulée du coureur est-ce qu’elles peuvent enlever des pathologies plus avec des chaussures normales

Daniel Benjamin  : Non, les pathologies seront différents, mais t’en auras quand même ça je te le garantis à 100 %.

Tu n’auras pas moins de pathologies chez les coureurs à pied minimalistes que chez les coureurs à pied qui ont des baskets de sport, ce que tu lis sur les forums sur internet, etc.

La moindre étude sérieuse te le démontre en 10 secondes que c’est totalement faux, j’ai pleins de coureurs à pied minimalistes qui viennent me voir qui ont des aponévrosites plantaires, qui ont des tendinites d’Achille…

Ca vient surement du fait qu’ils ne le font pas correctement, du coup on les oriente, on essaye de les entraîner  avec le tapis qu’on a justement on leur montre comment il faut courir pour ne pas avoir de problèmes, etc.

Test avec 20 coureurs

Mais en général ça ne suffit pas j’ai déjà essayé avec eux, j’ai pris jour un petit échantillon d’une vingtaine de patients qui courraient en minimaliste et qui avaient des pathologies, et je leur ai dit ceci :

On va essayer de bien vous apprendre à courir en minimaliste et on ne va pas mettre de semelles orthopédiques, vous allez bien vous étirer, vous allez bien boire de l’eau bien évidemment, et bien faire attention à votre foulée et puis ça devrais passer vos pathologies, et sur les 20 il n’y a rien qui est passé, on a été obligé de leur mettre des semelles orthopédiques au final.

 

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Pourtant…

Jean-Marc : ça va un petit peu à contre sens des mentalités…

Daniel Benjamin : Oui, mais bon tu lis tout et n’importe quoi sur internet tu le sais bien, tu vois on a des problèmes de conflits d’intérêts, le professeur Libermann.

Ce qu’il raconte comme je t’ai dit c’est une personne brillante et imminente dans le milieu qui est formidable et qui m’a appris énormément de choses à travers tout ce qu’il a publié.

Mais quand tu vois que ses études sont financées par Vibram qui est le premier à avoir vendu des chaussures minimalistes dans le monde, c’est une marque italienne qui a sorti la première chaussure minimaliste, si moi je te paye pour dire que je suis le meilleur podologue de France tu ne vas pas dire le contraire quoi, quand tu vas sur son site et que tu vois qu’il est financé par Vibram, tu es un petit peu embêté quand même.

Mais aussi les autres…

Là je critique Libermann et Vibram, mais tu as Nike et compagnie qui sortent leurs fameuses technologies de chaussures et ils te montrent qu’ils les ont testés, mais pareil, c’est eux qui les ont testés.

Tu te rends compte qu’ils ne veulent pas que tu les testes ou que tu publies dessus, parce que tu essayes de démontrer que ce qu’ils racontent ce n’est pas vrai.

Donc c’est ça le problème, ça va à contre-courant, les gens qui les protègent et qui les défendent le barefoot running, c’est leur fond de commerce également, le problème c’est que des points de vue neutre, tu n’en trouves pas beaucoup.

Un choix qui vous appartient…

Moi je ne suis pas absolument contre, je t’ai dit il y a pleins de gens qui réussissent très bien leur transition, des chaussures normales a des chaussures minimalistes qui courent des marathons sans aucune pathologie, mais bon ces gens-là n’ont pas de gros défauts morpho-statiques, à la base ils ont une foulée qui est plutôt bonne, et eux ils peuvent le faire sans problème moi je te dis que quelqu’un qui a de très gros troubles morpho-statiques ou mauvaise foulée, chaussure minimaliste ou pas ça ne change rien.

Jean-Marc : Est-ce que tu as lu le livre Barefoot et minimalisme : courir naturel, c’est le seul livre en Français d’ailleurs paru sur le minimalisme.

Daniel Benjamin : c’est Daniel Blaise Dubois qui a écrit ce bouquin c’est ça ?

Jean-Marc : Tout à fait avec Fréderic Brossard, d’ailleurs j’avais interviewé Frédéric sur le blog, quand je lis leur livre je vois qu’ils sont assez mesurés dans leurs propos, ils voient qu’il y a quand même des limites dans cette pratique, est-ce qu’on peut dire que le minimalisme est juste un effet de mode, ou après qu’on aura fait des analyses scientifiques…. Ça va passer ou ça peut durer ?

Des livres à découvrir également

Daniel Benjamin : Il y a peut-être un petit effet de mode si on veut, mais il y a notamment le bouquin de McDougall Born To Run, qui a été publié dans Nature, pour être publié dans Nature… en général c’est les prix Nobel qui sont publiés dans Nature, donc ce a à un impact énorme sur la communauté sportive et scientifique.

Je ne sais pas si c’est un effet de mode, mais comme je t’ai dit il y a des gens qui depuis la nuit des temps courent pieds nus et ils continuent a courir pieds nus et ils continuent à courir pieds nus et ils continueront a le faire très bien.

Quand tu regardes l’historique des Jeux olympiques, pas les Jeux olympiques modernes, mais les Jeux olympiques d’antiquité, ils couraient tous les pieds nus et ils n’avaient pas de problème il n’était pas plus mal fichus que nous maintenant donc, effet de mode oui et non, le barefoot ça va solutionner le monde oui bien sûr, mais le fait que les chaussures minimalistes vont continuer à persister et les gens les porteront et que des gens courront très bien avec, etc. il n’y aura aucun problème. Et pour revenir a Daniel Blaise Dubois et Fréderic Brossard, je ne sais pas Fréderic Brossard c’est un professionnel de la santé aussi ?

Jean-Marc : Non c’est un chroniqueur du magazine Runner’s, il a testé les chaussures minimalistes et il a réussi sa transition

Daniel Benjamin : Le livre dont tu parles est très bien, je l’ai lu il est très bon, leurs explications, leurs conseils, sont très bons, mais comme tu dis ils sont mesurés dans leurs propos et ils ont tout à fait raison, effectivement si jamais des gens sont biomécaniquement relativement bien et qu’ils n’ont pas trop de troubles morpho-statiques ou anatomiques importants et qui veulent se mettre au barefoot running  ils achètent leurs chaussures et ils vont très bien, il n’y a aucun doute.

Le podologue sportif Daniel Benjamin réponds aux lecteurs du site

Jean-Marc : bien maintenant nous allons passer aux questions des lecteurs, je ne sais pas si tu es allé sur le blog pour les lire ?

Daniel Benjamin : Je n’ai pas eu trop le temps cette semaine malheureusement.

Jean-Marc : C’est parti on commence par une question de Maxence, qui dit : « bonjour Jean-Marc, merci pour la vidéo, ma question est la suivante pour les coureurs possédant des semelles orthopédiques, peuvent-ils s’entrainer autant qu’un coureur qui n’a jamais eu de problèmes, en résumé lorsqu’on a des semelles orthopédiques a-t-on un handicap par rapport aux autres athlètes »

Daniel Benjamin : OK, alors je vais prendre un peu le problème dans l’autre sens, on va dire qu’en général si tu portes une semelle orthopédique c’est qu’il y a eu un problème au départ, et donc nous on essaye de compenser ce problème au maximum, pour justement que le coureur à pied ne soit plus handicapé par ça, mais je vais revenir sur un petit exemple qui m’est arrivé récemment.

Je reprends mon histoire de syndrome de l’essuie glace, donc un patient qui avait un gros syndrome de l’essuie glace, je lui fais sa paire de semelles, tout va bien, il va s’entrainer à Paris, il court, il court, il n’a plus du tout mal, il s’entraîne, tout va bien et il va courir la SaintéLyon, tu sais ce que c’est ?

Exemple d’un trailer

Jean-Marc : Oui c’est les 65 kms entre Saint-Étienne et Lyon,

Daniel Benjamin : exactement, tu l’as déjà fait ?

Jean-Marc : Non, j’avais envisagé de le faire à une époque, mais j’avais fait les Templiers la même année donc je n’y suis pas allé.

Daniel Benjamin : sacrée course, c’est au mois de décembre il pleut, il neige, ça monte, ça décents et donc il y avait énormément de verglas quand ils y sont allés, on n’avait pas pensé que ça aller être contraignant à ce point-là, je ne l’avais pas revu pendant 6 mois ce patient parce qu’il s’est entrainé, et il est parti faire son SaintéLyon sur du verglas pour 70 km, etc.,

Mais sa pathologie s’est réveillé et il n’a pas pu finir, du coup je te dirai la chose suivante : avec la semelle orthopédique on compense au maximum, mais ça ne sera jamais parfait comparé à un coureur qui n’a aucun problème.

Jean-Marc : Donc on peut dire que si à la base on a une pathologie, si on emmène notre corps à ses limites, même si on a une correction avec les semelles on risque la blessure ?

Daniel Benjamin : oui de toute façon tu le vois les sportifs qui poussent jusqu’à la limite, ils se retrouvent assez régulièrement blessé, du coup, si jamais tu es handicapé par quelque chose, ton genou, ton pied… tu atteins ta limite plus rapidement que quelqu’un qui n’a pas de problème.

Soigner une ampoule

Jean-Marc : Maintenant on va passer à une question de Michel qui dit : « Bonsoir, comment soigner correctement une ampoule déjà formée et qui a éclaté. Merci pour votre aide »

Daniel Benjamin : Tu as deux manières de soigner les ampoules, soit elle n’est pas éclatée dans ce cas la il vaut mieux ne pas le faire soi-même, il faut aller voir un podologue pour qu’il te le fasse, tu as du liquide séreux qui est dans l’ampoule on appelle ça une phlyctène d’ailleurs.

Donc tu l’aspires ce liquide séreux et à la place tu mets de l’éosine un produit asséchant qui va permettre de tanner la peau et favoriser la cicatrisation rapide, donc tu remplaces le liquide séreux par l’éosine et tu n’enlèves pas la peau.

Si c’est déjà éclaté, tu découpes la peau et là c’est Bétadine à fond pour assécher au maximum, et bien aseptiser la zone, et l’effet asséchant et tannant de la Bétadine, te permettra de réduire le problème le plus rapidement possible.

Prévention des ampoules

Jean-Marc : pour prévenir les ampoules, nous avons parlé de la crème NOK, des chaussettes anti frottement, y a-t-il d’autres moyens de prévenir les ampoules ?

Daniel Benjamin : Il y a les techniques de grand-mère un petit peu, un patient m’a raconté qu’avant d’aller en course, il se passait du Saint Doux sur le pied, et que c’était nickel après, mais ce n’est pas évident à mon avis, pas tout le monde le fera.

Chaussettes anti frottement, crème NOK, tu as d’autres agents tannants, j’en connaissais ils se mettaient de la teinture de benjoin, on s’en sert en podologie également.

Je connaissais un coureur à pied, sur les zones où il avait régulièrement des ampoules il se mettait de teinture de benjoin, ça tanne énormément, il en met juste sur la zone où ça frottait et ça l’aidait bien, mais grosso modo je ne connais pas d’autres techniques que ces deux-là.

Jean-Marc : Est-ce que les pansements Compeed pour soigner les ampoules sont utiles à notre cas ou, est-ce qu’il faut quand même passer par un professionnel de la santé ?

Daniel Benjamin : Je dirai que ça dépend de la taille de ton ampoule, j’ai déjà vu ça sur certaines courses de marche athlétique notamment où les mecs arrivent avec des ampoules qui font la moitié du pied.

Là si tu veux, le pansement va être un peu compliqué à mettre en place, si c’est une petite ampoule tu mets ton pansement et puis ça va, mais si c’est une énorme ampoule vaut mieux la traiter quand même

Transition vers une foulée minimaliste

Jean-Marc : Nous avons une question de Laurent qui revient sur le minimaliste : « En tant que podologue que pensez-vous de la foulée minimaliste, à partir de combien de mois de pratique peut-on dire que la transition dans le minimaliste est complète, à raison de trois séances de 45 minutes par semaine »

Daniel Benjamin : On va revenir sur le livre dont on parlait tout à l’heure, il me semble que les premières séances, ils te proposent de courir trois ou quatre minutes c’est ça ?

Jean-Marc : Tout à fait, c’est des séances de cinq minutes tous les deux jours.

Daniel : Oui exactement, donc la transition est très longue, pour la faire parfaitement sans être embêté, elle est évaluée entre six mois et un an selon le coureur et selon la vitesse.

La transition est complète quand tu arrives à retrouver tes performances habituelles que tu avais avant lorsque tu portais tes chaussures de running habituelles et que tu fais ça sans douleur et avec bonheur et plaisir.

Minimalisme et pronation

Jean-Marc : Ensuite nous avons une question de Laurence toujours sur le minimalisme, elle nous dit : « Bonjour je pronatrice, et je me suis mise au minimalisme, est-ce que cela risque d’accentuer ma pronation ou au contraire me donner une foulée plus universelle ? »

Daniel Benjamin : Alors je vais te donner les deux réponses qui existent, mais là pareil tu vas me fâcher avec du monde quand je vais dire ça.

Je vais te donner la réponse du podologue, et la réponse du professionnel qui défend le barefoot running bien évidement le fait qu’il n’y a aucune tenue avec la chaussure minimaliste, qu’il n’y a pas de semelle orthopédique, tu n’as aucun maintien, donc ça va accentuer ta pronation, c’est ce que n’importe quel podologue te répondra.

Des études en Amérique

Maintenant certaines études, qui ont été faites par des podologues américains, deux ou trois qui sont notamment très connus dans le monde du sport ont montré que ça renforcé les fameux muscles intrinsèques de la plante du pied, et donc, avec ce renforcement musculaire lié au barefoot running, tu as tendance à observer une sorte de correction de compensation du pied.

Et que certains coureurs retrouver une arche plantaire plus accentuée grâce à ça, alors, je l’ai vu dans deux ou trois revus très vite fait, ils ne s’étalaient pas trop sur le sujet en général, donc à vérifier si c’est vrai, ce n’est pas démontré, et il faut le démontrer sérieusement pour que ça soit vrai, à l’heure actuelle, la réponse serait non, mais elle la porte est entrouverte on va dire.

Courir avec une déformation à un doigt de pied

Jean-Marc : Ensuite nous avons une question de Roland, qui nous dit « Bonjour, j’ai une déformation importante au gros doigt du pied gauche, suite à une fracture mal soignée, les conséquences sont importantes, les orteils sont pliés et se frottent, voir se chevauchent.
Un ongle est particulièrement touché et tombe souvent je fais du trail et au bout de 50 km ou 70 km cela m’occasionne des problèmes, je gère avec des Compeeds mais ce n’est pas terrible et puis c’est cher, existe-t-il des solutions comme des écarteurs des doigts du pied ou une sorte de pansements très fins ou autre. »

Daniel Benjamin : alors, c’est vrai que quand tu fais des sports comme le trail les désordres de l’avant-pied type arthrose du gros orteil ou ce que les grands-mères appellent les oignons, c’est-à-dire les Hallux Valgus où tu as le gros orteil qui se déforme.

Ou des conséquences traumatiques, comme chez notre lecteur, c’est toujours très compliqué à gérer, est-ce que tu sais que quand tu cours ton objectif est la chose suivante : tu vas atterrir, talon et plante du pied relativement en même temps.

Et tu vas faire de la pronation et de la flexion plantaire le plus rapidement possible pour aller chercher ton appui sur le gros orteil pour te propulser et, le problème qui se pose c’est que quand tu as des désordres de l’avant-pied tu as mal.

Une solution possible ?

En plus la mécanique de ton avant-pied est affectée par toutes ces pathologies.

Et du coup tes orteils se chevauchent comme il l’explique, tu as les ongles qui partent, etc…

Donc ce n’est pas pratique. Il existe des solutions : les podologues sportifs font ce qu’on appelle des orthoplasties, les orthoplasties sont des espèces de bagues de prothèses en silicone, qui sont faites sur l’orteil du patient.

Et si elles sont bien faites, ça aide énormément dans ce genre de problème, donc je conseillerai à ce lecteur de se rapprocher d’un podologue du sport pour fabriquer des orthoplasties qui pourraient protéger ses ongles, ses orteils et essayer de compenser tout cela et d’empêcher ses orteils de se chevaucher.

Opération impossible ?

Jean-Marc : Quand je lis le problème de Roland, il parle de fracture mal soignée, est-ce qu’il y a une opération qui peut soulager son problème ?

Daniel Benjamin : Quand tu te fractures le gros orteil, et que c’est mal soigné, il doit vraisemblablement avoir de l’arthrose dans cette zone, et donc la perte de mobilité, et du coup son orteil s’est déformé.

Et donc il ne court et ne marche pas correctement, toute opération chirurgicale consistera potentiellement à redresser l’orteil, mais par contre entraînant encore plus de raideur et son problème principal c’est la raideur de son gros orteil.

Parce que s’il n’est pas capable de faire de la flexion dorsale du gros orteil, il va avoir beaucoup de mal à courir et à marcher et ça, c’est son problème principal et les interventions chirurgicales sur ça, pas sûr que ça l’aide beaucoup plus que ça.

La fracture d’orteil

Jean-Marc : On parle de fracture mal soignée, alors, comment on soigne une fracture d’orteil ?

Daniel Benjamin : Tu prends tes béquilles et tu n’appuies pas dessus le temps que ça se cicatrise, ou alors, tu peux porter des chaussures à charge de l’avant-pied, et que grosso modo ton pied ne touche pas le sol deux à trois semaines le temps que ça se consolide bien, et tu reprends progressivement la marche et le sport avec tes semelles orthopédiques.

Pied cambré

Jean-Marc : maintenant une question de Philippe, en fait il a deux questions, la première : « J’ai le pied très cambré, aurai-je un intérêt à utiliser des semelles orthopédiques, pour la performance, le confort ou des risques de pathologies ? »

Daniel Benjamin : C’est compliqué à répondre, le fait d’avoir un pied qui est très creux, tu ne peux pas dire que ça va être pathologique ou qu’il court pas correctement.

Oui tu as des risques dans le pied creux, comme le pied est très creux et qu’il a une surface très réduite, il a tendance à être un peu instable, comme il est creux et courbé il a tendance à prolongé son poids sur l’avant-pied ce qui peut causer des pathologies sur l’avant-pied.

Oui on peut dire ça, mais c’est de la théorie, si je ne l’examine pas, ou que je ne vois pas comment il courts, et comment il marche, etc. si ça se trouve il compense très bien son problème de pied creux par des processus d’adaptation mécaniques, etc.

Et il n’a aucun problème, mais sans l’examiner c’est très compliqué à explique, si tu veux c’est une tare d’avoir des pieds très creux, mais ça n’a jamais empêché personne de faire du sport.

Compenser un problème ou en créer un autre ?

Jean-Marc : Quand on dit que le corps compense un problème, est-ce que justement, en compensant un problème, on n’en crée pas un autre ailleurs ?

Daniel Benjamin : Si ça arrive, et toute personne qui te dit le contraire mentira, moi ça m’est arrivé, on va revenir sur cette histoire, des coureurs pronateurs qui viennent me voir pour des problèmes de tendon d’Achille, ou des pathologies du pied.

Je pense à un notamment, qui avait justement l’épine calcanéenne dont je te parlais tout à l’heure, je lui fais ses semelles, tout va bien, puis il revient me voir un mois et demi plus tard, il me dit c’est génial, je n’ai plus mal au pied, par contre, j’ai super mal au genou quand je cours maintenant.

Du coup je le fais courir avec les compensations que je lui avais mises, et justement il avait une foulée trop supinatrice pour ses genoux, comme il avait les pieds plats c’était des semelles on va dire supinatrice pour essayer de compenser le fait que son pied s’affaisser et d’éviter qu’il tire sur son aponévrose plantaire.

Et donc du coup ça faisait basculer son genou de manière trop importante vers l’extérieur.
Et il s’est retrouvé avec le syndrome de l’essuie-glace, du coup tu es obligé de retoucher tes semelles, réduire un petit peu les corrections, mettre des contrepieds pour éviter que ça aille trop loin, bon après ça rentre dans l’ordre.

Mais des fois, en mettant trop de compensation à des endroits tu crées des problèmes ailleurs. Il faut bien rectifier ça ensuite.

Courir sur route avec des chaussures de trail

Jean-Marc : La deuxième question de Philipe « Peut-on courir sur la route avec des chaussures de trail ça donne l’impression de taper un peu plus que les running de route, mais est-ce que ça amortit tout de même autant ? »
Alors moi j’aurais tendance à dire que, on peut courir avec des chaussures de trail sur route. Mais il vaut quand même utiliser la spécificité de la chaussure de running, si on court sur la route, il faut utiliser les chaussures de route. Déjà parce que ça tape moins ,et qu’elles sont adaptées pur une foulée sur route, qu’en pense-tu ? 

Daniel Benjamin : Je suis d’accord avec toi, effectivement ça ne me paraît pas être un problème majeur de courir avec des chaussures de trail sur la route.

Le problème c’est que comme les chaussures de trail sont elles sont trop épaisses et lourdes, c’est surtout fait pour des terrains accidentés, mais je te dirais que non, porter des chaussures de trail sur la route ce n’est pas dramatique, il vaut mieux effectivement, utiliser chaque chaussure pour ses spécificités.

Les semelles des chaussures minimalistes

Jean-Marc : Maintenant j’ai une question de Bialou : « Dans le cas des chaussures minimalistes, doit-on laisser de côté les semelles orthopédiques ? » tu as répondu tout à l’heure.

Daniel Benjamin : Ce n’est pas facile de mettre des semelles orthopédiques dans une chaussure minimaliste

Jean-Marc : Par contre, une question subsidiaire. Il y a la semelle de propreté dans une chaussure minimaliste. Est-ce que je peux la changer et mettre une autre semelle de propreté ?

Daniel : Oui si tu trouves une avec la forme adaptée, j’imagine que oui.

Je me suis amusé moi quand même avec la chaussure minimaliste à essayer de caser des éléments orthopédiques dedans, j’ai réussi.

Mais ça représente un tel boulot que c’est un peu ridicule de le faire et que ça gâche un petit peu, ça ruine un petit peu le point de porter des chaussures minimalistes et je me suis amusé avec des éléments de semelles orthopédiques collées directement dans la chaussure, oui tu mets ce que tu veux du moment que ça a une forme adaptée, etc.

Mais après comme je te disais une chaussure minimaliste porte très bien son nom donc, éviter de trop mettre de choses dedans.

Drop et progression en course à pied

Jean-Marc : il y a une deuxième question qui me plait bien : « Par quel drop doit-on passer pour respecter une certaine progression et à partir de quel drop peut-on se séparer de semelle si on veut passer au minimalisme ? »

Daniel Benjamin : Déjà dans le minimalisme, dans celles que j’ai eues il n’y a pas de drop, évidemment c’est compliqué.

Je te dirai que c’est surtout une question d’habitude, d’entrainement, et d’étirement.
Ton drop tu vas essayer de le compenser en t’étirant au maximum au niveau du mollet et du tendon d’Achille pour éviter que ça tiraille trop, il y a des chaussures minimalistes avec un drop maintenant ?

 

Voilà un adepte du courir pieds nus...

Voilà un adepte du courir pieds nus…qu’en pense un podologue sportif ?

Quel drop minimum ou maximum ?

Jean-Marc : En fait non, il y a des chaussures avec des drops parce que quand on discute par exemple avec Frédéric Brossard, lui considère qu’une chaussure qui a 6 mm de drop est plus minimaliste, il y a des marques évoluées, les chaussures classiques c’est 12 mm grosso modo pour le drop et maintenant les chaussures minimalistes, s’adapte et descendent à 9 mm, 6 mm, 3 mm… certaines marques…

Daniel Benjamin : Oui après ça dépend du budget que tu vas mettre là-dedans aussi parce que si tu achètes des chaussures minimalistes avec un drop différent pour accentuer ta pronation pourquoi pas.

Après le drop de la chaussure moi je dois t’avouer que c’est un sujet sur lequel on a passé beaucoup de temps.

Alors que ce n’est pas ce qu’il y a de très révélateur dans une foulée, ni dans une chaussure de sport, je sais que c’est toujours quelque chose qui revient régulièrement sur les blogs de running dont tout le monde parle, etc.

Mais si tu veux encore une fois quand quelqu’un court le fait que son talon et sa plante atterrissent en même temps…

Alors je ne te dis pas qu’entre 3 mm, et 12 mm bien évidemment il n’y a pas un gros écart, effectivement que ça change d’angle d’attaque de la foulée, etc.…

Donc ça a son importance, mais entre 3 et 6 franchement c’est ki kif quoi.

Jean-Marc : Donc on va dire un nouvel argument des marques ?

Daniel Benjamin : Oui c’est un peu ça, mais je ne voulais pas le dire

Comment bien préparer ses pieds

Jean-Marc : Moi je l’ai dit, ensuite une question de Régis « Bonsoir je suis souvent sujet aux ampoules, dans trois mois, on part au Maroc pour une randonnée pédestre de 15 jours, alors comment bien préparer ses pieds pour faire face à ses ampoules ? »

Daniel : Alors il va commencer son tannage au niveau du pied un mois avant de partir, il va mettre notamment tous les soirs avant d’aller se coucher pour bien tanner son pied.

Encore une fois la fameuse crème NOK, il faudrait que, comme je disais tout à l’heure, il essaye de repérer les zones particulièrement à risque de son pied où il y a souvent des ampoules.

Et insister sur le tannage de ces zones, bien acheter ces crèmes anti frottement, et essayer de trouver des chaussures notamment, qui ont la bonne largeur et qui se dimensionnent bien à son pied pour éviter au maximum les risques de frottement.

Jean-Marc : Et lorsqu’il va se retrouver au Maroc, il va continuer à utiliser la crème NOK ça suffira ?

Daniel Benjamin : Oui il peut en mettre avant d’aller marcher ou courir ça il n’y a pas de souci, mais le tannage doit commencer un bon mois avant, pour être au maximum de son efficacité.

Port de semelle et âge

Jean-Marc : Ensuite nous avons une question de La Ferrari drôle de pseudo, alors : « Je m’entraîne cinq fois par semaine j’ai 44 ans et je cours depuis plus de 20 ans y a-t-il un âge à partir duquel on doit envisager le port de semelles ? » il est pronateur léger.

Daniel Benjamin : non il n’y a pas d’âge pour porter des semelles, ça m’arrive d’avoir des sportifs qui courent depuis 35 ans, qui viennent me voir et qui me disent qu’est-ce qui se passe j’ai super mal du jour au lendemain, on le compense maintenant.

Puis j’en ai qui ont 15 ans et qui dès qu’ils se mettent au sport ont des problèmes. Bien évidemment tu as le vieillissement naturel de tes structures musculaires et articulaires, qui fait que dans le temps malheureusement on ne va pas en rajeunissant.

Et du coup tu t’exposes aux blessures évidemment plus tu vieillis, mais à titre préventif oui pourquoi pas, ça peut être intéressant.

Si lui commence à ressentir qu’il y a quelques petits soucis que c’est moins fluide que c’est moins perspicace qu’avant, encore une fois c’est au ressenti du patient.

Ca revient à ce qu’on disait tout à l’heure, si lui sent que ça ne va pas, ou que potentiellement il y a un risque, il doit aller consulter et là il pourra discuter avec son professionnel pour voir si on met un processus de prévention en place ou non ?

Efficacité de la foulée par le port de semelles ?

Jean-Marc : Maintenant on va passer à une question de Will, attention tu risques de te fâcher avec du monde encore « Je cous depuis plus de quatre ans avec actuellement une moyenne de 1500 à 2000kms par an.
Je suis foulée universelle et m’adapte sans trop de soucis à toutes sortes de chaussures. Je connais un podologue de sort qui fait de superbes semelles à la fois pour le coureur devant avoir des corrections.
Mais aussi pour les coureurs sans soucis afin d’améliorer leur rendement de foulée. Je suis à moitié convaincu, mais tenté et attiré par cette amélioration d’efficacité de foulée sans chercher à dire du mal du confrère, quelle est ta vision sur cette semelle de performance ? »

Daniel Benjamin : Je peux prendre un joker sur cette question ? C’est intéressant j’aime bien la manière dont c’est présenté parce qu’on parle de rendement, on ne parle pas de performance, c’est très important de faire la nuance, et des semelles améliorant le rendement oui.

Si tu veux je vais te donner l’explication suivante, comme je t’ai expliquais tout à l’heure quand tu cours ton objectif c’est d’atterrir, d’amortir, d’écraser ta voûte plantaire pour utiliser l’effet ressort de ton aponévrose et tout ton système tricipital et venir te propulser sur ton gros orteil.

Alors meilleur rendement ?

Bien évidemment on peut mettre des éléments, mouler une semelle à ton pied pour que ton pied ait le déroulé le plus efficace et le plus rapide possible de par l’aspect orthopédique.

Effectivement là on parle d’un meilleur rendement, ça ne va pas améliorer ta performance, ça ne va pas te transformer en un ultra marathonien du jour au lendemain.

Si tu ne cours que ¾ d’heures par semaine, mais effectivement en terme de rendement ça peut être efficace, ça peut aider les patients et les coureurs, etc.

Après ça ne va pas n’en plus révolutionner sa vie, en terme de rendement et si jamais le podologue présente ça sous forme de rendement, oui en théorie oui, et en pratique ce n’est pas impossible non plus.

Meilleur rendement = meilleur chrono ?

Jean-Marc : Mais quand on parle de rendement comme en parlé Will, si on parle de rendement de la foulée si on améliore le rendement de sa foulée, on améliore son temps sur 5 km ou 10 km, ça, ce n’est pas mécanique ?

 

© Warren Goldswain - Fotolia.com

© Warren Goldswain – Fotolia.com : le podologue sportif adore les chaussures de running 🙂

Daniel Benjamin : Si tu veux, il y a d’autres paramètres que simplement la foulée du sujet à prendre en compte, en théorie oui, mais après l’amélioration du rendement, c’est une amélioration qui sera minime, j’imaginerai une fourchette de 2 à 8 %.

Ce n’est pas non plus fou, mais ce n’est pas le seul paramètre à prendre en compte, mais en parlant simplement de mécanique pure, oui on peut imaginer que sur des mêmes distances si on faisait des mesures.
Et qu’on utilisait des semelles orthopédiques pour le rendement d’une foulée on peut imaginer qu’il y aurait peut être des performances meilleures.
Mais pour mesurer ça il faudrait que tout soit fait et refait dans les mêmes conditions, etc.

Et chez les sportifs ce n’est pas évident de recréer toutes ces conditions c’est très difficilement vérifiable comme théorie.

Et du côté de la blessure ?

Jean-Marc : S’il met des semelles de rendement de foulée est-ce qu’il risque la blessure ?

Daniel Benjamin : Non il y a très peu de chance parce que ça sera des semelles neutres avec quelques appuis importants.

Mais ça ne sera pas des semelles qui apporteront une correction ou une compensation du geste suffisamment important, autant pour modifier sa foulée ou entraîner des problèmes.

Jean-Marc : Alors maintenant on passe à l’avant-dernière question celle de Donatien, qui nous dis : « Je cous depuis 10 ans régulièrement avec une moyenne de 3 fois par semaines et possède des semelles orthopédiques également depuis 10 ans pour compenser une pathologie du type genou valgus, qui ont résolu ces douleurs au genou.

Mais à chaque renouvellement de paires, le podologue après consultation trouve toujours des modifications à apporter. En plus des genoux valgus je me retrouve aujourd’hui avec des semelles fortement compensées qui sont désagréables en position statique ,mais pas d’incidences en course, ma question : cette pratique vous semble-t-elle correcte ? »

Daniel Benjamin : Oui bien sûr on évolue tous, notre marche, notre foulée, notre statique. Bien évidemment si le professionnel juge que les nouvelles semelles qu’il va faire, bénéficieraient d’une nouvelle correction ou d’une modification ou d’une correction précédente.

Renouvellement et mise à jour

Il a tout à fait raison, mais ça m’arrive très rarement de renouveler la même paire de semelles pour un patient, et c’est le cas pour quasiment tous les podologues.

Sinon ça aurait peu d’intérêt de revoir les patients, dans ce cas-là le patient il prend son téléphone, il dit je veux une nouvelle paire, et en lui envoie ça à la maison et puis c’est réglé.

Mais le professionnel refait son examen, revoit tout il y a des modifications, il y a des choses qui changent.

Le patient évolue, les semelles orthopédiques font évoluer le patient. Bien évidemment c’est parfaitement normal et la pratique est tout à fait correcte.

 

Voilà des chaussures minimalistes. Grace à sa forme particulière, ce modèle a vraiment contribué à démocratiser le mouvement...

Voilà des chaussures minimalistes. Grace à sa forme particulière, ce modèle a vraiment contribué à démocratiser le mouvement…

Semelle de marche ou semelle de course ?

Jean-Marc : une petite question qui me vient à l’esprit quand on est coureur est-ce qu’il faut avoir deux sortes de semelles, une semelle pour courir et une autre pour la marche si on a une pathologie ?

Daniel Benjamin : ça dépend du sportif que tu es, si tu cours une fois tous les 36 du mois, tu utilises la même paire de semelles.

Si par contre tu es un coureur à pied sérieux qui s’entraîne énormément, qui fait du trail, et des marathons, oui.

Tu peux bénéficier d’une paire de semelles pour le sport et une paire de semelles pour la ville.

Mais encore une fois ça dépend de ton problème si tu as une pathologie strictement dans le sport.

Encore une fois je reviens sur le syndrome de l’essuie-glace, c’est une pathologie du sport, du coup tu lui fais une paire de semelles pour le sport.
Mais si ça n’a pas d’incidence sur sa vie tu ne vas pas faire une paire de semelles pour la vie de tous les jours.

Semelle adaptée à sa pratique sportive

Jean-Marc : Quand tu parlais de semelle pour courir, si l’individu fait du tennis, il faut des semelles adaptées à son sport ?

Daniel : Oui bien sûr le geste technique dans le sport est extrêmement important.

Et tu verras, qu’il y a pleins de pathologies qui sont liées à des gestes techniques répétés dans le sport. Il y a un terme que j’adore un terme un peu pompeux on parle de techno-pâtie du sport.

Et bien évidemment, c’est extrêmement important de s’adapter au sport du patient, c’est sûr.

Podologue sportif ou podologue  » classique  » ?

Jean-Marc : Je reviens sur Donatien qui a une deuxième question que je voulais te poser avant, mais comme j’ai vu la liste des questions, je me suis dit j’allais attendre un petit peu, Y a-t-il une différence entre un podologue de sport et un podologue classique ?

Daniel Benjamin : Pour être un podologue du sport, tu dois avoir un diplôme universitaire.

Tu dois passer dans une université autour des pathologies du sport, autour de l’environnement du sport.

Oui il y a une différence. Pour être podologue de sport, tu dois passer le diplôme universitaire de la podologie du sport.

Jean-Marc : lorsqu’on est coureur et qu’on pratique une activité physique, pour des semelles orthopédiques il faut s’orienter vers un podologue du sport plutôt ?

Daniel Benjamin : Oui vaudrait mieux

Course à pied et callosités

Jean-Marc : Alors maintenant la dernière question celle de Jérôme : « Salut Jean Marc, depuis que je cours j’ai remarqué que mes pieds ont tendance à s’abimer c’est-à-dire qu’il y a des callosités qui apparaissent sous le pied, que faire ?

Daniel : des callosités ?

Jean-Marc : Oui

Daniel Benjamin : ça dépend de l’endroit où elles apparaissent.

Si par exemple ils apparaissent sous ton avant-pied, tu vois l’avant-pied c’est constitué de ce qu’on appelle des têtes métatarsiennes, si par exemple tu as beaucoup de couches cornées qui apparaissent à cet endroit.

Alors, vraisemblablement c’est que tu as des problèmes d’appui. Tu mets trop de pression à des endroits où tu n’es pas censé avoir autant de pression. Donc du coup il faut porter des semelles orthopédiques, pour compenser ce problème.

Si par contre c’est ailleurs, s’il y a des frottements ou qu’il a le pied sec, il faut tout simplement mettre de la crème hydratante.
Et faire des soins de pédicuries assez régulières, pour enlever les couches cornées. Et éviter qu’elles soient trop importantes et trop douloureuses.

La clinique du podologue sportif

Jean-Marc : L’interview s’achève, j’aimerais que tu nous parles un peu de ta clinique, où est-ce que tu travailles exactement, tu ne nous l’as pas encore dit ?

Daniel Benjamin : Alors je travaille dans deux centres à Paris, un centre qui s’appelle le centre Luxembourg, c’est beaucoup plus un centre de diagnostic, qui est orienté autour des troubles de marche et d’équilibre des patients.

Où là on a des tapis d’analyse de marche, mais pas de tapis d’analyse de course parce qu’on voit beaucoup de diagnostics médicaux avec multidisciplinaires.

Par exemple je travaille énormément sur les troubles d’équilibre de la personne âgée avec un ORL un médecin interniste et un gériatre.

Et puis il y a le centre Voltaire, qui lui est un centre de rééducation et de sport, on a nos kinés qui ont un énorme plateau technique et une balnéothérapie et c’est là que nous avons notre tapis d’analyse de mouvement où on fait nos analyses de course dans le centre voltaire dans le 11eme arrondissement de Paris.

Jean-Marc : Donc c’est là-bas qu’on te retrouve, si l’un des auditeurs veut te voir et faire les tests c’est là-bas qu’il doit te retrouver ?

Daniel Benjamin : C’est là-bas qu’il peut me retrouver effectivement, s’il est sportif ou qu’il vient me voir au centre Voltaire exactement.

Jean-Marc : On peut aussi te retrouver sur ton blog de podologue sportif, qui est : www.podologue-paris.com

Daniel Benjamin : Exactement

Le mot de la fin (oufffff)

Jean-Marc : parfait, je te remercie Daniel pour cette interview, le mot de la fin pour toi ?

Daniel Benjamin : Continuer à courir et n’hésitez pas à consulter votre podologue sportif si vous ressentez quoi que ça soit comme problème.

Jean-Marc : Je te remercie Daniel pour cette superbe interview. À bientôt

Daniel Benjamin : Au revoir.

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About the Author Jean Marc

Coureur et trailer avec une expérience de plus 25 ans d'expérience. Entraineur FFA 1er niveau et Triathlon BF5. TC du BEES. Formation de base nutrition certifiée CPD. Nous souhaitons vous aider à progresser en course à pied, à franchir un cap et à ressentir les bienfaits de cette pratique sportive.

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